Voilà un petit livre empli d’une grande sagesse. Je ne peux que le recommander aux pratiquants d’arts martiaux, mais aussi à tous les autres. Ils découvrirons – si ce n’est déjà fait – que ces disciplines ne se limitent pas au développement physique et à la science du combat.
Il y a quatre ans, sur Facebook et sur mon blog, je lui avais déjà consacré un article, je me permets de le publier à nouveau. Il est toujours d’actualité et peut-être encore davantage.
« L’auteur de ce livre édité en 2006, André Guigot, Docteur en philosophie, explique que l’éducation du corps passe par l’éducation de l’âme, corps et âme étant inséparables. Mais il est aussi question d’un travail en harmonie avec son entourage. « L’amour de la sagesse ne s’oppose pas à l’art du combat. Dès l’origine, que l’on peut situer en Inde puis en Chine il y a plus de cinq mille ans, l’histoire des arts martiaux se confond avec une recherche de paix et d’harmonie avec soi-même et le monde extérieur ». Ainsi commence ce recueil rempli d’informations et de sagesse.
Cela nous rappelle forcément le grand principe de Jigoro Kano qui, au travers de son judo (un ju-jitsu féodal adapté aux évolutions de la société), proposait une méthode d’éducation physique et mentale. A l’aide d’exercices corporels représentant des techniques de combat, l’objectif tend à renforcer son corps non pas pour devenir meilleur que les autres mais devenir meilleur soi-même, ce qui est une belle nuance. L’étude de techniques de défenses (efficaces) était un prétexte à une quête plus large.
Sur le thème de la violence, l’auteur nous explique que celle-ci n’est pas un état naturel chez l’homme, mais qu’elle découle d’une frustration et qu’une pratique sereine et apaisée des techniques de combat participe à la disparition de l’agressivité. De plus, il affirme que la violence et la bêtise sont contraires à l’art du combat. Il évoque les hiérarchies superficielles qui perdent leur sens lorsqu’on revêt une tenue identique pour tous. Le respect qui ne doit pas être le fruit de la crainte mais celui de la reconnaissance. Les grades, avec cette belle phrase : « C’est l’homme, ou la femme, qui donne de la valeur à son grade, pas l’inverse ». Il évoque « l’art de l’évasion » (l’esquive) et celui de la souplesse (il s’agit là de la souplesse comportementale – l’utilisation de la force de l’adversaire) avec la présentation de l’aïkido, de l’aiki-jitsu et du judo. Le comportement en dojo, dans lequel « on n’entre pas comme dans un magasin, ni tout à fait comme dans un centre d’entraînement sportif ». La compétition, qui n’est pas indispensable et qui, pour les compétiteurs, doit être considérée comme un simple moment dans la vie. L’esthétisme, que l’on peut associer à une parfaite maîtrise physique et donc à l’efficacité, ne serait-ce que par la précision que cette qualité impose. Le plaisir dans la pratique et dans la satisfaction de sa propre évolution.
Bien d’autres thèmes sont abordés, tous plus intéressants les uns que les autres, comme l’émergence de certaines pratiques dites « modernes ».
Tout aussi instructives sont les nombreuses citations égrainées au fil des chapitres comme ce proverbe d’Okinawa (l’île qui a vu naître le karaté) : «La douleur fait penser l’homme. La pensée rend l’homme sage. La sagesse rend la vie acceptable ». On ne peut mieux conclure un article ! Bonne lecture. »
Follow
Un monument vient de nous quitter.
Voilà un merveilleux recueil de contes, tous plus enrichissants les uns que les autres. Humour et leçons de vie pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Parmi les privations qui nous sont infligées depuis maintenant onze mois, la possibilité de « rencontres » en est une.
Dernièrement j’ai évoqué Shozo Awazu – personnage incontournable du judo français – à propos d’un livre paru en 1959. Cet ouvrage traite d’un domaine d’une richesse exceptionnelle et d’une incontestable efficacité : le ne-waza (le travail au sol). Il est utilisé dans de nombreuses disciplines. Son étude et sa pratique sont passionnantes pour bien des raisons.
Pourrions-nous nous réveiller un matin dans un monde sans arts martiaux et vivre ainsi ? Nous espérons qu’il n’en sera rien, que nos chères disciplines survivront à cette épouvantable période.
N’étant ni psychothérapeute, ni médecin, ni scientifique (mes connaissances se limitant principalement à la « science du combat »), je me contenterai donc de l’exposition de sentiments et de légitimes ressentiments provoqués par la perte d’un outil de travail, d’un travail et par l’interdiction de pratiquer et d’enseigner une discipline éducative. Cela va faire un an que dure cette situation invraisemblable. Que de dégâts, de désastres pour revenir à la case départ avec l’annonce un troisième confinement « très serré » (le choix des mots n’est jamais anodin) !
Il y a un an, nous ignorions ce qui allait nous tomber sur la tête deux mois plus tard et l’ampleur du désastre.Nous ignorions la chance qui était la nôtre de vivre une vie normale. Certes, les transports étaient paralysés dans notre pays depuis le début du mois décembre par la plus grande grève
que notre pays ait connue, mais la vie continuait, nos activités étaient pratiquées comme c’était le cas depuis des lustres. A titre personnel, mon jeune dojo fêtait ses six mois d’existence et même s’il prenait presque tout mon temps, j’avais pu animer deux stages à l’extérieur durant ce premier mois de l’année.
Il ne s’agit pas d’une fable, ou alors très mauvaise.
Chaque semaine un article est publié conjointement sur ce blog et sur la page « Club Jujitsu Eric Pariset » de Facebook. Cela ne m’empêche pas de proposer presque quotidiennement un petit « post » sur ma page personnelle, toujours sur le même réseau. Pour ceux qui ne s’y rendent pas, j’ adresse l’ensemble de ces très courts articles, qui peuvent se limiter à une citation, en fonction des circonstances. Ci-dessous, la rétrospective des huit derniers jours.
Que ceux qui pourraient s’inquiéter et penser que je suis abattu se rassurent. Un combattant n’est jamais abattu, il peut être battu, mais pas abattu (sauf s’il est exécuté ou assassiné) ! Un samouraï ne baisse pas la garde. Mais il n’empêche qu’une certaine colère gronde en moi, il y en existe des saines et justes lorsqu’elles combattent l’injustice.
Manifestement, plus il y a de restrictions, moins la situation s’améliore ! Est-ce la bonne méthode ?
En ce début d’année, propice aux bonnes résolutions, je vous conseille une lecture :
J’évoquais déjà le sujet cette semaine !