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Ils sont l’illustration parfaite des principes de non opposition et d’utilisation de la force de l’adversaire.
Deux parmi les nombreux principes qui font du ju-jitsu une discipline praticable par tous les gabarits, pour peu que l’on soit prêt à s’investir dans la durée.
Dans notre langue, nous les appelons les « techniques de sacrifices ». En effet, pour les appliquer il faut s’effacer devant l’adversaire en se mettant volontairement au sol, sur le dos ou le flanc : se sacrifier. Il s’agit de sacrifices utiles, ô combien.
De fait, les sutemis sont praticables par tous les gabarits et notamment les plus faibles. Une fois bien maîtrisés, leur efficacité est redoutable.
Tomoe-nage la fameuse « planchette japonaise » est la plus célèbre.
Dans leur exécution, non seulement on ne s’oppose pas à la force de l’adversaire, mais on y ajoute la nôtre. Même avec peu de puissance, il suffit de « conduire » celle de l’opposant. A partir de là, « tout le monde peut faire tomber tout le monde ».
Nous sommes au cœur de l’efficacité du ju-jitsu tel qu’il doit être enseigné et pratiqué.
Certes, sans action offensive de l’adversaire, il est difficile d’appliquer ces principes d’addition de force, mais le ju-jitsu (bien présenté) a toujours revendiqué le titre de méthode de défense et non pas d’attaque.
En judo, ils s’utilisent principalement en contre prise ou en appliquant le principe d’action réaction.
Avec l’avènement de la compétition et des catégories de poids, certaines projections ont dû être adaptées, c’est le cas des sutemis ; dans la mesure où, à technique (presque) équivalente et à poids égal, les principes de base n’ont plus les même effets, y compris celui de la surprise pour la personne qui en agresse une autre et qui n’envisage pas que celle-ci puisse se défendre en utilisant de telles techniques.
Toujours en judo, le meilleur exemple s’appelle tomoe-nage avec l’apparition du yoko-tomoe-nage. C’était à la fin des années 1960. Cette forme ne trouvant sa raison d’être que dans le randori et le combat de judo. Il n’existe pas vraiment d’applications en self défense. Une analyse approfondie de cette technique pourra faire un beau sujet par la suite.
Il existe des différences techniques mais aussi d’utilisation selon que l’on se trouve dans le cadre de la (self) défense ou bien dans celui du judo. Ne serait-ce que dans la rue, sur un sol dur, nous nous placerons sur le dos qu’en dernière analyse, lorsque la poussée est tellement forte que nous sommes déjà en déséquilibre et que l’application de techniques comme hiza-guruma, par exemple, qui nous laisseraient debout, n’est plus possible.
A l’inverse, en judo les sutemis peuvent être pratiqués directement, comme toute autre technique.
Il existe aussi les « makikomi », ils sont un peu les « cousins » des sutemis. Littéralement, il s’agit de techniques d’enroulement. Le corps de Tori venant au contact de celui d’Uke pour l’entraîner jusqu’au sol. La différence essentielle réside dans le fait que pour les sutemis, il y a séparation des corps durant l’action et que pour les makikomi, c’est l’inverse ; l’efficacité se réalisant avec le plus étroit contact entre les deux protagonistes (au profit de Tori, évidemment, qui emmène le corps d’Uke avec le sien, le plus souvent dans une synergie rotative). Le point commun étant que dans les deux cas l’idée est d’entraîner l’adversaire au sol.
La maîtrise de ces « techniques de sacrifices » requiert de la patience, comme beaucoup d’autres, mais leur parfaite exécution – qui donne l’impression d’agir sans aucun effort et même de façon un peu magique – procure peut-être une joie supérieure à celle ressentie dans la réalisation d’autres projections. C’est en tout cas un sentiment que je ne pense pas être le seul à partager.
(Les deux photos d’illustration ont quelques décennies d’écart et… des partenaires différents !)
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Elle a toujours guidé mon action et encore davantage au fil des ans. L’expérience venant s’ajouter à l’idée que l’on se fait de la profession exercée.
« Surmonter l’habitude d’employer la force contre la force est une des choses les plus difficiles de l’entraînement du judo (et du ju-jitsu). On ne peut espérer progresser sans y parvenir ». Jigoro Kano
On ne fait pas toujours ce que l’on veut, il y a les imprévus, les impondérables, les cas de force majeure, etc. Mais parfois, l’absence à une séance est la conséquence d’une « petite flemme », d’une flemmingite aiguë ! Certes, on n’est obligé de rien, mais lorsqu’on cède à la facilité on rompt une sorte de triple engagement.
C’est pour les besoins d’une démonstration qu’est né cet enchaînement. 

Aujourd’hui intéressons nous au katame-waza (les techniques de contrôle). Il s’agit de l’une des trois composantes du Ju-jitsu. Pour rappel, les deux autres sont l’atemi-waza (les techniques de coup) et le nage-waza (les techniques de projection).
Même si une même personne peut endosser les deux rôles, les objectifs ne sont pas les mêmes, chacun a sa propre mission.
La saison dernière, à l’occasion d’un stage, m’a été adressé un compliment particulièrement touchant : « Vous êtes un des derniers gardiens d’une pratique traditionnelle qui porte et défend des valeurs qui semblent se perdre».