Fin de saison

Une fin de saison, c’est souvent le moment de faire des bilans. Pour les pratiquants d’arts martiaux, c’est revenir sur environ dix mois de pratique.

D’abord, j’évoque ceux qui ont pu aller jusqu’au bout d’une saison commencée en septembre.

On fait un bilan sur les progrès réalisés, souvent matérialisés par l’obtention d’un grade supérieur, sur la découverte de nouveaux enchaînements et de nouvelles sensations dus à un investissement régulier. Pour ceux qui pratiquent une discipline avec des compétitions, on analyse ses victoires et ses défaites, en relativisant les unes et les autres.

On a renforcé des amitiés, on en a découvert d’autres. Parfois on déplore qu’une blessure a pu nous éloigner des tatamis le temps du rétablissement. On se souvient que parfois s’est manifestée la tentation de rester à la maison, mais jamais nous n’avons regretté de ne pas nous être écouté.

Par contre, comme chaque année, on déplore des abandons en cours de saison. Il existe plusieurs raisons à cela. Il y a les inévitables et…les autres.

Dans la première catégorie, ce sont des problèmes personnels, professionnels ou de santé qui ont mis un terme à un engagement sincère. On aurait préféré continuer à fouler les tatamis.

Ensuite, d’autres constats peuvent provoquer un arrêt. S’apercevoir que « ce n’est pas pour nous », que nous avons été déçus ou que c’est trop difficile physiquement, trop pointu techniquement, qu’il faut y consacrer beaucoup de temps pour progresser et s’exprimer. Ou tout simplement que nous nous sommes lancés dans une discipline qui ne nous correspond pas.

Enfin, il y la catégorie dans laquelle on trouve ceux qui abandonnent à tout.

A la fin de la saison, pour d’autres, se pose la question de savoir si on reprend en septembre. On a été au bout d’une saison, en sera-t-il de même pour la prochaine ? N’est-ce pas le moment de changer de discipline ? Avec l’argument de la nouveauté ? Cela peut se défendre, mais il faut savoir que les disciplines de combat demandent un investissement sur du long terme, comme dans beaucoup d’autres domaines, mais plus encore.

Pour les passionnés, cette question ne se pose pas. Sauf problèmes évoqués plus haut, ils seront présents pour continuer à découvrir et à se perfectionner dans des arts qui demandent des efforts, de la rigueur, mais qui offrent tant de récompenses et apportent autant de satisfactions en retour. Ils sont impatients de gravir de nouveaux échelons et de continuer à partager une passion.

Quant à ce que représente une fin de saison pour le professeur, nous y reviendrons dans le prochain article.

(Photo d’illustration : Léognan juin 2026)

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Osae Waza. Les immobilisations

Dans les deux précédents articles nous nous sommes intéressés au kantsetsu-waza (les clefs) et au shime-waza (les étranglements). Deux groupes qui appartiennent au katame-waza (les techniques de contrôles).

Pour clore avec le groupe des contrôles, il nous reste à voir les osae-waza, les immobilisations.

Elles sont surtout utilisées en Judo, mais elles peuvent l’être aussi, en Ju-Jitsu, à condition de maîtriser les bras de l’adversaire.

Leur utilité est incontestable en self défense, quand il s’agit de maintenir quelqu’un au sol, de l’immobiliser sans « l’abîmer « , pour des raisons de légitime défense et de respect de l’intégrité physique. Dans le cadre de son activité professionnelle, un de mes élèves a pu tester cette affirmation.

En dehors de leur efficacité, dans les combats d’entraînement – les randoris – bien les maîtriser apportent beaucoup de satisfaction.

Ce secteur réclame et développe le sens du combat, aussi bien pour tenir une immobilisation que pour en sortir ; il y a de la technique et de la stratégie. En plus il développe des qualités physiques de façon naturelle. On s’amuse davantage avec un partenaire qu’avec de la fonte. À la condition de ne pas être toujours en dessous. Pour cela il faut un entraînement régulier.

Les immobilisations permettent un investissement total, on va au bout de l’effort sans risque de blessure par manque de contrôle ou par maladresse. Ce qui les rends encore plus sympathiques.

Enfin, avec le travail au sol en général et les immobilisations en particulier, la pratique s’inscrit dans la durée. Davantage que de la rapidité, il demande de la stratégie, de la patience, on prépare ses coups à l’avance.

J’ai déjà évoqué l’appellation « science du combat » qui lui va parfaitement !

Une science dans laquelle on trouvera du plaisir, ce qui n’est pas négligeable, à condition de la pratiquer avec des partenaires à l’état d’esprit identique au notre !

À noter que le but des immobilisations consiste à maintenir le partenaire ou l’adversaire sur le dos, mais en self défense il est possible d’immobiliser quelqu’un sur le ventre.

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Le « shime waza »…

Retour sur un secteur important : le « shime-waza », c’est-à-dire les techniques d’étranglement.

Des techniques à l’efficacité redoutable qu’il faut entourer de précautions dans leur étude et leur pratique.

Pour les néophytes, le mot étranglement a une connotation effrayante, ce qui est compréhensible. Si la technique n’est pas maîtrisée, elle entraîne une perte de connaissance. Ceci étant, la plupart des techniques appartenant aux disciplines de combat sont fatales si elles ne sont pas exécutées avec maîtrise.

Les pratiquants ne ressentent pas la même crainte, puisqu’ils savent qu’avec un parfait contrôle, le respect des signes d’abandons et surtout un encadrement « responsable », les étranglements peuvent être travaillés sans danger. Durant toute ma carrière de professeur, je n’ai jamais eu à déplorer d’accident.

S’ils sont d’une redoutable efficacité, là aussi, il faudra du temps et de la patience pour les maîtriser, et c’est tant mieux. La patience et la rigueur sont indispensables pour acquérir précision et finesse. Cela demande énormément de travail et de répétitions, un travail et une patience qui permettront d’acquérir le contrôle nécessaire à une pratique efficace et sans risque.

L’étude des étranglements consiste à apprendre à les appliquer, mais aussi à s’en défendre. Que ce soit contre des étranglements « sommaires » ou très techniques. Aujourd’hui concentrons nous sur l’application.

Les étranglements se réalisent essentiellement à l’aide des membres supérieurs, mais lorsqu’on se trouve au sol, ils peuvent aussi s’appliquer avec les jambes ; exemple, le fameux sankaku-jime.

En judo ils se pratiquent au sol, en « ju-jistu self défense » debout et au sol. On peut les appliquer en étant de face ou placé derrière le partenaire (ou l’adversaire).

Il y a les étranglements sanguins et les étranglements respiratoires.

On trouve aussi deux groupes dans cette famille de techniques. Un premier dans lequel on applique l’étranglement « à mains nues » et un second où l’on utilise les revers d’une veste.

Il faut noter qu’il n’est pas nécessaire de posséder des « bras en acier » pour être efficace, au contraire la finesse des membres et des articulations seront des atouts indiscutables pour se « faufiler ». Il sera essentiellement question de précision.

Comme déjà indiqué, il est indispensable que leur étude soit entourée de précautions. Au signal d’abandon qui consiste à frapper deux fois au sol ou sur une partie du corps avec la paume de la main, ou avec le pied (kime-no-kata), Tori doit immédiatement arrêter son action.

Dans la réalité, il faudra être en mesure de « doser » l’action en question. Celle-ci consistant à mettre hors d’état de nuire l’agresseur, sans forcément que ses jours soient mis en danger, pour éviter de recourir aux techniques de réanimation : les techniques apprises lors des cours de secourisme ou dans l’étude des fameux « kuatsu ».

Pour information, ou pour rappel, les étranglements (shime-waza) appartiennent à la famille des contrôles (katame-waza), dans laquelle on trouve les techniques de clef (kantsetsu-waza) et les techniques d’immobilisation (osae-waza).

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Clés en main…

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« Kantsetsu waza », voilà un mot difficile à prononcer pour nommer ce qu’on appelle les clefs sur les articulations.

Lorsque j’ai débuté le judo, j’étais à l’âge où elles nous étaient interdites, avec raison. Nous les appelions les « arm lock ». Nous nous délections d’employer cette appellation disparue, à défaut de pouvoir pratiquer ces mystérieuses techniques. Nous attendions avec une impatience non feinte, le temps où nous pourrions enfin les appliquer.

D’autres noms nous fascinaient, comme « la planchette japonaise », par exemple, qui désignait le tomoe nage.

Revenons au sujet de cet article.

D’abord un rappel : dans les techniques de contrôle (katame waza), on trouve les clés, les étranglements et les immobilisations.

Aujourd’hui intéressons nous aux clefs.

Voilà un domaine passionnant qui demande beaucoup de patience pour qu’il soit parfaitement maîtrisé. La patience n’est-elle pas une des vertus essentielles (entre autres) que doit posséder un pratiquant d’arts martiaux ?

Elles sont pratiquées sur toutes les articulations, aussi bien sur les membres supérieurs que sur les membres inférieurs : poignet, coude, épaule, hanche, genou, cheville !

On les retrouve debout et au sol. Elles sont utilisées dans la plupart des disciplines de corps à corps et bien évidement en ju-jitsu.

Le principe – expliqué de façon très simple – est de forcer l’articulation dans le sens « qui n’est pas fait pour cela ».

On distingue les clefs en torsion (garami) et les clefs en hyper extension (gatame).

Dans les disciplines (éducatives) où existent des compétitions, lors des combats, certaines sont interdites, à juste titre, parce que trop dangereuses et pouvant laisser de terribles séquelles qui iraient à l’encontre de l’objectif du sport qui est d’améliorer l’être humain. (Construire et non pas détruire !) Cependant elles ne doivent pas être oubliées dans une étude technique.

Dans les méthodes de self défense, on se doit d’étudier les clefs sur l’ensemble des articulations.

Certains mettent en cause leur efficacité parce que leur apprentissage demande du temps et que de fait ils ne les maîtrisent pas.

Cependant, il serait dommage de faire l’impasse. D’une part elles sont terriblement efficaces dans certaines situations et d’autre part elles ont l’avantage de pouvoir éventuellement « graduer » la riposte, ce qui n’est pas le moindre intérêt, sur le plan de la légitime défense et tout simplement sur celui du respect de la vie et de la lutte contre la violence. Parfois une réponse mesurée et adaptée à certaines situations est préférable à une riposte « définitive ».

A l’entraînement, le signal qui signifie l’abandon doit être scrupuleusement respecté.

Beaucoup de ces techniques sont appliquées debout (notamment en ju-jitsu traditionnel) et au sol, mais certaines, comme le célèbre juji gatame, ne sont pratiquées qu’au sol. Même si celle-ci possède une opportunité très spectaculaire qui commence debout, appelée (facilement) « flying juji ».

Personnellement, debout j’ai une préférence pour waki-gatame, qui peut aussi se pratiquer au sol, justement au sol, juji gatame est loin de m’être étrangère.

Concluons en souriant, en affirmant que le kantsetsu-waza : c’est la solution « clé en main ».

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Retour sur les grades

A cartoon illustration of a Karate Black Belt.

Dans les arts martiaux, les grades occupent une place importante. Cependant, il ne faut ni les surévaluer, ni les négliger.

Ils permettent de situer le niveau de maîtrise technique, d’ancienneté dans la pratique, mais aussi d’évaluer le parcours du pratiquant et son engagement envers sa discipline.

Au début, les ceintures de couleur n’existaient pas, seules la blanche, la marron et la noire « tenaient » la veste du judogi. C’est à l’initiative de Maître Kawaishi , lorsqu’au milieu du siècle dernier il prit en main le judo français, que les ceintures de couleur ont fait leur apparition. Il avait bien compris l’esprit européen (et français en particulier) toujours friand de reconnaissances à arborer.

Jigoro Kano, fondateur du judo en 1882, avait souhaité hiérarchiser les valeurs pour l’accession à ces différents niveaux avec le fameux « shin-gi-tai » ! Ce qui signifie : l’esprit, la technique et le corps. L’ordre établi n’est pas le fruit du hasard. L’esprit (le mental) arrive en premier, il nous habite jusqu’au bout. Ensuite, il avait placé la maîtrise technique, que l’on peut démontrer assez longtemps et enseigner tout le temps. C’est assez logiquement que le corps (le physique) arrive en dernier, avec l’âge, même si on en prend soin, le déclin est inéluctable. Ce qui signifie que le grade n’est pas seulement le reflet de la valeur technique et physique, mais aussi d’un engagement dans la durée. Lorsque quelqu’un possède un grade supérieur au vôtre, c’est sans doute qu’avec le temps il a accompli quelque chose de plus.

L’expérience me fait dire qu’il y a deux ceintures très importantes : la ceinture jaune et la ceinture noire. La ceinture jaune, tout simplement parce que c’est la première et la ceinture noire parce qu’elle représente un symbole très fort. Une sorte de Graal !

Pourtant il ne faut pas oublier qu’elle n’est pas une finalité, mais simplement une étape importante. Elle est une belle récompense, la preuve d’une pratique qui s’est inscrite dans la durée, synonyme de rigueur.

Cependant, elle doit représenter aussi un contrat signé avec l’art martial que l’on pratique et… avec soi-même. Un engagement qui impose le devoir de ne jamais abandonner les tatamis, sauf cas de force majeur.

Les grades sont aussi des encouragements à ne pas lâcher la pratique et même à la renforcer dans la dernière ligne droite de chaque préparation.

Dans l’effectif d’un dojo, l’idéal est de retrouver une diversité de grades. Si un club « n’affiche » que des ceintures foncées, on peut se poser la question de la place réservée aux débutants. A l’inverse, s’ils n’y a pas de hauts grades, il est légitime de se demander si l’enseignement est adapté pour accueillir les « ceintures noires de demain ».

Certains assimilent les grades à des « hochets », ou bien leur donnent une connotation militaire et les négligent. Il est tout à fait possible de pratiquer et de s’en passer, mais nous sommes dans un système où ils existent et nous devons les accepter et les respecter. Même si quelquefois on peut s’interroger sur quelques « distributions » cocasses. Parfois, il y a des grades attribués de façon « fantaisiste » ou encore auto attribués.

La valeur du grade prend vraiment son sens par rapport à l’organisme ou à la personne qui vous le décerne. De toute façon, arrivé à un certain niveau, le pratiquant ne peut pas tricher avec lui-même.

Quoiqu’il en soit, l’obtention d’un grade (mérité) provoque une grande satisfaction pour l’ensemble des pratiquants d’arts martiaux.

Même si le grade ne se limitait qu’à procurer une motivation supplémentaire pour poursuivre la pratique, son utilité serait déjà démontrée.

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Atemi waza

Aujourd’hui revenons sur l’atemi-waza (le travail des coups), l’une des trois composantes du ju-jitsu.

Pour rappel, les deux autres étant le nage-waza (le travail des projections) et le katame-waza (le travail des contrôles).

En ju-jitsu, l’atemi-waza possède la particularité de ne pas être une finalité, mais un moyen d’y parvenir ; un « coup porté » permet un déséquilibre favorisant l’enchaînement avec une projection ou un contrôle, ou encore les deux.

Logiquement il compose la première partie d’une défense, puisqu’il s’utilise à distance. Un « enchaînement type », se déroulera de la façon suivante : coup, projection et contrôle. Mais ce n’est pas une règle absolue.

L’étude de l’atemi-waza est importante pour trois raisons.

D’abord pour son efficacité dans le travail à distance. Il est souhaitable d’avoir une bonne maîtrise dans ce domaine aussi bien pour l’utiliser que pour s’en défendre. Si mon partenaire ne maîtrise pas bien les coups, j’ai peu de chance d’apprendre à me défendre contre ceux-ci.

Ensuite, sa pratique est intéressante sur le plan physique, elle permet de travailler la souplesse, la vitesse, et de parfaire sa condition physique. Sans oublier l’aspect ludique que l’on trouvera pour lorsque la pratique s’effectue avec un parfait état d’esprit.

Enfin, cette pratique procurera ce que l’on appelle le « sens du combat » : le coup d’œil qui favorise les automatismes d’attaques et de défenses. Ce sens du combat qui peut se transposer d’une forme de science à une autre. Pour être précis, quelqu’un qui a des compétences dans le travail à distance, à de fortes chances d’en posséder aussi dans le corps à corps. Savoir saisir le bon moment, l’opportunité.

Dans l’enseignement du Ju-jitsu l’atemi-waza est donc incontournable. Jigoro Kano l’avait inclus dans certains katas et créer quelques enchaînements.

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Self défense

Quelle est la méthode de self défense la plus efficace ? Il faut combien de temps pour appendre à se défendre ? Voilà deux questions récurrentes.

Je pense avoir certaines compétences pour aborder le sujet. Grâce à une longévité dans la pratique et dans l’enseignement, mais aussi avec un nombre important de situations au cours desquelles des élèves pratiquants de ju-jitsu se sont sortis d’affaire.

Même si on parle de plus en plus de violence et du besoin de se rassurer au travers de la pratique d’une méthode d’auto défense, le sujet n’est pas nouveau. Il n’y a qu’à se référer au nombre important de parutions qui y ont été consacrés depuis que l’imprimerie existe. (D’ailleurs, en image d’illustration, on retrouve un ouvrage écrit par une personne légendaire et qui présente une méthode très en vogue dans les années 1950.) Maintenant se sont davantage les vidéos qui pullulent sur les réseaux.

Dans ces vidéos il est rassurant de ne pas trouver que des « spécialistes » qui se targuent d’être les meilleurs experts dans la meilleure méthode. Heureusement, il y a des gens sérieux qui ont des analyses pleine de bon sens. Je n’oublie pas les défaitistes qui affirment que ça ne sert à rien de pratiquer un méthode de self défense, que la rue n’est pas le dojo. À ça, je répond que c’est heureux !

Avant tout, il faut préciser aux néophytes que si l’efficacité d’une méthode ne dépend pas que de son nom (même s’il est à la mode), mais de sa composition technique. Elle dépend aussi des compétences du professeur et de certaines qualités émanant des élèves, l’assiduité en premier.

Revenons sur ces trois critères.

D’abord le contenu technique de la méthode. Il faut que tous les aspects soient travaillés : à distance, en corps à corps, debout et au sol, à mains nues ou bien armées, contre un ou plusieurs adversaires.

Ensuite les compétences du professeur. Sur le plan technique évidemment, mais plus encore sur ses compétences pédagogiques. Maîtriser est une chose, transmettre efficacement en est une autre. Transmettre la technique mais aussi les bons comportements.

Enfin, les qualités de l’élève. On a tous un potentiel plus ou moins développé. Ce potentiel grandira au fur et à mesure de la pratique, sans pour autant atteindre l’invincibilité. L’efficacité s’obtient avec la régularité dans une pratique « au long cours », c’est pour cette raison que l’enseignement doit être attractif, mais aussi ( et surtout ) que l’élève soit motivé et qu’il fasse preuve de persévérance.

Quant aux exemples de personnes qui se sont sortis de mauvaises situations, ils sont nombreux et représentent un panel très divers. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, de tous niveaux et face à des situations très diverses d’agressions.

Pour conclure sur le sujet il faut rappeler que la meilleure victoire est celle que l’on obtient sans combattre, que l’issue d’une agression n’est jamais connue d’avance et réserve davantage de mauvaises surprises que de bonnes. A moins d’y être confronté régulièrement, on ignore comment on réagira dans ces moments où le stress est à son paroxysme.

Quoiqu’il en soit, une pratique régulière sera bénéfique dans le domaine de l’efficacité, mais aussi pour le développement de qualités physiques et mentales. Une bonne condition physique et un bon mental ne seront pas inutiles sur le plan purement utilitaire et tout simplement pour se sentir bien dans sa tête et dans son corps au quotidien.

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Nage waza, les projections…

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Aujourd’hui on revient sur les projections, un secteur majeur du ju-jitsu.

Rédhibitoire pour certains à cause des chutes, le « nage-waza » (technique de projections) offre pourtant beaucoup d’intérêts, comme nous le verrons un peu plus loin.

D’autres font des choix différents ou ne s’y intéressent pas, à moins qu’une mauvaise expérience soit à l’origine de ce désintérêt.

C’est pour cette raison que l’apprentissage des projections va avec celui du « savoir chuter ». Si mon partenaire ne maîtrise pas les chutes, je ne peux pas pratiquer les projections. Cet apprentissage doit être progressif pour ne pas décourager.

Apprendre à bien chuter sera utile dans un dojo, mais aussi en dehors (sans forcément que ce soit tous les jours, on ne passe pas nos journées à tomber).

Au niveau des projections, des différences existent dans les opportunités et les finalités, selon que l’on pratique le judo ou le ju-jitsu, mais la forme de corps est la même et les méthodes d’entraînements sont proches.

Sur le plan purement utilitaire, il serait dommage de s’en passer, sur certaines formes d’agressions, l’utilisation du nage-waza est redoutable, parfois même indispensable, sur des saisies par exemple, mais pas que.

Le nage-waza demande beaucoup de travail, de répétitions et donc de patience (c’est peut-être pour cela qu’existe parfois un désintérêt), mais en supplément de la plus-value en termes d’efficacité, on découvrira une véritable science du combat, une science qui répond à des principes techniques très fins, à une utilisation des déséquilibres qui nécessite une parfaite coordination. La fluidité dans « le geste juste au moment juste » sera déterminante; soit en utilisant directement l’énergie du partenaire (ou de l’adversaire) ou après l’avoir fait réagir, avec un coup (en ju-jitsu), ou avec le principe « action réaction » (principalement en judo) .

Tous ces mécanismes qui entrent en jeu sont plus naturels que l’on croit, simplement tant que nous ne les avons pas utilisés, nous l’ignorons, il faut juste les mettre au grand jour à l’aide d’un révélateur. Ce révélateur, c’est le professeur et ses qualités de pédagogue.

Enfin, on découvrira un monde dans lequel la recherche de la finesse technique, l’esthétisme et l’expression corporelle ont toutes leurs places. Elles seront autant de plaisirs procurés. Certaines projections sont magnifiques dans leur exécution.

N’oublions pas les bienfaits physiques procurés par une pratique régulière de ce secteur : un développement musculaire naturel, une bonne condition physique et bien d’autres qualités.

Il est faux d’affirmer que tout le monde ne possède pas la capacité d’exceller dans ce domaine, c’est davantage le manque d’envie et/ou de volonté qui limite les progrès.

Au travail !

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Attitude au dojo…

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Il n’est jamais inutile de rappeler que le dojo est un lieu d’étude, de vie en société et dans lequel certaines règles doivent être respectées, pour le bien être de tous, pour une vie en bonne harmonie, loin des incivilités et de cette violence qui ne cessent de gangrener notre société.

Tout d’abord, l’hygiène. Les tenues doivent être propres, les corps aussi, cela semble être la moindre des choses, mais parfois…Les ongles sont coupés courts. On ne doit pas marcher pieds nus en dehors du tatami. N’oublions pas que lors du travail au sol, nous sommes très près…du sol !

Ensuite la politesse. On doit saluer le tatami avant d’y monter et – normalement – le dojo en y entrant. Il en est de même avec les partenaires successifs, avant et après chaque changement. Qui plus est dans une tenue correcte et de ne pas se contenter d’un vague mouvement de la tête. On ne retire pas sa veste de judogi sur le tatami.

On devra être ponctuel, sauf cas de force majeure et/ou impératif professionnel. Dans ce cas, on informe le professeur. Si on est en retard, on attend sur le bord du tatami un signal de celui-ci avant d’y monter. Lorsqu’on doit sortir, on l’informe également.

On évite de parler trop fort, on communique discrètement avec son partenaire et bien évidemment on ne s’exprime pas et on ne se désaltère pas pendant les explications du professeur.

L’entraide mutuelle est sacrée, les plus anciens aident les moins anciens. On doit se souvenir que l’on a tous été débutant. Et dés la deuxième séance, on en connaît un peu plus que celui qui en est à sa première leçon, on peut déjà lui donner quelques conseils.

Enfin, on est attentif aux informations données par le professeur. Notamment lorsqu’il signifie, à l’aide du « maté », la fin d’un randori. C’est une question de respect des consignes, du partenaire, mais aussi de sécurité.

Toutes ces recommandations ont pour unique but que se déroulent les cours dans une parfaite harmonie. La recherche de l’acquisition et du perfectionnement technique ainsi que l’engagement physique doivent se dérouler dans la convivialité. Aucune violence ne doit être tolérée. Combattre la brutalité que certains portent en eux sera un des objectifs.

Pour le professeur, il ne s’agit pas d’être un « Père Fouettard », mais simplement d’assumer son rôle d’éducateur. Avec un minimum de rigueur, cette rigueur qui impose quelques efforts, on ne fait pas n’importe quoi, n’importe comment, ce qui permet un mieux vivre en société et donc de pratiquer, de progresser et de se défouler physiquement et mentalement, tout en prenant du plaisir : nous sommes également dans le loisir.

En toute chose, il faut chercher le bon équilibre. Une discipline de fer ne fera que rebuter, à l’inverse le laxisme sera contre-productif et dangereux, encore davantage dans nos disciplines.

C’est au professeur que revient la responsabilité de diffuser ces consignes et ces recommandations (et de les faire respecter).

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Ippon Seoi Nage

Retour sur la technique pour la parution hebdomadaire.

Le but de cet article n’est pas de développer une étude approfondie de cette magnifique technique, mais d’expliquer simplement les raisons de mon engouement pour une projection qui est l’une des plus emblématiques du ju-jitsu et du judo.

Elle est utilisée aussi bien en self défense qu’en compétition. J’ai une affection particulière pour elle, et cela pour plusieurs raisons.

D’abord, c’est une des premières projections que l’on apprend, bien qu’elle ne se réalise pas aussi facilement que l’on puisse l’imaginer, lorsque nous la regardons exécutée par un spécialiste.

Répondant à des principes naturels, si elle est bien expliquée, son apprentissage se fait assez rapidement ; elle offre une des premières satisfactions aux nouveaux étudiants. De plus, Tori (celui qui exécute), même s’il est encore balbutiant, ne rencontre pas de difficultés particulières pour bien retenir Uke (celui qui subit) dans la chute, ce qui est rassurant et sécurisant. L’aspect spectaculaire ne retire rien au plaisir de la réaliser ou de la voir bien exécutée.

Son principe de base consiste tout simplement à faire passer le partenaire « par-dessus », en se servant de son déséquilibre avant. Celui-ci étant obtenu de différentes manières, selon que l’on se situe en ju-jitsu ou en judo. Comme dans toutes les techniques il existe des variantes, elles sont fonction du gabarit, mais aussi de l’influence du professeur.

En ju-jitsu, elle est utilisée aussi bien sur des attaques venant de face, comme un coup « en marteau » en direction de la tête, que sur des saisies arrière, à la gorge ou au-dessus des bras. En judo le nombre des opportunités, combinaisons, contres, liaisons debout sol est colossal.

Ippon Seoi Nage, en règle générale, est pratiqué par des plus petits sur des plus grands, puisque passer sous le centre de gravité est la première des conditions. Bien exécutée, cette projection ne demande pas d’efforts physiques particuliers, ce qui par ailleurs doit être la condition de toutes les techniques, puisqu’à l’origine la non opposition, l’utilisation de la force de l’adversaire et l’utilisation la plus rationnelle de notre énergie, sont les fondements du ju-jitsu. On pourrait facilement prendre Ippon Seoi Nage comme modèle pour expliquer des principes parfois négligés et même oubliés.

Si je l’apprécie particulièrement, c’est aussi parce qu’elle était l’un des redoutables « spéciaux » de mon père qui, lors de ses exploits sportifs, a terrassé plus d’un grand grâce à elle. Par atavisme, mimétisme et avec un excellent apprentissage, elle est devenue l’une de mes projections favorites.

Les photos d’illustration sont issues d’un magnifique ouvrage paru à la fin des années 1950. Ce livre à la couverture un peu « fatiguée », je le garde précieusement. J’y revendrai. Il présente la fabuleuse histoire du judo mais aussi du ju-jitsu, en l’occurrence leur indissociabilité qui parfois échappe aux moins bien informés. (Le seoi nage est exécuté par Isao Inokuma, un immense champion dans les années 1960, champion olympique en 1964 à Tokyo.)

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