À chacun son rôle et sa responsabilité

La lutte contre la violence est un vaste programme, un immense chantier, mais chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. Il y a la punition, mais pour ce qui nous concerne, il y a avant tout l’éducation. C’est une mission ambitieuse, à laquelle le pire serait de renoncer ou même de l’escamoter.

Dans les organismes qui gèrent un sport, que ce soit une fédération ou une association de base, à tous les niveaux chacun possède sa part de responsabilité dans cette lutte.

Elle commence par le respect des règles élémentaires. Justement le respect des professeurs par les élèves, des élèves par le professeur, mais aussi des lieux et des us et coutumes attachés au dojo.

Le professeur est en première ligne, c’est lui qui dispense l’enseignement. Un enseignement qui ne se limite pas à la diffusion de techniques, mais aussi à l’éducation dans sa globalité. Il a la responsabilité d’un tatami sur lequel tout comportement violent doit être banni. Progresser dans la réalisation du geste parfait, mais aussi dans la maîtrise et le contrôle des actions et des réactions. N’est-il pas ÉDUCATEUR sportif, comme indiqué sur sa carte professionnelle ?

Dans les disciplines où sont pratiquées les compétitions, l’entraîneur – qui a un rôle différents de celui du professeur, (dans beaucoup de club c’est la même personne, avec une « casquette » différente) – s’attache à faire respecter le fair-play qui doit animer les combattants, il doit être intransigeant en transmettant le goût de la victoire dans le respect des règles et de l’adversaire. Il doit aussi apprendre à gérer la défaite, en la dédramatisant et en respectant les décisions de l’arbitre. Apprendre à gagner avec humilité et à perdre sans dramatiser.

Quant à l’élève, il accepte les remarques du professeur, respecte les règles du dojo, si un problème se pose il demande un entretien avec le professeur pour lui faire part d’un possible ressentiment.

Enfin le dirigeant est un peu le chef d’orchestre qui doit s’assurer qu’à tous les échelons les valeurs qui symbolisent les arts martiaux (avec compétitions ou pas) sont respectées.

Il existe bien sûr des différences entre un modeste dojo où est pratiqué un art martial sans compétition et une grosse «écurie», mais chacun doit endosser et assumer son rôle et lutter contre ce fléau.

Alors, au cœur de l’été, ce court rappel n’est peut-être pas inutile de façon à bien préparer la rentrée et être ainsi utile à la société toute entière.

Bel été à tous.

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Vaincre sans combattre…

Pour bien  commencer l’été, je propose la rediffusion d’une histoire savoureuse qui illustre à merveille l’article de la semaine passée.

Toujours extraite du recueil  “Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon”. On ne s’en lasse pas. Bonne lecture.

L’art de vaincre sans combattreL’intelligence au service de la victoire. Un concept qui n’a pas d’âge, et pourtant…

« Le célèbre Maître Tsukahara Bokuden traversait le lac Biwa sur un radeau avec d’autres voyageurs. Parmi eux, il y avait un samouraï extrêmement prétentieux qui n’arrêtait pas de vanter ses exploits et sa maîtrise du sabre. A l’écouter, il était le champion toutes catégories du Japon. C’est ce que semblaient croire tous les autres voyageurs qui l’écoutaient avec une admiration mêlée de crainte. Tous ? Pas vraiment, car Bokuden restait à l’écart et ne paraissait pas le moins du monde gober toutes ces sornettes. Le samouraï s’en aperçut et, vexé, il s’approcha de Bokuden pour lui dire : «Toi aussi tu portes une paire de sabres. Si tu es samouraï, pourquoi ne dis-tu pas un mot » ? Budoken répondit calmement : -«  Je ne suis pas concerné par tes propos. Mon art est différent du tien. Il consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu. » Le samouraï se gratta le crâne et demanda : – « Mais alors, quelle est ton école ? » – « C’est l’école du combat sans armes. » – « Mais dans ce cas, pourquoi portes-tu des sabres ? – « Cela me demande de rester maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C’est un sacré défi. » Exaspéré, le samouraï continua : -«  Et tu penses vraiment pouvoir combattre avec moi sans sabre ? » – « Pourquoi pas ? Il est même possible que je gagne ! » Hors de lui, le samouraï cria au passeur de ramer vers le rivage le plus proche, mais Bukuden suggéra qu’il serait préférable d’aller sur une île, loin de toute habitation, pour ne pas provoquer d’attroupement et être plus tranquille. Le samouraï accepta. Quand le radeau atteignit une île inhabitée, le samouraï sauta à terre, dégaina son sabre, prêt au combat. Budoken enleva soigneusement ses deux sabres, les tendit au passeur et s’élança pour sauter à terre, quand, soudain, il saisit la perche du batelier, puis dégagea rapidement le radeau pour le pousser dans le courant. Budoken se retourna alors vers le samouraï qui gesticulait sur l’île déserte et il lui cria – « Tu vois, c’est cela, vaincre sans arme ! »

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Le sens du combat

Après la « forme de corps » la semaine dernière, voilà une autre qualité prisée par les pratiquants d’arts martiaux et des disciplines de combat.

Une qualité qui doit figurer dans l’arsenal du pratiquant.

Le « sens du combat », c’est aussi une belle expression.

Ce sens du combat on le retrouve aussi bien dans le travail à distance que dans celui du corps à corps. Le timing, le bon moment pour prendre l’initiative ou pour mettre en place la bonne défense et le bon contre.

En judo, imposer rapidement son kumi-kata au bon moment, ou empêcher l’adversaire d’assurer le sien en une fraction de seconde, c’est un peu la même chose que d’atteindre sa cible en un éclair ou de parer un coup dans les disciplines qui les utilisent ! Il faut être capable d’exécuter le bon geste au bon moment.

Comme pour la « bonne forme de corps », il existe des dispositions naturelles, mais il y aussi et surtout l’entraînement (contre lequel on ne peut rien). Les randoris, les kumités, les assauts, en fonction de la discipline pratiquée, permettent d’obtenir les automatismes, face à toutes les situations d’attaques et de défenses. Porter une attaque au moment opportun, effectuer la bonne esquive, et si possible réaliser le contre parfait dans l’attaque de l’adversaire, ce qu’on nomme en japonais le sen-o-sen.

Bien maîtriser une technique, quelle qu’elle soit, c’est bien, la placer au bon moment, c’est mieux.

C’était encore plus utile au temps des samouraïs lors des combats qu’ils se livraient, c’était une question de survie.

Ce sens du combat, une autre personne doit en être pourvue, c’est l’entraîneur dans les disciplines où existent des compétitions. Il apporte un indispensable regard extérieur.

Ce sens du combat on peut aussi le transposer dans le quotidien, dans nos relations sociales, familiales, amicales. Savoir, avec des mots qui font mouche,  arrêter immédiatement un conflit ! Avoir le sens de la répartie, répondre intelligemment à une injure, « désarmer » un agresseur verbal avec le bon mot et la bonne formule.

Il n’y a pas que dans le combat physique que la rapidité de réaction est utile et déterminante ! Rapidité de réaction du corps, mais aussi de l’esprit : voilà un ensemble qu’il est bon de cultiver !

La photo d’illustration propose un moment de la finale des Championnats d’Europe Toutes Catégories en 1955 à Paris. Finale qui opposait mon père Bernard Pariset et le néerlandais Anton Geesink. Voilà deux judokas qui le possédaient, ce sens du combat !

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La « forme de corps »

Voilà une expression connue des pratiquants d’arts martiaux, lorsqu’il s’agit de projections et de travail au sol, bien qu’on puisse aussi trouver cette qualité dans les techniques de percussions. C’est la capacité à bien adapter son corps à toutes les situations d’initiative et de défense.

On dit parfois d’un pratiquant qu’il a une bonne « forme de corps ». De quoi s’agit-il exactement ?  Est-ce un don du ciel, ou bien le fruit du travail ?

C’est déjà une belle appréciation. Cette bonne forme de corps permet, au moment de l’exécution d’une technique, de ne faire qu’un avec la technique en question, de l’épouser pleinement. C’est la parfaite adaptation du corps à la technique.

Pour posséder cette qualité, on peut être doté de quelques prédispositions, mais ce sont surtout les inlassables répétitions qui permettent d’obtenir un tel résultat. On doit « sculpter » son corps, un peu comme l’artiste travaille « la masse » pour produire une belle sculpture. (Toujours la valeur travail !)

D’ailleurs, à propos d’artistes, ceux qui pratiquent les arts martiaux n’en sont-ils pas ? Ne sommes nous pas admiratifs devant la beauté d’un geste qui associe efficacité et esthétisme ?

Cette forme de corps rassemble plusieurs qualités : principalement la précision, la souplesse, la tonicité et la vitesse. Je ne parle pas de force physique, mais d’une utilisation optimale de l’énergie dont chacun est pourvu, tout en utilisant celle de l’adversaire. On est dans le principe du « maximum d’efficacité avec le minimum d’effort (physique) ».

Pour revenir aux prédispositions, il y a des morphologies plus adaptées à telle ou telle pratique martiale, il y a des personnes plus talentueuses, mais quelques soient ces prédispositions, il faudra les révéler, les renforcer et les conserver. Les révéler grâce au professeur, les renforcer et les conserver avec l’entraînement.

Cette forme de corps utilise nos armes naturelles dans un ensemble où sont réunis plusieurs éléments qui s’enchaînent, ou s’associent et s’imbriquent avec naturel, mais aussi avec un bon déplacement qui offre le bon placement : le bon geste au bon moment. Une bonne forme de corps, qui n’est pas utilisée au bon moment ne sera pas très utile.

Quoiqu’il en soit, c’est toujours et encore la volonté et le travail qui permettent de trouver et de renforcer cette qualité. Il faudra trouver le bon professeur qui offrira un bon apprentissage et les bonnes méthodes d’entraînement pour affûter et ciseler un ensemble qui conduira à une finesse technique.

Pour acquérir cette « forme de corps », il faut d’abord le vouloir (le pouvoir presque tout le monde le peut, le vouloir c’est autre chose). On se doit d’être sans cesse à la recherche de l’amélioration , non pas de la perfection qui n’existe pas, mais tout simplement de l’élévation : aller plus haut !

Les figurines qui illustrent cet article son l’œuvre de mon père, Bernard Pariset. Il n’a pas été qu’un « monument » du judo français et international, la preuve !

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Pas assez violent : un beau compliment !

Suite à un échange qui m’a été récemment rapporté, j’ai jugé utile de proposer à nouveau un article récemment publié.

L’échange en question est le suivant : une personne qui pratique une discipline de combat depuis pas mal de temps se confie à un ami et lui fait part de son envie de changer de discipline pour se tourner vers un art martial plus « traditionnel ». L’ami en question lui suggère le ju-jitsu avec votre serviteur. A cela lui a été répondu : «  Ah non, ce n’est pas assez violent ». Sans ironie, je prends cela pour un super compliment (c’est aussi un peu contradictoire de parler d’art martial traditionnel et d’y accoler la violence).

Cependant, cela me navre et m’inquiète. C’est pour cela que je propose cet article déjà publié en janvier dernier, en y ajoutant deux commentaires et quelques aménagements.

Premièrement, est indiqué sur la carte professionnelle (pour ceux qui l’ont)« éducateur sportif » et non pas « destructeur sportif ».

Deuxièmement, on peut ne pas apprécier une discipline pour diverses  raisons ; cela se respecte. Mais quand on évoque un motif comme celui dont il est question plus haut, cela en dit long sur l’évolution de notre société face à cette violence qui ne cesse de croître et d’empoisonner notre quotidien. On ne vient pas dans un dojo pour pratiquer de la violence, mais pour trouver « la voie », celle de la sagesse.

Voici donc l’article déjà mis en ligne en janvier dernier.

« Dans notre domaine le rôle du professeur  est essentiel, il doit être exemplaire. Entre autres missions, il a celle de combattre la violence et non pas de la nourrir. Il doit proposer un enseignement efficace et riche en valeurs éducatives et non pas destructives.

Des valeurs qui améliorent le physique et qui ne le détériorent pas, qui sont aussi des moyens d’élévation du mental.

Sur l’aspect défense, on peut contrôler un individu en se contrôlant, le maîtriser en se maîtrisant. Les situations ne manquent pas dans lesquelles il faut juste maîtriser une personne, sans aller plus loin. Et cela pour différentes raisons. C’est là que l’enseignement reçu au dojo est important sur le plan de la pluralité technique et sur celui de l’état d’esprit.

Sur le plan technique, en self défense, être capable de faire face à des situations extrêmes, mais aussi à de banales « embrouilles » causées par une personne qui ne réfléchit pas trop à ce qu’elle fait. Donc, on se doit de maîtriser aussi les techniques de contrôle : les clefs et les immobilisations.

Sur le plan de l’état d’esprit, c’est aussi la responsabilité du professeur. C’est à lui de dispenser un enseignement qui favorise, en complément de l’apprentissage et du perfectionnement technique, la sagesse comportementale. Une pratique dans laquelle la brutalité n’a pas sa place, ce qui n’empêche pas un engagement physique important, mais avec certaines règles qui protègent l’intégrité physique, même si dans la réalité ces règles n’existent pas.

Il ne serait pas sain de s’entraîner avec une violence identique à celle qui règne lors d’une agression. Les cours servent à progresser techniquement et renforcer le corps, à l’améliorer et non pas à le détériorer. Une pratique violente n’apportera que des blessures qui forcément entraîneront un manque de régularité, donc de progrès, et surtout elle rebute beaucoup de personnes. On vient – normalement – pour apprendre à ne pas se faire mal, si c’est l’inverse qui est proposé, ce n’est plus de l’enseignement, mais du découragement.

Quant au mental, il en est de même : travailler dans une ambiance stressante dans laquelle suinte la violence ne dure qu’un temps. Au dojo, on est là aussi pour se détendre, pour apaiser l’esprit. On est à la recherche de l’élévation physique et mentale et pour partager de bons moments d’échanges entre amis et partenaires.

La pratique, c’est aussi la recherche de la finesse technique, elle n’apporte  que des bienfaits et des satisfactions. D’abord de l’efficacité : « minimum d’efforts et maximum d’efficacité », selon une des maximes de Jigoro Kano. Ensuite,  c’est aussi le plaisir de constater ses progrès : une quête sans fin.

Certes, cela demande beaucoup de travail, de rigueur et de patience. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut le pouvoir mais surtout le vouloir. C’est ne pas céder à la facilité. Il faut les compétences d’un enseignant, de la volonté et de la rigueur de la part du pratiquant. Non pas pour faire mieux qu’un autre, mais faire mieux que soi-même.

À tous et à toutes, longue pratique constructive et non pas destructive. N’oublions pas les fortes valeurs liées aux arts martiaux traditionnels. Même si elles ne sont plus tout à fait dans l’air du temps, elles le redeviendront.

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Les katas

Cette semaine on revient sur les katas.

Il n’est pas inutile d’insister sur tout ce que représentent les katas. Souvent, ils ne sont abordés que lorsque se profile à l’horizon un passage de grade. Ils sont bien davantage que ça.

On traduit kata par le mot « forme ». Pour plus de clarté on peut ajouter « imposée ».

Ils sont des moyens d’apprentissage, des méthodes d’entraînement, ils permettent la codification, la transmission et même la sauvegarde des techniques et des principes de bases. Ils sont les garants de nos traditions.

Malheureusement, considérés parfois comme des  « passages obligés » pour accéder au grade supérieur, ils ne sont abordés que dans cette optique ! Qu’ils intègrent un ensemble de contenus techniques d’évaluation, cela semble juste, mais leur utilité est plus importante que cela, heureusement.

Les katas permettent de rassembler les techniques par famille et/ou par thème et de leur faire traverser les âges, ce sont aussi de formidables méthodes d’entraînement.  En effet, ils représentent souvent un combat (le goshin-jitsu-no-kata notamment), certes un combat codifié pour des raisons évidentes de sécurité, mais il s’agit bien du reflet d’un affrontement ;  en conséquence, les attaques d’Uke doivent être sincères et fortes de façon à ce que les ripostes de Tori le soient tout autant, mais aussi qu’elles soient  réalistes et donc efficaces.

Pour les judokas, certains katas sont aussi l’occasion d’étudier des techniques « oubliées »,  interdites en compétition.

Le kata est également un exercice de style, certaines attitudes doivent être respectées. C’est le « plus » des arts martiaux. Un « plus » qui devient de plus en plus indispensable à conserver pour se démarquer des pratiques vides de valeurs éducatives.

Ils sont aussi, tout simplement, une addition de techniques intéressantes à pratiquer une par une. Il n’est pas nécessaire d’attendre un prochain examen pour commencer à les étudier.

Lors de l’exécution d’un kata, à l’occasion d’un examen, l’évaluation doit se faire, avant tout, sur l’efficacité des ripostes de Tori, qui répondent aux attaques d’Uke dont la sincérité doit être incontestable.

Ensuite, puisqu’il s’agit de formes imposées, il faut bien évidemment respecter l’ordre des techniques, les déplacements et les emplacements. Enfin il faudra être attentif à l’attitude générale dans laquelle doivent être exclus désinvolture et relâchement corporel.

Cependant, un problème et un mystère demeurent et entourent les katas : il s’agit de ces incessantes modifications dont ils sont les victimes de la part des organismes « officiels ». Cela a pour effet de décourager les élèves, de désorienter les professeurs et le jury, allant jusqu’à discréditer ces exercices.

Pour faire apprécier le kata, il suffit simplement de le présenter comme une partie intégrante de la pratique  et non pas comme un passage imposé pour l’accession à un grade supérieur.

Enfin, dans la formation des juges, il est indispensable de hiérarchiser les critères de jugement. Certaines fautes sont rédhibitoires : celles qui touchent à l’efficacité (comme déjà indiqué plus haut) , d’autres pas, d’où la nécessité que les jurys soient formés pour nuancer leurs appréciations, en fonction de différents paramètres : âge, grade postulé, etc.

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Bloc notes

Cette semaine, l’article prend la forme d’un bloc-notes qui rassemble quelques réflexions.

Triste anniversaire.  Il y a quatre ans on nous enfermait. Quatre ans après, tout le monde ne s’en est pas remis. Beaucoup de petits artisans, par exemple, massacrés par la crise sanitaire. Ils n’intéressent pas grand monde et leurs moyens de contestation sont limités. Je sais de quoi je parle !

Royan. Plus positif, avec le succès du stage de Royan le 10 mars dernier. Près de 40 stagiaires et une très belle unité dans tous les domaines des arts martiaux, notamment en termes d’état d’esprit.

Violence, encore. Le rôle des professeurs, des champions, des dirigeants doit être exemplaire pour lutter contre ce poison qui gangrène la société. Les professeurs, en se conduisant comme des éducateurs faisant respecter les personnes, les lieux et les traditions. Les champions par leur fair-play lors dans les affrontements et leur comportement en dehors des tatamis ou des stades. Les dirigeants, en ne permettant aucun débordement en termes de comportement.

Dans le paysage des arts martiaux et des sports de combat, tout doit avoir valeur d’exemple, y compris ce qui nous est donné en spectacle.

Ju-jitsu et compétition. Loin de moi d’être contre la compétition, mais elle n’est pas facilement adaptable à toutes les disciplines, sauf à les dénaturer, tout du moins à les extraire de leur vocation initiale. Quand, en France, le ju-jitsu a été remis en valeur dans les années 1970, l’objectif était de satisfaire une – très importante – population qui ne souhaitait pas, ou ne pouvait pas, faire de compétition, mais qui cherchait un moyen de s’épanouir physiquement, techniquement et mentalement au travers d’une méthode de self défense.

Prochain stage. Ce sera dimanche prochain à Léognan, en Gironde. Une belle matinée en perspective !

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La patience, cette indispensable vertu

Bien qu’il soit facilement abordable, le ju-jitsu rassemble un nombre impressionnant de techniques et, de fait, une multitude d’enchaînements, de combinaisons et de contre prises.  C’est à la fois son inconvénient et son avantage, avantage qui l’emporte facilement sur l’inconvénient.

Cette richesse technique (coups, projections, contrôles, on ne peut être plus complet) permet quand même de s’exprimer rapidement avec les techniques de base. Il n’empêche que cette richesse réclame du temps, de la patience pour qu’elle soit maîtrisée. Les amateurs de découvertes ne seront pas déçus. Pour les autres il faudra combattre ce découragement qu’on laisse trop souvent s’installer et le remplacer par cette volonté qui parfois fait défaut.

Le professeur y est pour beaucoup dans la motivation des ses recrues, mais les habitudes sociétales, celles du « zapping » par exemple, n’incitent pas à imposer de la rigueur.

La patience, ce n’est pas ce qu’il y a de plus tendance à notre époque, on veut tout et tout de suite, sans contrainte, bref on manque terriblement de constance et de persévérance.

Quand je dis « on », je ne me mets pas dedans, étant d’une génération où on prenait le temps, où on laissait « murir ». Pensant, avec raison, que ce n’est pas en changeant tous les quatre matins de pratique, de discipline sportive et/ou martiale, que l’on obtiendra quelque résultat que ce soit, comme le simple plaisir de s’exprimer dans d’inévitables et d’inestimables progrès.

Les arts martiaux réclament du temps. C’est un engagement à long terme, en aucun cas une « passade ». Cela vaut la peine de persévérer, la volonté entre en jeu, même si on en est un peu dépourvu, ça vaut la peine d’essayer de changer et d’en faire l’acquisition, elle sera utile dans toutes les circonstances de la vie. Les arts martiaux forgent et renforcent  le corps, mais aussi l’esprit.

Rien n’empêche, au bout d’un certain temps de découvrir d’autres disciplines, mais pas avant d’avoir atteint un certain niveau dans celle qui fût notre « porte d’entrée ».

Sans patience, on ne connaîtra jamais les délices qu’apporte une certaine maîtrise dans l’art que l’on a commencé. Il ne faut pas confondre la découverte d’autres disciplines au bout d’un certain temps et l’éparpillement spontané.

Certes, au début, il y a l’initiation à des techniques qui ne semblent pas naturelles, mais en fait elles le sont, puisqu’il s’agit de l’utilisation d’armes naturelles qui se révéleront très vite à la condition d’être armé de PATIENCE.

« La patience est amère, mais ses fruits sont doux ». Aristote

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L’enchaînement des 16 Bis

Retour à un article technique avec les « 16 Bis ».

Créé quelque temps après les « 16 techniques », cet enchaînement est venu compléter un panel technique déjà important en offrant des outils d’études et d’épanouissement complémentaires.

Les attaques sont semblables à celles des 16 techniques dans le but de faciliter la mémorisation, prouvant par la même occasion, si besoin est, qu’existent différentes ripostes sur la même attaque. Des ripostes évolutives.

Dans cette suite de techniques se trouvent beaucoup de projections aussi efficaces que spectaculaires, ce qui ne gâche rien.

Certes les projections demandent beaucoup de travail. L’apprentissage, mais aussi les répétitions. Il faudra être patient, mais au-delà de l’efficacité, il y a le plaisir de la réalisation du geste parfait, au bon moment. Un aboutissement qui participe au bien être, à la satisfaction personnelle.

Perfectionnement technique, condition physique, automatismes, précision, voilà les bienfaits de l’étude des 16 Bis et je n’oublie pas le respect des grandes techniques du ju-jitsu, que ce soient les coups, les contrôles ou les projections. Arrêtons nous sur cette famille, justement. O-soto-gari, uki-waza, kata-seoe, sasae-tsuri komi-ashi, harai-goshi, o-soto-otoshi, kani-basami, morote-gari, uchi-mata, tai-otoshi (ce sont les projections que l’on trouve dans l’enchaînement) qui pourrait affirmer que ces grandes projections n’appartiennent pas à notre patrimoine ? A moins de ne pas être capable de les réaliser.

Mais, ce n’est pas tout, l’enchaînement présenté, sans temps d’arrêt entre chaque technique, fera également office de belle démonstration. En 2000, une séquence de la prestation de Bercy  mettait en scène les huit premières techniques effectuées en parfaite synchronisation par deux couples.

En accompagnement de cet article, vous trouverez une vidéo  réalisée en 1992. Elle dissèque chaque technique l’une après l’autre. Comme indiqué plus haut il n’en sera pas de même lors d’une démonstration.

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Anecdote et bon sens

Ce court article propose juste une anecdote savoureuse sur la forme, douloureuse sur le fond. Elle souligne le côté néfaste de certaines pratiques. Celles-ci ne sont pas majoritaires, heureusement.

Il y a quelque temps, alors que j’exerçais encore à Paris, dans le dojo éphémère de la Rue Victor Chevreuil, j’avais inscrit une personne intéressée par l’aspect utilitaire du ju-jitsu. Elles sont nombreuses à franchir les portes d’un dojo pour cette raison, ce n’est pas le climat de violence actuel qui va endiguer ce besoin.

Cette personne avait suivi, durant quelques semaines, les cours avec un enseignant dont je tairai le nom. L’anecdote peut faire sourire, juste par la façon avec laquelle il me l’avait racontée, pour le reste…

L’expérience n’avait  pas été concluante et s’est vite arrêtée, on comprend aisément pourquoi. En effet, voici les propos qu’il m’avait rapportés : « Pour moi chaque séance était une épreuve, j’en sortais fracassé, le lendemain j’avais des douleurs et des bleus partout. Au point de me demander s’il n’était pas préférable de ne pas apprendre à se défendre, quitte (ce sont ces mots) à se faire « casser la gueule » de temps en temps,  plutôt que de subir ce genre de traitement deux fois par semaine ». Curieuse  réflexion, mais pas  dénuée d’un certain bon sens. Il existe des enseignants et des pratiquants qui sont des partisans du « faire comme dans la réalité », je suis heureux de ne pas en faire partie. Les professeurs d’arts martiaux, de sports de combats, de méthodes de self défense, sont et doivent rester des éducateurs sportifs et non des destructeurs. C’est ce qui est indiqué sur la carte professionnelle, à condition d’en posséder une.

Affirmer  qu’on ne combat pas la violence par la violence relève sans doute du poncif, mais il a toute sa place, il n’est jamais inutile d’enfoncer le clou. La capacité à être efficace avec une pratique éducative a fait ses preuves, parmi mes élèves les exemples ne manquent pas, ils sont nombreux à être sortis de fâcheuses situations grâce à leur pratique.

Sans compter qu’une pratique violente ne fera qu’abimer le corps, alors que l’objectif initial dans tout entraînement est de l’améliorer. Ce n’est ni souhaitable pour le corps, ni sain pour l’esprit.

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