D comme DOJO (2ème partie) Le Central (ou dojo fédéral)

« Voici le deuxième volet concernant la lettre D de mon dictionnaire des arts martiaux. J’ai choisi le mot       «dojo ». Comment pouvait-il en être différemment, dans la mesure où il s’agit de lieux où j’ai du passer le plus de temps ? Dans cette série d’articles consacrés à cette quatrième lettre de l’alphabet,  j’évoque ceux qui, par leur histoire et la puissance émotionnelle qu’ils ont exercé sur moi, ont marqué pour toujours ma mémoire.

Aujourd’hui, c’est du « Central » dont il est question.

Nous sommes au tout début des années 1970, les entraînements de l’équipe de France de judo sont loin de bénéficier des infrastructures actuelles ; les judokas de l’élite s’entraînent principalement dans leur club respectif et quelques rassemblements se font dans le tout petit dojo de ce qui s’appelait l’INS (Institut nationale des sports) avant de devenir l’INSEP (Institut nationale du sport, de l’expertise et de la performance). Sous la direction d’Henri Courtine le judo français prend un nouvel envol. Parmi les mesures indispensables il fallait mettre à la disposition des champions – et futurs champions – un « site » qui permettrait de les rassembler régulièrement pour des entraînements à la hauteur des ambitions nationales.

Dans le Xème arrondissement de Paris un très vaste local appelé « Le Central » était disponible. Cet endroit, fermé en 1968, avait ouvert ses portes au début des années 1920 ; un ancien hangar avait été transformé en salle de sports. Ce sont principalement des cours et des combats de boxe anglaise qui s’y déroulaient. Il y eut ensuite l’époque du catch, avec des combats mémorables durant lesquelles « l’Ange Blanc » terrassait le « Bourreau de Béthune », ou le « Boucher de la Villette », tout un programme !

Situé au 57 de la rue du Faubourg Saint-Denis dans un quartier populaire de Paris, qui ressemblait  à celui de la Rue des Martyrs (se reporter à la première partie du dictionnaire consacré à la lettre D comme Dojo) le Central a donc été repris quelques mois après sa fermeture par la fédération de judo qui pouvait ainsi offrir aux membres de l’équipe nationale un lieu d’entraînement qui, par sa surface, correspondait aux attentes. L’expérience n’a pas duré très longtemps, jusqu’en 1975, je crois. Il était compliqué d’y accéder pour des raisons de circulation, de stationnement, et puis la vétusté du lieu imposait beaucoup d’entretien. Avant d’intégrer définitivement l’INSEP, les entraînements de l’équipe de France ont fait un crochet de quelques mois au Cercle Hoche dans le VIIIème arrondissement ; cette expérience ne s’est pas inscrite dans la durée.

Il n’y a pas que l’attachement que j’avais pour ce quartier populaire devenu maintenant très « bobo », qui anime mes souvenirs. A cette époque les entraînements de l’équipe nationale étaient ouverts à tous les licenciés à partir de la ceinture marron. Il y avait notamment une séance chaque mercredi soir durant laquelle pouvaient s’affronter des anonymes aux champions de l’époque qui s’appelaient Coche, Auffray, Rougé, Mounier, Brondani, Vial, Feist, Noris, Clément, et bien d’autres encore. Les meilleures équipes du Monde ont foulé ce tatami, un des premiers, si ce n’est le premier, a être monté sur ressorts ! D’éminentes personnalités (champions, experts, etc.) sont venues faire profiter, à des centaines de judokas, de leur expérience et de leurs connaissances.
Etant affecté au Bataillon de Joinville (basé à Fontainebleau, comme son nom ne l’indique pas) pendant mon service national, avec l’équipe militaire nous nous y rendions quatre fois par semaine. Autre avantage personnel, après mes douze mois d’armée, comme j’habitais un logement contigu au dojo de la rue des Martyrs, dans l’arrondissement voisin, je pouvais me rendre à pied aux entraînements ; pour un parisien, ce n’est pas négligeable. Cela me donnait l’occasion de traverser plusieurs fois par semaine une partie de ces deux arrondissements que j’appréciais. Et puis ce local chargé d’histoire avait une architecture impressionnante (qui ressemblait étrangement à celle du dojo de la Rue des Martyrs).

Enfin, et c’est quand même pour moi l’essentiel, j’y ai appris énormément et je m’y suis renforcé considérablement physiquement et mentalement.

Aujourd’hui, dans ce quartier en pleine mutation, c’est une école de théâtre qui occupe les lieux.

eric@pariset.net

D comme Dojo, première partie

Nous continuons la déclinaison de mon alphabet avec aujourd’hui la première partie de le la lettre D. D comme dojo, bien naturellement.

Aujourd’hui, c’est la première partie de l’article que je propose. En effet, en plus de ma conception du dojo de manière générale, j’ai choisi trois lieux qui m’ont particulièrement marqué. Je commencerai avec la Club Français de la Rue des Martyrs.

Un DOJO n’est pas simplement un lieu où l’on transpire, c’est aussi un endroit dans lequel on s’inspire. Il doit y régner une ambiance particulière qui n’est pas celle d’une simple salle de sports, on doit y apprendre « quelque chose » de plus. C’est là que l’on est censé « trouver sa voie », celle qui permettra de s’élever sur un plan technique et mental, celle qui apprendra la vie. Les arts martiaux, enseignés et pratiqués comme ils doivent l’être, ne sont-ils pas considérés comme une « Ecole de vie » ? Malheureusement, ce n’est pas toujours la réalité quand certaines conditions n’existent pas. D’abord, et nous n’y pouvons rien, certains équipements municipaux sont destinés à plusieurs disciplines sportives autres que les arts martiaux, privant ainsi le lieu d’une certaine identité propice à l’étude bien particulière de nos disciplines. Ensuite il y a ce que l’on peut appeler « l’esprit », celui qui est inculqué par le « maitre des lieux », à savoir le professeur. C’est à lui qu’incombe la responsabilité de faire en sorte que les élèves trouvent leur voie, sur le plan technique, mais aussi sur le plan mental, comme indiqué plus haut. Trouver la voie, c’est trouver le chemin qui mène aux progrès techniques et à la sagesse comportementale. Faire de sa pratique quelque chose d’utile pour soi et pour les autres. Il ne suffit pas d’afficher le code moral sur un mur du dojo et être ainsi en paix avec sa conscience, il faut aussi le faire respecter. Le dojo, n’est pas un endroit dans lequel seront vénérés quelques divinités que ce soit, mais simplement un lieu où l’on applique les principes de politesse élémentaire et de respect vis-à-vis du professeur et des autres élèves, du plus gradé au moins gradé, mais aussi de l’espace dans lequel nous étudions. Le dojo est un lieu d’étude et de partage.

Des dojos, j’en ai fréquentés beaucoup, que ce soit pour me former, m’entraîner, transpirer et bien sûr enseigner. Dans le cadre du dictionnaire personnel dont l’ébauche est proposée au travers de ce blog et sur les réseaux, j’évoquerai les lieux qui m’ont le plus marqué.

Dans la « version longue » de ce dictionnaire qui devrait prendre la forme d’un livre, il sera aussi question de ceux dans lesquels j’ai exercé mon métier.

Dans cette première version, j’en évoquerai trois. En tout premier le « Club Français », le dojo de la Rue des Martyrs. J’entretiens le suspense concernant les deux autres que vous pourrez découvrir au fil des semaines.

Le Club Français (la Rue des Martyrs, la photo d’illustration représente le dojo dans les années 1950)

Le premier qui s’impose naturellement est donc celui de la Rue des Martyrs, « Le Club français ». Il a été fondé juste à la fin de la seconde guerre mondiale par Roger Piquemal, professeur de sports converti au judo. C’est dans cet endroit que j’ai revêtu mon premier judogi, que j’y ai appris mon métier et que j’ai commencé à l’exercer. Une décennie plus tôt, c’est là qu’en 1947 mon père, Bernard, avait commencé lui aussi le judo, intrigué et fasciné qu’il était, comme beaucoup de ses contemporains, par cette lutte mystérieuse venue d’orient et grâce à laquelle les petits pouvaient faire tomber les plus grands.

Situé en plein centre de Paris, tout en bas d’une rue qui traverse une partie du IXème arrondissement pour se terminer presqu’au pied du Sacré-Cœur, le « Club Français » a été l’un des premiers clubs de judo et de ju-jitsu (on y enseignait également la self-défense !), mais aussi l’un des plus célèbres dans les années 1950 et 1960. Pas seulement au niveau des résultats sportifs mais aussi par rapport à la qualité de l’enseignement et aux nombreuses personnalités qui y ont été reçues et qui ont dispensé leurs connaissances, bref, pour l’ensemble de son histoire. Au commencement, il se nommait le Club Français de jiu-jitsu.

Il faut savoir qu’au début du XXème siècle, ce vaste local avait déjà été une salle de sport. Ce lieu qui devait être, à l’origine, une cour commune à plusieurs bâtiments, puis un lavoir et/ou des écuries, est devenu   un endroit où l’on pratiquait de la « Culture Physique », mais aussi de la Boxe anglaise. Il n’y pas si longtemps le nouveau propriétaire de cette salle, devenue maintenant un cabinet d’architecte, a découvert qu’un ring de boxe y était installé au beau milieu. Quatre plaques de fer rivées dans le plancher et sur lesquelles devaient être fixés les poteaux qui formaient le carré en attestent.

Au milieu des années 1980, alors que j’étais en plein cours, un beau matin une dame âgée qui se promenait dans le quartier, m’informait qu’avant la seconde guerre mondiale la salle appartenait à la famille Rothschild et que tout au fond, dans un espace clos, pour ne pas dire caché, étaient dispensés les tous premiers cours de judo en France. Cette dame m’avait également appris que l’appartement qui surplombait le dojo, et qui avait été successivement celui de Roger Piquemal, puis celui de mon père, était une mezzanine qui accueillait les visiteurs. De cet endroit ils pouvaient assister aux entraînements en toute convivialité.

Fermé durant le second conflit mondial, le local a été repris par Roger Piquemal en 1944. Il en a assuré la direction jusqu’en 1954, l’année de sa disparition. A compter de cette date, c’est mon père qui a pris le relais – et de quelle manière – jusqu’à sa propre disparition en 2004.

A partir de l’âge de cinq ans j’y ai commencé une pratique avec plus ou moins d’enthousiasme. Comme il s’agissait du métier de mon père et que je devais y voir une certaine forme d’obligation, je dois avouer que la passion n’était pas toujours au rendez-vous de ces séances, même si je faisais preuve de régularité.

Ce n’est qu’à l’adolescence que la plus grande partie de ma formation s’est faite. J’y ai exercé mon métier jusqu’en 1989 ; ensuite, j’ai souhaité prendre mon indépendance.

La « Rue des Martyrs » a fermé ses portes en 2005, un an après la disparition de mon père. Ne bénéficiant pas d’issue de secours et devant l’impossibilité d’en créer une, il a fallu se faire une raison, face à des mesures de sécurité de plus en plus importantes, le lieu ne pouvait plus recevoir du public. Plusieurs années après, je ne peux l’oublier.

Aujourd’hui, c’est une talentueux architecte qui a investi les lieux et installé ses bureaux et son appartement.

Comme indiqué plus haut, dans une version longue, je ne manquerai pas d’y ajouter la liste des personnalités qui ont fréquenté ce dojo, mais aussi celles qui ont dispensé leur savoir dans cet endroit qui mérite le qualificatif de « mythique ».

eric@pariset.net

C comme Henri Courtine…

C comme Henri Courtine

Nous en sommes à la troisième lettre de mon dictionnaire des arts martiaux. Dictionnaire que j’ai le plaisir de vous proposer à nouveau.

Une bonne façon de faire passer ce temps long, tout du moins, je l’espère ! A ce propos,  si mes comptes sont exacts, à raison d’une lettre par jour, nous finirons l’alphabet deux jours après notre « libération ».

Aujourd’hui, c’est donc la lettre C que j’aborde : C comme Henri Courtine.

Ce choix s’impose à moi, sans la moindre des hésitations. Parmi les personnalités qui auront marqué mon existence, Monsieur Courtine arrive en deuxième position, juste après mon père. Ils étaient d’ailleurs les meilleurs amis dans la vie et les meilleurs adversaires sur les tatamis le temps de leurs carrières de compétiteurs. Il est difficile d’évoquer l’un sans l’autre. Avec dans la vie des personnalités aussi différentes que complémentaires et sur les tatamis des styles qui l’étaient tout autant, ils ont marqué le judo français.

Retracer l’exceptionnelle carrière de Monsieur Courtine se fera aisément par l’intermédiaire d’Internet ; au travers de ces lignes mon intention est de dresser un portrait dans lequel seront évoqués les sentiments personnels que j’éprouve pour une personne à laquelle je voue admiration et respect. La reconnaissance étant une denrée assez rare, je ne m’en prive pas.

On peut quand même brièvement rappeler l’impressionnant parcours de cet homme. D’abord sur le plan sportif ; il a été champion de France toutes catégories, champion d’Europe, demi-finaliste au 1er championnat du Monde toutes catégories à Tokyo en 1956. Ensuite durant une exceptionnelle carrière de dirigeant, il a été entraîneur national, Directeur technique national puis Directeur de la FFJDA, Directeur sportif de la Fédération internationale de judo et Directeur du haut-niveau au Comité National Olympique Français. Il a été nommé au grade exceptionnel de 10ème dan en 2008 ce qui fait de lui le plus haut gradé français. Avec mon père ils ont été les premiers 6ème dan en 1968, il en fût de même pour chaque dan jusqu’au 9ème qui leur avait été décerné en 1994 (dix ans avant la disparition de mon père).

Etant forcément mon aîné, mais aussi vis-à-vis de la hiérarchie et surtout par rapport au respect qui est le mien à son égard, le mot amitié me semble quelque peu familier. Pourtant, grâce à la complicité qui le liait à mon père, j’ai eu la chance de très bien le connaître, mais pour moi il est Monsieur Courtine, bien qu’il soit aussi un peu un « père spirituel ».

Les qualificatifs concernant cet homme au charisme exceptionnel et qui me viennent à l’esprit sont nombreux. L’intelligence, bien sûr, l’élégance – dans la vie et sur les tatamis -, la rigueur avec lui-même et envers les autres, le travail, le courage et un redoutable esprit d’organisation. Il est pourvu d’un bon sens qui évite toute perte de temps et, justement, d’une capacité d’analyse et d’action aussi rapide qu’étaient ses balayages sur les tatamis. C’est aussi une personne pleine d’humour, et un affectif qui a su préserver sa vie personnelle.

Depuis ma plus petite enfance, j’ai eu la chance de le côtoyer à de nombreuses reprises dans le cadre du judo, mais pas uniquement ! La première fois c’était au célèbre « Camp du Golf bleu » à Beauvallon-sur-Mer, dans le Var. J’avais trois ans. Avec mon père, il dirigeait le stage international de judo durant lequel, pendant deux mois, les meilleurs judokas mondiaux se retrouvaient avec leur famille pour des sessions d’une semaine, ou plus, dans ce centre qui était également un lieu de villégiature. Les familles Courtine et Pariset s’y installaient pour tout l’été et cela jusqu’à ma préadolescence. Nous prenions les repas ensemble et l’hébergement se faisait dans des paillottes, presque mitoyennes, au confort pour le moins spartiate ; toutes ces conditions de promiscuité créaient des liens privilégiés.

Ensuite, j’ai effectué mon entrée dans le secondaire à l’Ecole Saint-Michel de Picpus dans le XIIème arrondissement de Paris ; parmi les activités sportives proposées, il y avait le judo et le professeur était…Henri Courtine. C’est sous son contrôle que j’ai obtenu ma ceinture marron. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir sur son passeport sportif les ceintures de couleurs signées par Bernard Pariset et Henri Courtine. Ils étaient aussi d’excellents professeurs à la pédagogie innée.

Plus tard, et durant plusieurs saisons j’ai été licencié au prestigieux Stade Français; il occupait la présidence de la section judo  et entre autres bons souvenirs qui ont marqué cette période du début des années 1980, il y a celui d’une finale aux championnats de France par équipes « excellence ».

Enfin, alors qu’il était directeur de la FFJDA, j’ai participé à différents travaux (stages, supports techniques, commissions techniques, etc.) pour la réhabilitation du ju-jitsu. Il avait donné « carte blanche » à mon père lorsque celui-ci, au début des années 1970, lui avait exposé le projet de la mise en place d’une méthode de self-défense (l’atemi ju-jitsu), en parallèle de la progression française de judo. Initiative qui avait pour objectif d’ajouter une corde à l’arc des professeurs. On connait malheureusement la suite qui (n’) a (pas) été donnée à cette entreprise, mais ceci est une autre histoire.

Aujourd’hui, tout en restant très attentif à ce qui se passe dans le monde du judo, il prend une retraite que l’on ne peut qualifier que de « méritée », sur les bords de la Méditerranée, dans le magnifique département du Var, une région pour laquelle, lui et moi vouons la même passion.

Au travers de ces quelques lignes, je suis très fier d’exposer l’admiration qui est la mienne à son égard. Il y a des hommes qui marquent l’histoire, mais qui par leur exemplarité occupent aussi une part importante de votre vie.

eric@pariset.net   

B comme Bercy…

En ce moment, nous sommes beaucoup à « bénéficier » d’un peu de temps libre ; voilà de quoi l’occuper avec la lettre B de mon dictionnaire des arts martiaux que je me permets de vous proposer à nouveau depuis lundi dernier.

Donc, j’ai choisi B comme Bercy. Je n’ignore pas que cette salle, inaugurée en 1984, a troqué son appellation – « qui sentait bon un quartier populaire de la capitale » – pour une autre largement plus commerciale. En vérité son nom originel était « le Palais-Omnisport de Paris-Bercy », le POBP.

Dans cette salle, à la capacité d’accueil de 14 000 spectateurs, se déroule tous les ans le « festival des arts martiaux » organisé par le magazine Karaté-Bushido. C’est en 1986 qu’à eu lieu la première édition du plus grand rendez-vous mondial en la matière.

En 35 éditions  tous les arts martiaux ont été présentés, les meilleurs experts et champions ont foulé le tatami de cette salle qui devient, le temps d’une soirée, le plus grand dojo du Monde.

Cet endroit a sa place dans mon dictionnaire parce qu’il revêt un caractère particulier ; il a fait partie des grands moments de ma carrière, il a contribué à affirmer ma notoriété.  J’ai eu la chance et l’honneur d’y démontrer le ju-jitsu à douze reprises.

Mes « années-Bercy » qui vont de 1986 à 2005 (ma dernière participation), m’ont permis de rassembler de nombreux souvenirs que je qualifierai d’excellents.

Pour être prêt le jour J, la préparation commence bien avant la date de l’évènement. Il y a d’abord les heures de répétitions sur plusieurs semaines, après avoir travaillé longuement sur la conception de la démonstration.  Il faut à chaque fois faire preuve d’originalité tout en présentant un ju-jitsu efficace et spectaculaire. Le stress  monte en puissance au fur et à mesure que la date approche ; il y a la hantise qu’un problème surgisse, une blessure par exemple, ce qui est arrivé en 1998 avec un ménisque du genou en manque de coopération. Enfin arrive le grand jour, avec cette fois un hyper-stress dans les heures qui précédent. Lorsque l’on est derrière le rideau juste avant d’entrer dans l’arène, la tension est à son comble.

Les deux moments vraiment très forts sont « pendant et juste après ». Chacun a ses propres réactions face à ce que l’on peut considérer comme une confrontation. J’ai toujours été surpris qu’une fois monté sur le tatami le stress s’évapore comme par miracle, et heureusement. L’inquiétude que l’on ressent juste avant n’est pas uniquement due à la peur de ne pas bien faire, mais que surgisse un souci quelconque, qu’un grain de sable vienne enrayer la machine ; un trou de mémoire, une blessure ou bien encore un problème avec la musique. J’évoque ces exemples pour la bonne raison que ce sont trois cas de figures auxquels j’ai été confronté. Dans la version longue  de ce dictionnaire je ne manquerai pas de les expliquer dans le détail.

Une fois la démonstration exécutée, il y a cette incroyable sensation de soulagement. Si le spectacle a remporté le succès escompté et que l’on sort sous les applaudissements, une incroyable sensation de soulagement nous envahit, celle du contrat rempli, du métier bien fait. S’ensuivent des moments de douce béatitude. La tension retombe.

Lorsque la prestation s’effectue en première partie du spectacle, après une douche salvatrice et réparatrice, on rejoint le hall et si, comme ce fût le cas à plusieurs reprises, le club dispose d’un stand, on ne boude pas le plaisir procuré par la séance d’autographes. C’est là aussi un grand moment.

Quant aux souvenirs qui restent des démonstrations auxquelles j’ai pu assister, je n’évoquerai que les bons. Si globalement le spectacle a toujours été de qualité, sur plus de trente ans on ne peut éviter quelques ratés et mauvais excès. Heureusement la mémoire est sélective et l’on ne retient souvent que le meilleur. Parmi ce « meilleur » il y a eu 1989. J’ai l’impression que cette année a marqué un tournant. D’une suite de démonstrations d’arts martiaux très épurées lors des premières éditions, on passait à un réel spectacle, tout en conservant un esprit martial. C’est à cette occasion que la France découvrait le québécois Jean Frenette,  époustouflant dans un superbe kata artistique. Tout au long de ces années, je me souviens aussi des prestations toujours impeccables de Christian Tissier en aïkido, des moines de Shaolin, des karatékas d’Okinawa, de Sylvain Guintard marchant sur les braises, de Dominique Valéra toujours très convaincant, etc. Je n’oublie pas non plus les interventions, disons « originales » de Jean-Claude Van Damme. J’ai aussi une pensée pour la Canne française, un art bien de chez nous, démontré à plusieurs reprises et de belle manière par Fred Morin et son équipe.

Concernant le jugement que je porte sur mes propres prestations, l’édition 1995 a ma préférence sur le plan technique ; du point de vue du spectacle, c’est l’année 2000 que je place en tête ; on m’avait confié la charge de proposer en quelques tableaux la fameuse « Légende du Grand Judo », qui avait en son temps fait l’objet d’un très beau film relatant une période de la vie de Jigoro Kano durant laquelle, s’inspirant de différents styles de ju-jitsu, il  crée sa propre Ecole qu’il appelle JUDO. Il ignorait sans doute qu’à notre époque le sport prendrait l’ascendant sur la méthode d’éducation physique et mentale qu’il préconisait, mais c’est une autre histoire.

Aujourd’hui, pour retrouver ces passages à Bercy, il reste les vidéos qui permettent de les revivre, sans aucune nostalgie. Ils font partie des grands moments de ma carrière. J’ai participé à de nombreux galas en France et à l’étranger, mais aucun endroit ne procure de telles sensations, que ce soit le trac avant, la pression pendant et l’immense satisfaction juste après.

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Les 16 atemis

Voilà un enchainement très simple, pas simpliste, juste simple, accessible à tous les niveaux.

Pour les esseulés d’un sévère confinement, groupe auquel j’appartiens, chaque technique pourra être travaillée et répétée en solo ; la vidéo attachée à cet article pourra y aider.

Créer au début des années 1980, au moment de la « relance » du ju-jitsu dans notre beau pays, les techniques sont, pour beaucoup, inspirées du Kime-no-kata et du Goshin-jitsu. Le but était de proposer un enchaînement 100% atemi-waza (travail des coups), mais dans l’esprit du ju-jitsu, les techniques devant être compatibles avec les projections et/ou les contrôles.

En dehors de sa simplicité, cet exercice présente quelques particularités.

D’abord il s’exécute à partir de positions naturelles, on ne se met pas « en garde » ; il est utile de pouvoir réagir alors que rien ne laisse à penser qu’Uke va porter une attaque.

Ensuite, comme dans certains katas, les techniques se travaillent à droite puis à gauche.

Enfin, par rapport au jury, Tori et Uke changent de place entre chaque mouvement, dans le but de reprendre des distances et rendre l’exercice plus dynamique.

Bon entraînement et à bientôt pour étudier cet enchainement tous ensemble.

eric@pariset.net  . .

A comme Arts Martiaux

Avec l’inévitable prolongement du confinement qui va nous être imposé dés ce soir, l’inquiétude ne faiblit pas. L’inquiétude par rapport au virus, l’inquiétude par rapport à notre capacité à supporter cet enfermement et enfin, l’inquiétude par rapport à l’avenir et à la possibilité de nous reconstruire ; il va falloir un sacré mental et une sacrée volonté. Les pratiquants d’arts Martiaux n’en sont pas dépourvus, mais là, il va falloir se surpasser.

Pour se nettoyer un peu l’esprit et revenir à ce qui nous rassemble, j’ai pensé proposer à nouveau mon dictionnaire des arts martiaux.
Le moment est sans doute opportun pour faire partager à nouveau, dans des définitions un peu remaniées, mes coups de cœur et mes passions pour des personnalités, des événements, des lieux et tout ce qui est attaché à une vie de pratique et de partage.

Aujourd’hui, logiquement nous commençons par…le début !
A, comme Arts martiaux…On ne peut mieux faire !
Les arts martiaux ont occupé, et occupent toujours, une partie considérable de ma vie, ils sont mon métier, mais aussi ma passion. Et même si je me suis spécialisé dans l’un d’entre eux, le ju-jitsu, j’ai aussi eu la possibilité de pratiquer le judo bien sûr, mais aussi, le karaté et l’aïkido, sans oublier la boxe française que je considère comme « notre art martial ».

Dans « art martial », il y a d’abord le mot art. La première définition proposée par le Larousse est la suivante : «Aptitude, habilité à faire quelque chose » ; cela est explicite et me convient. Ensuite, il y a le mot martial. Toujours dans le même dictionnaire (en première définition): «Qui manifeste des dispositions belliqueuses ». Ah ! Pour belliqueux on trouve : «qui aime la guerre et cherche à la provoquer » ! Donc un raccourci logique donne pour art martial : « art de la guerre », mais la provocation en moins, puisque le principe est de combattre quand n’existe plus d’autres solutions, le bagage technique représentant avant tout une force de dissuasion. C’est  la conception que j’en ai.

Bien que « tombé dedans » tout petit, s’il n’avait été question que de guerre, je n’aurais pas persévéré. Nous ne sommes plus au temps des samouraïs qui se trouvaient en situation quasi permanente de survie, les combats se finissant bien souvent pas la mort d’un des deux protagonistes ; ces valeureux combattants ont disparu tout en léguant un mythe puissant et les valeurs qui y sont attachées, celles du code du bushido. Gardons les principes de courage, d’honnêteté, de fidélité, de tout ce qui fait le code d’honneur pour les mettre au service d’une éducation physique et mentale. La sagesse que l’on retrouve dans certains contes que je me plais de proposer régulièrement sur mon blog, est un des éléments qui m’anime et motive ma pratique et mon enseignement, peut-être encore davantage avec le temps.

L’aspect utilitaire, la self-défense, représente sans aucun doute un intérêt majeur ; faire en sorte que chacun puisse acquérir une technique protectrice et une confiance en lui, semble une évidence ! Et puis, la notion d’affrontements très codifiés lors des séances d’entraînement pouvant s’apparenter à une forme de jeu est un autre aspect que je retiens. Elle permet de s’engager tout en ne dramatisant pas la situation, ce qui est sain. « Nous nous sommes bien amusés » est une phrase que mes élèves connaissent bien et que j’utilise volontiers, avec facétie, après un randori.

Dans une version plus fouillée que j’espère publier à l’occasion d’un dictionnaire complet de mes préférences, à la lettre A comme Arts martiaux, je ne manquerai pas d’étoffer le contenu de ce court billet et de donner mon sentiment sur chacune des principales disciplines, mais aussi sur les personnalités marquantes. Ce sera aussi l’occasion de proposer les nuances que je mets entre arts martiaux et sports de combat. Et tout simplement d’exprimer mon sentiment sur l’évolution de nos disciplines. Je ne manquerai pas d’évoquer celles que j’aurais bien aimé pouvoir pratiquer, comme le Kendo, et plus largement traiter les techniques plus anciennes, ainsi que les nombreux « Styles et Ecoles » attachés à certaines disciplines, comme le ju-jitsu.

En conclusion et en un résumé on ne peut plus court, les arts martiaux sont pour moi des méthodes de combats entourées de fortes valeurs éducatives, physiques et mentales. A notre époque l’art martial est devenu une « Ecole de vie ».

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Au fil des mois et des émois !

Nous sommes au 2/3 de ce que l’on nomme la « saison sportive ». Ceci dans la mesure où l’on considère qu’une telle saison se finit le 30 juin et que par conséquent la suivante commence le 1er juillet.
Toujours est-il qu’ayant ouvert notre dojo le 1er juillet, nous sommes à quatre mois du premier anniversaire de ce lieu de partage !
Il n’est pas encore temps d’établir un bilan complet, mais simplement d’évoquer les points positifs et quelques autres.
En huit mois, beaucoup de choses se sont passées et diverses impressions et émotions ont pu s’exprimer.
D’abord il y a la joie liée à la réalisation d’un projet. Même si les difficultés sont importantes, les surmonter et aboutir sont autant de plaisir que seuls connaissent ceux qui ont la chance de pouvoir (ou de vouloir) le faire !
Chaque étape apporte ses propres sentiments. Du tout début de l’aventure lorsque l’on est dans la prospection avec les visites de locaux, jusqu’au tout premier cours que l’on assure, en passant par le suivi des travaux, notamment pour qu’il n’y ait pas de retard et que le dojo puisse être inauguré à la date prévue ; ce qui a été le cas au début du mois de juillet dernier.
Ensuite, même en plein été, tout va très vite, beaucoup de choses se passent ; des demandes de renseignements, des visites de curiosité, de politesse et d’amitié (qui font chaud au cœur et rendent insignifiantes les négligences et les coupables ingratitudes), les toutes premières séances dans lesquelles se mélangent novices et anciens ravis de retrouver « leur ju-jitsu », et je n’oublie pas la sueur sur tous les fronts, surtout l’été dernier ! Ensuite vient la rentrée, avec beaucoup de demandes de renseignements, d’initiations et d’inscriptions. Un brassage de population – aux niveaux techniques différents, représentant diverses professions, mais ayant en commun le désir de poursuivre ou de commencer la pratique d’un art martial accessible physiquement, et dans laquelle ne suinte aucune violence ! J’insiste sur ce point. En effet certains propos qui m’ont été rapportés sont édifiants ! Les mauvaises expériences sont légion et il est heureux qu’elles ne soient pas rédhibitoires pour la totalité de ceux qui les ont subies. Certaines pratiques font beaucoup de mal aux arts martiaux (et aux pratiquants) !
Une installation dans un nouveau quartier, même si celui-là ne m’est pas vraiment inconnu, ce sont de nouveaux voisins, une ambiance différente, de nouvelles habitudes, bref un environnement dans lequel il faudra se fondre.
Au bout de quelques semaines un rythme s’établit et l’on est heureux de voir s’élargir le cercle des élèves !
Certes, il ne serait pas objectif d’éluder les aspects négatifs, surtout que depuis le mois de décembre ils ne manquent pas. Des événements contre lesquels, tout du moins à notre modeste niveau, nous ne pouvons pas grand chose. D’abord la plus grande grève de l’histoire des transports en France et maintenant un virus « bizarre » ! Cela ne manque pas de perturber notre quotidien dans tous les domaines.
Quoiqu’il en soit, la volonté est une vertu qui ne manque pas à qui a consacré sa vie aux arts martiaux ; c’est dans cet état d’esprit que j’aborde la dernière partie de cette saison qui aura été celle d’un nouveau challenge que certains qualifiaient d’ambitieux (avais-je d’autres choix ?). Les obstacles sont faits pour être franchis et les problèmes pour être résolus. Lorsque l’on possède l’envie d’avancer et de créer, on avance deux fois plus vite. « Créer, c’est vivre deux fois ». Albert Camus.

eric@pariset.net  www.jujitsuericpariset.com

Randori

Il y a quelques semaines j’avais consacré un article aux méthodes d’entraînement. Parmi elles, il y a le randori, l’équivalent, en boxe, de l’assaut que l’on nommait aussi « l’assaut courtois », il y a un certain temps.

Le randori, ou l’assaut, c’est un peu la récompense de fin de séance. C’est le moment où l’on peut tester nos techniques dans un système d’affrontement très codifié et axé sur l’initiative, c’est-à-dire sur l’attaque ; l’aspect ludique ne doit jamais être absent de ces joutes respectueuses  avec lesquelles on perfectionne aussi la défense, puisqu’il est nécessaire de tenter d’esquiver les initiatives du partenaire.

Malheureusement, trop souvent le randori  est quelque peu dénaturé et confondu avec le « shai », c’est-à-dire le combat, la compétition (en judo, par exemple). C’est dommage. Ceci étant tout dépend des objectifs, ceux-ci ne sont pas les mêmes selon que l’on se situe dans une pratique loisir ou bien à l’occasion d’entraînements  de haut-niveau ; même si à ce stade là il devrait -aussi – être indispensable de ne pas négliger cet exercice.

En ju-jitsu on peut le pratiquer dans le domaine des coups (atemi-waza), des projections (nage-waza) et du sol (ne-waza).

Le but du randori est avant tout de se perfectionner et d’essayer (en fonction du secteur dans lequel on souhaite le faire) de « passer » des techniques, d’aboutir et de résoudre différentes situations d’opposition ; pour les projections, de tenter de faire tomber un partenaire qui s’oppose intelligemment. C’est volontairement que j’utilise le mot de partenaire et non pas d’adversaire. Du latin par (avec) et ad (contre). C’est-à-dire que dans le randori, le partenaire travaille avec moi et non pas contre moi, il m’aide à progresser en proposant une opposition raisonnée, m’obligeant à travailler ma vitesse d’exécution, ma réactivité, ma condition physique, mais aussi – fatalement –  un système de défense axé exclusivement sur les esquives et non pas à l’aide de blocages qui annihilent toute initiative et par conséquent tout progrès. Imaginons deux joueurs de tennis à qui on « confisque » la balle !

Dans certains randori de projections ont peut même exclure toute technique de « contre direct » et n’autoriser que les contres répondant à l’appellation « go-no-sen » (l’attaque dans l’attaque). Le contre peut faire des dégâts physiques, mais aussi phycologiques en  limitant les initiatives de peur de subir un contre ravageur ; ce qui limitera obligatoirement les progrès.

Il y a très longtemps je bénéficiais de l’enseignement d’un professeur de boxe française, Marcel Le Saux, qui comparait l’assaut poing-pied à une conversation. Chacun s’exprimant à tour de rôle en développant ses arguments, évitant de parler en même temps et trop fort, pouvant couper la parole poliment si l’opportunité se présente, mais surtout en ne proférant ni invective, ni grossièreté. Belle métaphore.

eric@pariset.net   www.jujitsuericpariset.com

Mars et martial

Mars et martial

L’adjectif martial se rapporte au combat, au Dieu Mars, le Dieu romain de la guerre ; les arts martiaux sont donc bien les arts du combat (même si ce sont des disciplines d’affrontement qui visent aussi bien au développement externe qu’interne du pratiquant). Peut-on en conclure que le mois de mars est celui des arts martiaux ? En tout cas, c’est dans le courant de ce mois de mars que se tient à l’hôtel Accord Aréna, l’ex-Bercy, le festival des arts martiaux. Quel malheur d’avoir remplacé un nom qui évoquait un quartier historique parisien par une appellation purement commerciale. Bref, comme chaque année depuis 35 ans, le magazine « Karaté-Bushido » propose un rendez-vous auquel presque tous les experts nationaux et internationaux ont participé et où tous les arts martiaux et toutes les disciplines de combats ont pu se produire, dans un lieu qui devient, le temps d’une soirée, le plus grand dojo du monde.

J’ai eu le plaisir d’y démontrer le ju-jistu à douze reprises. C’était à chaque fois un honneur, beaucoup de responsabilités et bien sûr un inévitable stress avant d’entrer dans cet endroit qui réserve des sensations uniques ; mais une fois la prestation terminée, c’était alors la satisfaction du devoir accompli, et sans doute relativement bien accompli, si j’en crois les commentaires qui suivaient. Ceci étant, rien n’était laissé au hasard ; c’est trois mois avant que commençaient les répétitions. Parmi les douze prestations, j’ai une préférence pour l’année 1995 ; c’est d’ailleurs la vidéo de cette édition qui est proposée pour illustrer cet article.

Au fil des années le festival a évolué. Je me souviens de la première édition, en 1986, quand toutes les démonstrations se faisaient sans musique et avec un éclairage unique. L’aspect spectacle, pour ne pas dire « show » s’est davantage imposé ; comme dans tout changement, il y a du positif et du moins positif, avec parfois des prestations légèrement décalées, parfois folkloriques et avec des personnes qui n’ont pas forcément leur place. On peut regretter que certaines disciplines (disons, plus traditionnelles) ne soient pas (ou plus) représentées. Quoiqu’il en soit cette « soirée arts martiaux », dont le plus grand mérite réside dans son institutionnalisation, est devenue un rendez-vous auquel – en tant que pratiquant – on doit se rendre au moins une fois dans sa vie. Je note et regrette que, une fois encore, le ju-jitsu ne soit pas de la fête. Un jour peut-être !

Le festival des arts martiaux 2020 se déroulera le samedi  21 mars. Renseignements directement sur le site du journal Karaté-Bushido.

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Souvenirs d’une belle préface

Christian Quidet (1932-2010) a été un très grand journaliste spécialisé dans le sport et notamment dans le judo. Dans les années 1970 il a beaucoup aidé cette discipline à franchir la barrière des médias.  Il a aussi occupé le poste de  directeur des sports sur « Antenne 2 », l’ancienne appellation de France 2, dans les années 1980. Nos disciplines martiales l’intéressaient au plus haut point, il leur a d’ailleurs consacré un magnifique ouvrage : « La fabuleuse histoire des arts martiaux ». En 1985, avant la parution de mon premier livre, je lui avais demandé s’il voulait bien m’honorer d’une préface ; il a accepté spontanément.  A  l’attention de ceux qui ne connaissaient pas ces quelques belles lignes, c’est avec plaisir que je les mets à nouveau  en ligne. D’autant plus que je trouve cette préface terriblement d’actualité.

     « La publication d’une progression française de ju-jitsu est un acte plus important qu’il n’y paraît. C’est la restauration, en France, du trésor des samouraïs qui, au fil de l’histoire, ont porté l’art du combat individuel à un degré de perfectionnement et de raffinement unique au monde.
       Cette version moderne de la self-défense japonaise, présentée par Eric Pariset, met à la disposition des éducateurs sportifs une méthode claire, précise et efficace.
       Elle offre à celles et à ceux qui s’en inspirent un bagage technique inestimable. Non pour leur apprendre à se battre mais pour dissuader les autres d’attaquer.
        C’est en ce sens que je crois beaucoup à la vulgarisation de la self-défense dans notre pays. Comme un remède à l’agressivité qui enlaidit notre société actuelle.
       Je félicite Eric Pariset de s’être intéressé et de s’être spécialisé dans le ju-jitsu qui est le meilleur complément à la pratique du judo.
       Le ju-jitsu ne doit pas être mis entre toutes les mains et ne peut être enseigné valablement que par ceux qui ont adhéré à l’esprit de son fondateur, le maître Jigoro Kano.
       Eric Pariset est de ceux-là. Il a été élevé dans une famille où les arts martiaux étaient considérés comme un Art et pratiqués comme une passion. Son père, Bernard Pariset, a participé au premier championnat du Monde au Japon en 1956 et a obtenu une superbe quatrième place. Plusieurs fois champion d’Europe il a légué, comme  les maîtres japonais d’autrefois, son savoir et sa sagesse à Eric.
      Ceinture noire, 5e Dan de Judo-Ju-Jitsu, Eric Pariset a été champion d’ile de France de Judo en 1983.
       Il s’est ensuite, spécialisé dans les démonstrations de Ju-Jitsu et de self-défense pour devenir, à   31 ans, le meilleur spécialiste français de cette discipline.
      « N’enseigne pas toute ta science à ton élève, qui sait s’il ne deviendra  pas un jour ton ennemi ».
       Fort heureusement, Eric Pariset n’a pas appliqué cette devise  chère aux anciens Maîtres d’armes japonais.
       Je l’en remercie et j’espère que vous serez nombreux à profiter de sa générosité.»

Christian Quidet.
Responsable du service des Sports d’Antenne 2*
Avril 1985.

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