Avant de reprendre, dès la semaine prochaine, la publication régulière de billets inédits, je me permets de proposer une « rediffusion ». Je l’ai choisie parmi les articles qui ont touché le plus de personnes la saison passée ; aujourd’hui, c’est le troisième « best of » de l’été, avec un sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui est directement en liaison avec la conception que j’ai du beau métier que j’ai la chance d’exercer depuis bien longtemps. (Article publie le 26 septembre 2018.)
« Décidément il est difficile d’accepter certaines vidéos qui proposent des séquences techniques ou encore des extraits de cours dans lesquels émane davantage de violence que de maîtrise de soi. Et encore je n’évoque pas le « street fight » avec lequel on touche le fond. Non, l’article ci-dessous ne concerne que des images filmées dans certains dojos (s’il est encore possible d’utiliser cette appellation), parfois même sous le « regard »
de Jigoro Kano. Nous sommes loin de la technique et de la voie de la souplesse qu’il défendait et du système éducatif qu’il prônait. A un moment où l’actualité nous déverse chaque jour son flot de drames en liaison directe avec la violence, il me semble qu’il n’est pas convenable et admissible d’oublier la mission d’éducateur attachée au rôle de professeur. Nous sommes des éducateurs sportifs et non pas des destructeurs. Que l’on ne s’y méprenne pas, je ne suis pas pour l’impunité, ni pour le laxisme, ni habité par un angélisme inadapté.
Déjà, si une certaine discipline de base était respectée dans tous les dojos, aussi bien en ce qui concerne les arrivées en retard, les allées-venues pieds nus en dehors des tatamis, ou bien encore l’harmonie dans les tenues, ce serait un bon début ; tout comme le serait le respect des lieux, du professeur, des partenaires (qui ne sont pas des adversaires) et du règlement. L’endroit dans lequel nous pratiquons (et dont certains se réclament sans craindre d’en usurper le sens) s’appelle le « dojo », ce qui signifie l’endroit ou l’on « trouve la voie ». Si l’enseignant n’est pas en capacité de faire respecter les règles basiques, cela ne commence pas bien ! L’enseignement et la pratique des disciplines de combat que nous appelons arts martiaux doivent être entourés de précautions. Elles apprennent à se défendre, mais pas à devenir violent.
Les samouraïs, qui les pratiquaient n’étaient pas des tendres, mais nous avons évolué ; nous n’en sommes plus à réparer notre honneur en nous faisant « hara-kiri ». Nous continuons à nommer nos disciplines « arts martiaux » en nous réclamant de certaines de leurs valeurs, mais nous devons y associer l’aspect éducatif. Des attitudes dans lesquelles suinte une certaine violence ne manquent pas de s’imprimer dans les subconscients. Dans l’interprétation et la traduction qui sont les miennes, je considère davantage les arts martiaux comme étant les « arts de l’esprit » que les « arts de la guerre ».
La lutte contre ce fléau que représente la violence doit se faire de deux manières : par l’éducation et par la sanction. Le premier point (l’éducation) s’inscrit sur du long terme, même du très long terme. C’est là que nous, professeurs (dans notre domaine de compétence), nous avons notre rôle, même notre responsabilité. Certes, nous apprenons des techniques qui sont faites pour mettre hors d’état de nuire un individu qui veut du mal et certaines d’entre elles peuvent être fatales. Mais notre mission ne se limite pas à la distribution de techniques de défense (encore moins de « surviolence »), il est nécessaire que l’enseignement de ces techniques soit entouré de certaines précautions. Là encore, c’est au professeur d’insister sur les dangers qu’elles représentent si elles sont utilisées de façon inadaptée, en dehors des règles du respect de la vie et de la légitime défense.
Quant au deuxième point, la sanction, la loi doit être appliquée. Dans ce domaine nous sommes sous l’autorité des pouvoirs publics. Alors concentrons nous sur la nôtre et faisons en sorte de rester, aussi et avant tout, des éducateurs en commençant par faire respecter nos règles internes et en donnant une image dans laquelle les « armes naturelles » dont nous disposons, soient davantage des armes de dissuasion. Celles-ci nous apportant assurance et confiance mais certainement pas inconscience et suffisance.
On pourra me reprocher une certaine redondance dans mes propos sur certains sujets, mais selon l’expression populaire, il n’est jamais inutile « d’enfoncer le clou » ! Il faut être volontaire et même obstiné pour de grandes causes, le combat contre la violence me semble en être une. Et encore, cet article se limite aux méfaits engendrés par une violence comportementale, mais il y a aussi beaucoup à dire sur les conséquences physiques des pratiques extrêmes. »
www.jujitsuericpariset.com eric@pariset.net
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Nous sommes au cœur du mois d’août, une semaine durant laquelle beaucoup d’entre vous se reposent, un moment propice à la réflexion. Aussi, je ne résiste pas à l’envie de proposer une petite histoire pleine de sagesse. Il s’agit d’une énième rediffusion, mais ce petit conte est tellement savoureux qu’il n’est pas possible de s’en lasser.
Cette semaine nous continuons avec les articles publiés à la fois sur mon blog et sur Facebook avec ceux qui ont été les plus appréciés au cours de la saison écoulée. Après l’aspect utilitaire dont il était question la semaine passée, le 14 novembre dernier, c’était au tour du coté ludique d’être largement plébiscité. Même si dans l’article ci-dessous, c’est d’un enfant dont il s’agit, cela s’applique souvent aux adultes que nous sommes.
Durant cette période estivale, j’ai pensé proposer chaque semaine un article parmi ceux qui ont le plus « marqué » la saison qui vient de s’achever.
La semaine dernière j’ai présenté la première partie du résumé de mon « dictionnaire des arts martiaux », cette fois, c’est la seconde partie qui est proposée.
mois, sur mon blog et sur Facebook, j’ai entrepris la rédaction d’un « modeste dictionnaire des arts martiaux » dans lequel j’évoque ce qui m’a marqué dans ma vie de pratiquant. Ce sont des personnalités qui forment l’essentiel de cet abécédaire, mais y sont aussi rassemblés des techniques, des lieux, des évènements et des objets qui ne m’ont pas laissé insensible.
Posséder son propre dojo, un « dojo privé », impose de nombreuses contraintes et de gros sacrifices, à l’inverse cela offre une certaine liberté. D’abord concernant l’organisation des cours, sur le plan de la logistique et sur celui de l’enseignement distribué au sein de ce dojo.
Quatre années, jour pour jour, séparent ces deux photos. La première marquait la fin d’une histoire, une page se tournait, la seconde évoque le début d’une nouvelle aventure, un nouveau challenge, de beaux souvenirs à fabriquer.
Marie Agnès Gillot, ancienne danseuse Etoile à l’Opéra de Paris, déclarait récemment qu’elle allait confier les premiers pas de danse de son jeune fils à celui qui avait été son premier Maître. Il réside en Normandie et elle à Paris, mais elle considère que le premier professeur est le plus important. Cette affirmation me conforte dans mon point de vue. Ce n’est peut-être pas forcément vrai pour toute les disciplines, mais dans certaines, où la forme de corps est essentielle, l’enseignant qui dispense les bases techniques est déterminant.