Je me souviens d’une époque assez lointaine où, dans certains dojos, à la fin des séances de judo on faisait « de la self ». En guise de retour au calme, pour rester collé à l’histoire ou pour se donner bonne conscience.
On ne disait pas self défense, ni ju-jitsu, celui-ci avait presque disparu. Le judo avait éclipsé la discipline des samouraïs ! On disait « la self ».
Quelques professeurs n’avaient pas oublié l’histoire, ce qu’ils lui devaient, ils n’ignoraient pas que beaucoup de gens poussaient les portes d’un dojo pour apprendre à se défendre. Mais, exception faite de ces quelques minutes, l’aspect utilitaire n’était plus vraiment à l’ordre du jour, seuls les mordus du judo fréquentaient les tatamis.
Ces quelques moments de « self », en fin de cours ne satisfaisaient pas grand monde ; ni ceux qui étaient motivés par l’utilitaire, ni les judokas qui n’en voyaient pas l’utilité, c’était mon cas.
Adolescent, ces quelques techniques de « self » m’ennuyaient, cela manquait de dynamisme, il ne s’agissait que de la répétition statique de quelques clefs ! Je me retrouvais davantage dans le plaisir des randoris.
Ensuite, le karaté est arrivé et il a attiré les personnes en mal de self défense avant de se tourner, comme son « grand frère » le judo, un peu trop vers la compétition. Une fois de plus, ceux qui souhaitaient apprendre à se défendre ne trouvaient pas ce qu’ils étaient venus chercher.
Il n’y avait pas vraiment de cours de self défense, ni de méthodes.
C’est en 1970 que le Ju-Jitsu a été réanimé avec une forte dose d’atemi-waza, en modernisant ce secteur, en le revalorisant. Et surtout en faisant du Ju-Jitsu une entité, pas simplement quelques minutes en fin de cours.
Avec la revalorisation de l’atemi-waza j’ai tout de suite remarqué le parallèle qui existe entre les coups et les projections, donc leur compatibilité et de fait leur efficacité. Une pratique plus fluide, avec davantage de déplacements ajoutait du plaisir sur les tatamis et de la crédibilité.
Cela ne m’a pas empêché, dans ma pratique et mon enseignement, de conserver toutes les traditions attachées aux arts martiaux : la tenue, les principes, les traditions et des valeurs qui ne sont pas négociables. L’âme de cet art, pour qu’il reste aussi une méthode d’éducation physiques et mentales.
De la tenue, dans tous les sens du terme. De l’éducation et non pas de la destruction !
En conclusion, cette « self » avait le mérite d’exister, ne serait que pour donner l’envie d’aller plus loin.
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(Il n’est pas inutile de revenir régulièrement sur les fondamentaux techniques, mais aussi éthiques !)
Après la « forme de corps » la semaine dernière, voilà une autre qualité prisée par les pratiquants d’arts martiaux et des disciplines de combat.
Suite à un échange qui m’a été récemment rapporté, j’ai jugé utile de proposer à nouveau un article récemment publié.
Pour les samouraïs il s’agissait d’une valeur qui n’avait pas de prix ; presque systématiquement sa perte conduisait à l’acte ultime : le hara-kiri ou seppuku.
Cette semaine on revient sur les katas.
Cette semaine, l’article prend la forme d’un bloc-notes qui rassemble quelques réflexions.
Bien qu’il soit facilement abordable, le ju-jitsu rassemble un nombre impressionnant de techniques et, de fait, une multitude d’enchaînements, de combinaisons et de contre prises. C’est à la fois son inconvénient et son avantage, avantage qui l’emporte facilement sur l’inconvénient.