Vacances et ju-jitsu à Soulac-sur-Mer

VACANCES ET JU-JITSU à SOULAC-SUR-MER (Gironde).

Ci-dessous quelques informations sur le stage de l’été prochain. (Et quelques arguments pour y participer.)

Du 13 au 18 août 2023 et pour la deuxième année consécutive, on renoue avec les stages d’été à Soulac-sur-Mer.

Durant vingt-cinq saisons, de 1986 à 2010, les stagiaires venus de toute l’Europe ont pu découvrir le charme de la station balnéaire située à l’extrémité de la Pointe de Grave.

Un tel stage, c’est un moment privilégié qui permet d’associer vacances et immersion totale dans l’art martial. A une intensité technique et physique conséquente, mais adaptée, viennent s’ajouter les rencontres avec des pratiquants venus d’écoles et de pays différents.

L’été dernier ce fût donc un vrai plaisir de retrouver les tatamis et l’océan. On attaque la saison suivante en pleine forme. Reposé et affûté !

Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à me le faire savoir assez vite.

Ce stage est ouvert à tous les pratiquants d’arts martiaux.

– Période : Du dimanche 13 au Vendredi 18 août 2023

– Participation : 180 € la semaine.

– Stage ju-jitsu : trois heures d’entraînement le matin de 9 h 00 à  12 h 00, dont trente minutes en extérieur. Tous les aspects du ju-jitsu traditionnel seront travaillés. L’après-midi est entièrement libre. Une semaine « ju-jitsu et vacances ».

– Soulac-sur-Mer : Situé à 80 kilomètres de Bordeaux, Soulac, c’est : des kilomètres de plages de sable fin, des hectares de forêt et un microclimat.

– Accès : du Nord de la France, prendre le Bac à Royan. Du Sud : Bordeaux – Soulac.

– Activités annexes : toutes les activités proposées par une station balnéaire digne de ce nom. Il y a la plage et l’océan, mais aussi toute la Pointe de Graves qui offre de belles surprises, et pas simplement dans les vignes.

– Ouverture du stage : Dojo municipal à côté du gymnase municipal, en face de la gendarmerie, le dimanche 13 août à 9 h 00. Clôture le vendredi 18 à 12 h 00.

– Hébergement : toutes les formules d’hébergement sont proposées : camping, maisons d’hôtes, Airbnb, etc. Office du tourisme 05 56 09 86 61 et le site Internet de la ville.

Pour toute autre information : 06 14 60 18 25  eric@pariset.net

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Contrôler et se contrôler

Le contrôle peut être interprété de deux manières  différentes mais forcément liées.

Il y a le contrôle que l’on connaît bien dans nos disciplines qui, à l’aide des « katame waza”, permet de maîtriser quelqu’un sans forcément mettre ses jours en danger. Puis le contrôle qui amène une maîtrise de soi.

Donc, un contrôle physique de l’adversaire et un contrôle personnel (celui-ci n’étant pas forcément le plus facile).

Sur le plan technique, la famille des katame waza regroupe des immobilisations, des clefs sur les articulations et des étranglements. Contrôler avec un étranglement semble contredire ce qui est affirmé  plus haut, mais il faut savoir qu’à un certain niveau de maîtrise, on peut (justement) « modérer » ce genre de technique.

Cette famille de techniques qui permettent de maîtriser quelqu’un en limitant les atteintes à son intégrité physique, demande beaucoup de travail. Pour bien maîtriser une clef, par exemple, il faut de la patience et de la ténacité.

Je n’ignore pas que cela est parfois rebutant ; c’est dommage. D’abord parce qu’en self défense leur efficacité est incontestable, mais il est également indispensable de prendre en considération cette notion de légitime défense et de respect de la vie ; ces techniques permettent de moduler la riposte. Certes….quand on sauve sa vie…

Ensuite, il y a notre propre contrôle, ce contrôle qui permet de maîtriser nos réactions physiques, ce qui dans certaines situations est plus facile à dire qu’à réaliser.

Cependant, la pratique régulière d’un art martial doit aussi nous élever dans ce domaine, sinon à quoi bon ? Construire un système de défense qui ne rime pas forcément avec détruire, ce n’est pas inutile à bien des égards.

La pratique d’un art martial est faite pour s’améliorer techniquement et physiquement, mais aussi pour s’élever mentalement.

Alors étudions les contrôles et apprenons à nous maîtriser !

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Le respect

Le premier article de l’année porte sur un sujet majeur, un des piliers de l’éducation : le respect.

Faisons le tour de ce qui doit être respecté dans un dojo.

Tout d’abord le lieu. Rien de sacré dans ce lieu d’apprentissage et de partage, juste le respect de quelques règles de base de politesse, comme le salut, normalement en y entrant et avant de monter sur le tatami.

Pour des raisons d’hygiène, on ne marche pas les pieds-nus en dehors du tatami, évidemment on arbore la tenue dans laquelle la discipline doit être pratiquée et, cela va sans dire, la tenue en question se doit d’être propre.

Quant au salut, il est exécuté collectivement au début et à la fin de la leçon mais aussi avant de travailler avec un partenaire et au moment d’en changer. Il se fait dans une tenue correcte, c’est-à-dire que l’on rajuste son “dogi”, avec la veste sous la ceinture, on ne salue pas débraillé.

Ensuite, dans un dojo on ne parle pas fort, on ne s’interpelle pas. Lorsqu’on échange avec son partenaire, on le fait à voix « mesurée ». Quand le professeur démontre une technique, on s’abstient de discuter avec son voisin.

La ponctualité est aussi une marque de respect. Je n’ignore pas que nous ne faisons pas toujours ce que nous voulons, mais un cours est un ensemble et le salut du début en fait partie. Il est une marque de politesse, « on se dit bonjour ». C’est aussi le moment où le professeur donne le ton de la séance, avec quelques mots il insuffle l’élan nécessaire ; il ouvre la séance. Lorsqu’on arrive en retard, ce qui peut arriver à tout le monde, sans que cela devienne une habitude, l’élève doit attendre sur le bord du tatami que le professeur l’invite à y monter.

On doit évidemment respecter les consignes du professeur comme le « hajime » et le « matte » ; il s’agit de politesse, mais aussi de sécurité. Imaginons qu’en randori un des deux combattants ne respecte pas le « matte » du professeur et continue d’attaquer alors que l’autre s’est déjà relâché en respectant la consigne en question !

A l’inverse, il y a le respect du professeur vis-à-vis de ses élèves. Il doit se faire respecter avec une autorité naturelle qui ne nécessite en aucun cas un langage de garde-chiourme. Il doit respecter le niveau et l’aspiration des élèves, par rapport aux compétitions par exemple, dans les disciplines qui en proposent. Quant à arriver à l’heure et à être présent, sauf cas grave, cela semble évident. Il doit aussi veiller à ce que l’intégrité des élèves soit respectée. Il est aussi un éducateur et non pas un destructeur. Il n’est pas non plus qu’un distributeur de techniques, il doit veiller à ce que soient respectées toutes les règles attachées au dojo.

Toutes ces marques de respect ne doivent pas être considérées comme « pas très utiles » ou ringardes. Non, elles sont la condition sine qua non  d’une pratique harmonieuse dans le respect du lieu, des personnes et tout simplement de l’art qu’on pratique.

Elles permettent une pratique sécuritaire, il s’agit de disciplines de combat, un maximum de concentration est donc indispensable. Tout cela sans pour autant sacrifier ni à la bonne humeur ni à une bonne ambiance qui nous rappellent que nous sommes aussi dans le loisir.

Pour aller un peu plus loin, mentionnons le respect du souvenir des « anciens ». De ceux qui ont marqué leur discipline et de ceux qui ont été à un moment nos professeurs. En premier lieu le « premier professeur », celui qui a participé en grande partie à faire de vous le pratiquant que vous êtes devenu.

Je n’ignore pas que les pages se tournent de plus en plus vite, la mémoire est de plus en plus relative,  mais justement, marquons notre différence dans nos disciplines qui sont des disciplines à traditions.

Si dans celles-ci nous ne respectons pas certaines consignes, où seront-elles respectées ? Les respecter participe à leur valorisation.

Terminons par ce qui est peut-être le plus important, à savoir le respect des engagements, notamment les engagements moraux, ceux de la parole donnée.

Pour ma part j’essaie de respecter ma mission d’éducateur technique, physique et mental.

Alors, comme nous sommes en début d’année, au moment des bonnes résolutions, ces marques de respect s’imposent. Elles ne rendront que plus agréable le déroulement des cours et plus largement notre existence.

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Vaincre sans combattre

Cette semaine, à la place de l’article technique, c’est une petite histoire savoureuse extraite du recueil “Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon” que je propose. Ce n’est pas une première, mais on ne s’en lasse pas. Et puis, peut-être que certains la découvriront avec délice.

L’art de vaincre sans combattre.

L’intelligence au service de la victoire. Un concept qui n’a pas d’âge, et pourtant…

« Le célèbre Maître Tsukahara Bokuden traversait le lac Biwa sur un radeau avec d’autres voyageurs. Parmi eux, il y avait un samouraï extrêmement prétentieux qui n’arrêtait pas de vanter ses exploits et sa maitrise du sabre. A l’écouter, il était le champion toutes catégories du Japon. C’est ce que semblaient croire tous les autres voyageurs qui l’écoutaient avec une admiration mêlée de crainte. Tous ? Pas vraiment, car Bokuden restait à l’écart et ne paraissait pas le moins du monde gober toutes ces sornettes. Le samouraï s’en aperçut et, vexé, il s’approcha de Bokuden pour lui dire : «Toi aussi tu portes une paire de sabres. Si tu es samouraï, pourquoi ne dis-tu pas un mot » ? Budoken répondit calmement :
-« Je ne suis pas concerné par tes propos. Mon art est différent du tien. Il consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu. »
Le samouraï se gratta le crâne et demanda :
– « Mais alors, quelle est ton école ? »
– « C’est l’école du combat sans armes. »
– « Mais dans ce cas, pourquoi portes-tu des sabres ?
– « Cela me demande de rester maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C’est un sacré défi. »
Exaspéré, le samouraï continua :
-« Et tu penses vraiment pouvoir combattre avec moi sans sabre ? »
– « Pourquoi pas ? Il est même possible que je gagne ! »
Hors de lui, le samouraï cria au passeur de ramer vers le rivage le plus proche, mais Bukuden suggéra qu’il serait préférable d’aller sur une île, loin de toute habitation, pour ne pas provoquer d’attroupement et être plus tranquille. Le samouraï accepta. Quand le radeau atteignit une île inhabitée, le samouraï sauta à terre, dégaina son sabre, prêt au combat.
Budoken enleva soigneusement ses deux sabres, les tendit au passeur et s’élança pour sauter à terre, quand, soudain, il saisit la perche du batelier, puis dégagea rapidement le radeau pour le pousser dans le courant.
Budoken se retourna alors vers le samouraï qui gesticulait sur l’île déserte et il lui cria – « Tu vois, c’est cela, vaincre sans arme ! »

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Ippon seoi nage

Pour le dernier article de l’année, c’est une projection emblématique que j’ai choisi d’évoquer.

Ippon Seoi Nage

Le but n’est pas de développer une étude approfondie de cette belle technique, mais d’expliquer simplement les raisons de mon engouement pour une projection qui est l’une des plus emblématiques du ju-jitsu et du judo. Elle est utilisée aussi bien en self défense qu’en compétition. J’ai une affection particulière pour elle, et cela pour plusieurs raisons.

D’abord, c’est une des premières projections que l’on apprend, bien qu’elle ne se réalise pas aussi facilement que l’on puisse l’imaginer, lorsque nous la regardons exécutée par un spécialiste.

Répondant à des principes naturels, si elle est bien expliquée, son apprentissage se fait assez rapidement ; elle offre une des premières satisfactions aux nouveaux étudiants. De plus, Tori (celui qui exécute), même s’il est encore balbutiant, ne rencontre pas de difficultés particulières pour bien retenir Uke (celui qui subit) dans la chute, ce qui est rassurant et sécurisant. L’aspect spectaculaire ne retire rien au plaisir de la réaliser ou de la voir bien exécutée.

Son principe de base consiste tout simplement à faire passer le partenaire « par-dessus nous », en se servant de son déséquilibre avant. Celui-ci étant obtenu de différentes manières, selon que l’on se situe en ju-jitsu ou en judo. Comme dans toutes les techniques il existe des variantes, elles sont fonction du gabarit, mais aussi de l’influence du professeur.

En ju-jitsu, elle est utilisée aussi bien sur des attaques venant de face, comme un coup « en marteau » en direction de la tête, que sur des saisies arrière, à la gorge ou au-dessus des bras. En judo le nombre des opportunités, combinaisons, contres, liaisons debout sol est colossal.

Ippon Seoi Nage, en règle générale, est pratiqué par des plus petits sur des plus grands, puisque passer sous le centre de gravité est la première des conditions. Bien exécutée, cette projection ne demande pas d’efforts physiques particuliers, ce qui par ailleurs doit être la condition de toutes les techniques, puisqu’à l’origine la non-opposition, l’utilisation de la force de l’adversaire et l’utilisation la plus rationnelle de notre énergie, sont les fondements du ju-jitsu. On pourrait facilement prendre Ippon Seoi Nage comme modèle pour expliquer des principes parfois négligés et même oubliés.

Enfin, si je l’apprécie particulièrement, c’est aussi parce qu’elle était l’un des redoutables « spéciaux » de mon père qui, lors de ses exploits sportifs, a terrassé plus d’un grand grâce à elle. Par atavisme, mimétisme et avec un excellent apprentissage, elle est devenue l’une de mes projections favorites.

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Soulac 2023

Il y a tout juste un an, j’avais le plaisir d’annoncer le retour du stage de Soulac-sur-Mer pour le mois d’août 2022. Et cela après quelques années d’interruption. Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous annoncer que l’édition 2023 aura lieu du 13 au 18 août prochains.

Soulac et le ju-jitsu, c’est une longue histoire. Elle a commencé en 1986, elle a duré jusqu’en 2010, soit vingt-cinq sessions. En 2011, j’avais donc décidé de faire une pause. L’été dernier nous retournions sur les bords de l’Atlantique.

Nous sommes dans le département de la Gironde, sur la Pointe de Graves. Venant du Sud de la France, on y accède en passant par Bordeaux qui se situe à 80 kilomètres. Venant du Nord, à partir de Royan, il faut emprunter le bac pour traverser l’estuaire de la Gironde jusqu’au Verdon qui se trouve à quelques kilomètres de Soulac.

Les grandes plages, l’océan, la forêt : Soulac, c’est la nature, mais aussi une ambiance familiale, une ambiance qui sied parfaitement au déroulement d’un stage de ce type. Vacances et ju-jitsu se marient à merveille pour une semaine inoubliable.

C’est l’occasion d’aborder le ju-jitsu d’une façon différente, de s’immerger dans l’art martial intensément, de se perfectionner techniquement et de se faire ou refaire une parfaite condition physique. Les entraînements ont lieu le matin, l’après-midi étant libre ; nous sommes aussi en vacances ! La baignade, le repos, mais également les activités proposées par la station. Impossible de s’ennuyer pour les accompagnateurs.

Soulac, c’est aussi un ensemble de magnifiques villas au style si particulier.

Comme cela se passe au mois d’août, il est prudent de ne pas tarder pour les réservations concernant l’hébergement.
Le plus simple, c’est  de se renseigner auprès de l’office du tourisme : camping, chambres chez l’habitant, locations de vacances et gîtes, chambres d’hôtes, hôtels, villages vacances, résidence de tourisme, air de camping-car, etc.

Comme indiqué plus haut, nous sommes dans une cité  balnéaire à dimension humaine, on peut tout autant s’y amuser que s’y reposer en famille.

Je reviendrai régulièrement sur ce stage, les brochures sont disponibles et dès à présent, vous pouvez me contacter pour obtenir toutes les informations que vous souhaiteriez.

A noter que le stage est ouvert à tous les pratiquants d’arts martiaux.

Je ne cache pas ma joie d’avoir pu renouer avec ce rendez-vous. D’après les échos qui  me parviennent  régulièrement, je ne suis pas le seul à conserver d’inoubliables souvenirs de ces étés soulacais.

A très vite.

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Les méthodes d’entraînement

Ce sont des exercices de perfectionnement possédant, chacun dans leur domaine, une spécificité. Ils permettent de renforcer la vitesse, les automatismes, la tonicité, la forme de corps, le placement, les déplacements, etc.

Ils renforcent ces qualités  dans le domaine de l’atemi-waza (le travail de coups), du nage-waza (les projections) et dans le ne-waza (le travail au sol). Ils  peuvent se faire seul ou à deux (le plus souvent), mais aussi à plusieurs, statiques ou en déplacement.

Il y a les exercices qui consistent à faire des répétitions sans aucune opposition de la part du partenaire et d’autres qui se font avec une opposition plus ou moins importante, mais toujours conventionnelle.

Par conséquent on peut définir deux groupes : le premier où le partenaire ne produit aucune opposition et le second au cours duquel il offre une certaine résistance qui permet de se renforcer en situation d’opposition relative.

La plus connue de ces méthodes d’entraînement est l’uchi-komi ; elle consiste à répéter une technique de projection sans faire chuter, juste en soulevant le partenaire. On peut aussi effectuer cette répétition dans le domaine de l’atemi-waza et du ne-waza. Pour certaines techniques l’uchi-komi peut aussi s’effectuer dans « le vide », c’est-à-dire tout seul.

On trouve ensuite (plus particulièrement dans le domaine des projections) le nage-komi dont le but est de se faire chuter à tour de rôle, ou plusieurs fois de suite, avec un certain rythme, en statique ou en déplacement. Et puis, il y a le randori (qui n’est pas un véritable combat) et qui offre un travail en opposition « mesurée », sur un thème précis, au sol et debout, en atemi-waza et en projections.

On oublie trop souvent des exercices tels que le kakari-geiko et le yaku-soku-geiko. Le premier (un sur deux attaques) permet à Tori de renforcer son système d’attaque sans la peur de contre prise de la part d’Uke. Celui-ci se contentant d’essayer d’esquiver les initiatives de Tori, l’obligeant ainsi à s’adapter et à trouver d’autres solutions.

Le second, le yaku-soku-geiko (les deux attaques), que l’on peut qualifier de « randori souple » offre la possibilité aux deux protagonistes de s’exprimer dans une opposition uniquement axée sur une reprise d’initiative, sans contre prise directe, uniquement en « sen-o-sen. », l’attaque dans l’attaque (pour ce qui concerne les projections).

On pratique également le kakari-geiko (un sur deux attaque) en atemi-waza, on peut utiliser des gants de boxe qui servent de cibles. Uke « appelant » les coups en plaçant les gants sur différentes parties du corps. A lui de diversifier les demandes pour que Tori diversifie ses coups.

En ne-waza existent aussi des méthodes d’entraînement, en plus du randori. Une que j’affectionne particulièrement est de définir une  position de départ – par exemple Tori sur le dos et Uke entre les jambes – et à partir de là, Tori a une minute pour aboutir à un résultat. Uke ne faisant que de la défense. Cela permet au premier de travailler son système offensif sans craindre de se faire contrer.

Une autre méthode, purement ju-jitsu (que mes élèves connaissent bien), consiste à répéter une technique de défense sur une situation précise, puis une seconde et ensuite de les enchaîner vite et fort, sans temps d’arrêt ; de même avec une troisième et ainsi de suite, jusqu’à six, ce qui est déjà très bien.

Les katas peuvent aussi être considérés comme des méthodes d’entraînement, puisqu’ils sont le reflet d’un combat. Un combat pré arrangé, certes, mais qui permet d’affûter les techniques et d’acquérir des automatismes.

Les exercices qui se limitent aux séries de répétitions, seul ou avec un partenaire, peuvent parfois sembler ingrats ; la récompense viendra avec le constat des progrès réalisés. Et lorsque ces randori en  question sont exécutés avec un partenaire possédant le même état d’esprit, c’est à dire démunie de toute violence et de préférence sans brutalité, ils ne sont jamais dépourvus d’un aspect ludique, ce qui n’est pas incompatible avec une pratique sérieuse des arts martiaux.

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Le nage-waza (techniques de projections)

Après le ne-waza (le travail au sol), la semaine dernière,  j‘évoque aujourd’hui le nage-waza (le travail des projections). A noter que les projections occupent une grande partie du travail debout (tachi-waza), dans lequel on retrouve aussi beaucoup de techniques de contrôles et bien évidemment de coups.

La famille des projections est une composante incontournable du judo mais aussi du ju-jitsu. Que ce soit en compétition de judo, ou dans le domaine de la self défense, les affrontements commencent debout.

L’efficacité, l’esthétisme et l’aspect ludique sont les trois raisons qui me font aimer ce domaine majeur qu’est le nage-waza.

Les projections peuvent être tout à la fois efficaces et esthétiques. Efficaces dans la mesure où « tout le monde peut faire tomber tout le monde », pour peu que soit appliqué « le bon geste au bon moment ». Qui peut contester leur terrible efficacité, surtout sur un sol dur ?

Ceci étant, leur parfaite maîtrise demande beaucoup de travail, de persévérance et de rigueur, mais quelle merveilleuse récompense que celle de réaliser un bel uchi-mata, par exemple.

Le principal intérêt des projections réside dans le fait qu’elles ont été conçues pour être appliquées en utilisant des principes et des mécanismes qui ne demandent que peu ou pas d’effort. Leur parfaite exécution répond à l’une des maximes de Jigoro Kano « minimum d’effort et maximum d’efficacité ». Le premier de ces principes consiste à utiliser la force de l’adversaire. Il y en a d’autres, comme celui de l’addition des forces, de bascule au-dessus du centre de gravité, etc. En judo on y ajoute les enchaînements et le principe d’action- réaction.

L’utilisation des projections sera différente selon que l’on se situe dans le domaine de la « self défense » ou en opposition lors de randori (exercice libre d’entraînement) ou encore de compétition entre judokas.

En matière d’auto-défense l’application se fera la plupart du temps directement. Exemple : l’adversaire vous pousse, vous appliquez hiza-guruma. Pour les néophytes, il s’agit d’une projection qui consiste à faire le vide devant celui qui porte l’attaque, en ajoutant  simultanément à sa poussée, une traction dans la même direction, tout en lui « barrant » le bas de son corps au niveau des jambes (une sorte de « croche patte » très amélioré).

Dans le randori et à fortiori en compétition de judo, les deux protagonistes maîtrisant d’une part l’art des projections et d’autre part s’attendant à tout moment à devoir faire face à une attaque de ce type, la concrétisation se fera avec les notions d’enchaînements, de confusions, de contre prises, etc. Il n’empêche que pour maîtriser parfaitement l’art des projections un jujitsuka ne devra pas négliger l’ensemble des méthodes d’entraînement qui permettent d’envisager des réactions de la part de l’opposant.

Enfin, concernant l’aspect ludique (à l’entraînement évidemment) il est bien réel. Nous sommes aussi dans le loisir et il ne serait pas sain d’être continuellement dans des conditions psychologiques identiques à celles d’une agression.

Lors des séances, l’objectif du randori réside dans le fait de faire tomber quelqu’un qui ne le veut pas et de répondre spontanément à une situation imprévisible ! Pour cela on utilisera la maîtrise technique, la vitesse, les fautes du partenaire, celles qui sont directes et celles provoquées à l’aide de feintes et de confusions. C’est une sorte de jeu dans lequel réside beaucoup de plaisir, de satisfaction, à la condition de ne pas être celui qui chute tout le temps ! Cela doit se concevoir sans aucune intention d’humilier le partenaire (encore moins de l’écraser) mais simplement avec l’envie de progresser par rapport à soi-même.

Le nage-waza est aussi le secteur qui comporte le plus de techniques et par conséquent d’enchaînements et de combinaisons possibles. Enfin, chacun pourra les adapter en fonction de son gabarit.

C’est donc un domaine efficace, spectaculaire et enthousiasmant. Sans oublier l’épanouissement physique et mental qu’il ne manquera pas d’apporter, c’est aussi une belle expression corporelle.

Il aurait inévitablement manqué quelque chose à mes démonstrations si ces techniques n’existaient pas !

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Le ne waza (travail au sol)

Mes élèves et les fidèles lecteurs connaissent mon attachement à ce secteur ainsi que l’article qui suit.

Voilà un domaine à la richesse technique exceptionnelle et dans lequel il est possible de s’exprimer très longtemps. Il est pratiqué dans beaucoup de disciplines, son efficacité est incontestable, que ce soit dans le domaine sportif ou dans le domaine « utilitaire ». En judo, par exemple, les conclusions au sol ne sont pas rares et en self défense, même si une agression à de fortes chances de débuter debout, il ne serait pas raisonnable de le négliger. Enfin, l’aspect ludique, sur lequel j’insiste souvent, est bien présent.

Développons !

La richesse technique est importante, puisque l’on y trouve des clefs, des étranglements et des immobilisations, plus toutes les combinaisons et enchaînements réalisables.

On peut s’y exprimer longtemps, la vitesse n’est pas un critère déterminant, à l’inverse du travail debout. On peut « prendre son temps » pour aboutir, et même préparer plusieurs coups à l’avance. Les joueurs d’échecs y trouvent d’ailleurs un parallèle.

En plus d’un sérieux bagage technique, on développera une bonne condition physique et un renforcement musculaire naturel.

Dans les disciplines qui se pratiquent en compétition d’affrontements directs, beaucoup de combats trouvent leur conclusion au sol. En self défense, on doit être en capacité de réagir lorsque l’on y est amené, souvent contre son gré. Une maîtrise technique dans ce domaine permet de ne pas subir et de pouvoir contrôler sans trop de violence. Et puis, il serait peut-être un peu présomptueux d’affirmer qu’on ne laissera pas le loisir à un éventuel agresseur de venir au contact.

Enfin, c’est sans doute dans ce domaine que l’aspect ludique est le plus présent. Certes, cela se vérifie davantage quand on est celui qui domine. C’est à ce moment-là que l’on pourra être un peu « joueur » comme le chat l’est avec la souris.

Certains sont assez bloqués par rapport au ne-waza. C’est vrai que le souvenir (ou la perspective) de se trouver étouffé(e) sous un torse velu et suintant, n’est pas forcément engageant. Je peux en attester, pour l’avoir vécu en tant que jeune pratiquant. A ce moment-là, il faut se dire qu’existent deux solutions : soit arrêter la pratique, soit la renforcer pour ne plus être celui qui subit. Et puis, la diversité des partenaires, des niveaux et la bonne organisation du tatami par le professeur, doivent permettre de trouver plus fort et moins fort que soi. En sachant que c’est naturellement l’entraînement qui offre les progrès, cette évidence est malgré tout bonne à rappeler ; il n’existe pas de remèdes magiques, ni de disciplines ou de domaines dans lesquels règne la « science infuse ». Par contre, le ne-waza est une véritable « science du combat ».

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Premier bilan

Après les deux premiers mois de cette nouvelle saison, j’ai voulu établir un premier bilan.

Il y a quelques semaines commençait enfin un processus de reconstruction. A la suite de deux ans et demie sans travail, et ayant perdu un outil de travail « exécuté » par la gestion de la crise sanitaire, j’ai  pu reprendre une petite activité professionnelle grâce à quelques personnes pour qui l’expression « entraide mutuelle » n’est pas que virtuelle. Après deux ans et demi d’incertitude et d’angoisse du lendemain, j’ai bénéficié de quelques moyens pour repartir au combat. Malgré tout, il ne faut pas être un grand analyste pour deviner que cinq heures de travail par semaine et un stage de temps en temps, ce n’est pas suffisant. Même si l’ouverture de la section ju-jitsu à l’Institut Médico Educatif de Niort est un succès quant au nombre d’inscriptions réalisées.

Bien évidemment je me réjouis de ces bons débuts et j’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont rejoint sur les tatamis. Cependant, pour le moment tout du moins, cela ne remplace pas le club qui fonctionnait à temps complet et rien ne semble vouloir compenser l’investissement qui y fût réalisé en 2019. Investissement intégralement perdu et non indemnisé, ni par les assurances, ni par l’état.

La situation reste sensible. Je ne fais pas l’aumône, je désire juste travailler, à un âge qui a dépassé largement celui du départ à la retraite, mais il y a deux raisons à cela  : l’obligation et la passion.

L’obligation au regard de la misérable retraite des indépendants et la passion dans la transmission d’un enseignement qui me semble utile.

Donc, depuis deux ans et demi, je me bats de deux façons ; d’abord en mettant toute mon énergie dans la reconstruction de ce qui a été massacré, mais aussi en continuant à dénoncer une injustice flagrante et en demandant réparation pour recréer une entreprise.

Si quelques donneurs de leçons bien à l’abri du besoin, quelle que soit la situation, sont agacés par mes propos qu’ils jugent redondants, ce n’est pas grave.  Ils ne sont pas obligés de me lire. S’ils le font, qu’ils se posent simplement la question quant à la réaction qui pourrait être la leur après deux années et demie sans travail et sans indemnités, et les innombrables cruelles conséquences. Donc, pour ce qui concerne la deuxième partie de mon combat et en l’absence de réponse à mon dernier courrier adressé à la Présidence de la République au mois de juillet de cette année, je persiste et en signe un nouveau. Une fois de plus je réclame que soit acté le fait que tous les petits entrepreneurs n’ont pas été indemnisés à l’issue de la crise sanitaire, contrairement à ce qui est affirmé, et pour savoir comment faire pour remédier à cette injustice.

Cette fois, j’espère recevoir une réponse satisfaisante.

Quant au bilan purement pratique et technique, il y aura eu l’ouverture de deux cours pour les enfants et trois pour les adultes à l’IME de Niort, les mercredis et vendredis, avec une fréquentation plus importante que prévue. Un stage à Paris, avec le plaisir de retrouver des anciens élèves, mais aussi la capitale qui évoque tant de souvenirs. Et puis il y a eu la Masterclass le 23 octobre à Chauvigny dans la Vienne, magnifiquement organisée par Yves Vanduren, en compagnie de Christian Panatonini et Stéphane Pescher. On tâchera de vite oublier la triste annulation du stage de Colomiers, faute de carburant !

Par contre, je n’oublierai pas les touchantes retrouvailles avec Yannick Viaud autour d’un bon repas !

La deuxième partie du trimestre s’annonce tout aussi dynamique avec des cours qui sont entrés  dans les habitudes de beaucoup, mais aussi avec la programmation de trois stages. A Paris, à Léognan et à Aire-sur-l’Adour. Peut-être également à Niort.

Que les fidèles se rassurent, l’espoir et la combativité sont toujours d’actualité !

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