Même en été, peut-être surtout en été, il n’est pas interdit de réfléchir.
Shin-Gi-Tai : voilà un concept que les pratiquants d’arts martiaux connaissent.
Tout du moins, ils l’ont entendu sans forcément y prêter l’attention qu’il mérite.
Il est pourtant le fondement d’une bonne pratique martiale, tout comme il est utile à toute activité et création dans la vie en général.
Cela résume la conception que Jigoro Kano, le créateur du judo, avait de son art et quelles étaient ses priorités.
Ces mots sont les murs porteurs d’une bonne pratique et plus largement d’une existence.
Shin désigne l’esprit, Gi la technique et Tai le corps. L’ordre n’est pas le fruit du hasard.
D’une manière générale, en prenant l’exemple de la construction d’une maison. Une personne établit un projet (le shin), une autre fait les plans (le gi, la technique) et une troisième la bâti (le tai, le corps).
Dans nos disciplines, notamment en ju-jitsu, l’esprit permet de visualiser la technique, les répétitions de l’assimiler et le corps de la réaliser.
Autre interprétation concernant ce « classement » : en avançant en âge, la vivacité d’esprit reste, la technique est acquise, même si elle est utilisée de façon moins percutante. Quant au corps (le physique), à partir d’un certain moment il subit une inévitable altération.
C’est donc l’esprit qui domine. C’est lui qui élabore, construit et affine cette technique qui renforce le corps, c’est l’esprit qui dirige nos actions. Il mène notre existence, grâce (ou à cause) des décisions que nous prenons. Il nous permet de réfléchir, d’agir et de réagir.
C’est en respectant ce triptyque que l’art martial devient plus qu’une simple utilisation brutale de nos moyens physiques, il nous permet de guider nos comportements dans le respect d’un code moral. Il structure notre existence !
Le fondateur du judo ne voulait pas faire de son art qu’une simple méthode de combat, mais aussi une méthode d’éducation physique et mentale, une École de vie.
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