Une fin de saison, c’est souvent le moment de faire des bilans. Pour les pratiquants d’arts martiaux, c’est revenir sur environ dix mois de pratique.
D’abord, j’évoque ceux qui ont pu aller jusqu’au bout d’une saison commencée en septembre.
On fait un bilan sur les progrès réalisés, souvent matérialisés par l’obtention d’un grade supérieur, sur la découverte de nouveaux enchaînements et de nouvelles sensations dus à un investissement régulier. Pour ceux qui pratiquent une discipline avec des compétitions, on analyse ses victoires et ses défaites, en relativisant les unes et les autres.
On a renforcé des amitiés, on en a découvert d’autres. Parfois on déplore qu’une blessure a pu nous éloigner des tatamis le temps du rétablissement. On se souvient que parfois s’est manifestée la tentation de rester à la maison, mais jamais nous n’avons regretté de ne pas nous être écouté.
Par contre, comme chaque année, on déplore des abandons en cours de saison. Il existe plusieurs raisons à cela. Il y a les inévitables et…les autres.
Dans la première catégorie, ce sont des problèmes personnels, professionnels ou de santé qui ont mis un terme à un engagement sincère. On aurait préféré continuer à fouler les tatamis.
Ensuite, d’autres constats peuvent provoquer un arrêt. S’apercevoir que « ce n’est pas pour nous », que nous avons été déçus ou que c’est trop difficile physiquement, trop pointu techniquement, qu’il faut y consacrer beaucoup de temps pour progresser et s’exprimer. Ou tout simplement que nous nous sommes lancés dans une discipline qui ne nous correspond pas.
Enfin, il y la catégorie dans laquelle on trouve ceux qui abandonnent à tout.
A la fin de la saison, pour d’autres, se pose la question de savoir si on reprend en septembre. On a été au bout d’une saison, en sera-t-il de même pour la prochaine ? N’est-ce pas le moment de changer de discipline ? Avec l’argument de la nouveauté ? Cela peut se défendre, mais il faut savoir que les disciplines de combat demandent un investissement sur du long terme, comme dans beaucoup d’autres domaines, mais plus encore.
Pour les passionnés, cette question ne se pose pas. Sauf problèmes évoqués plus haut, ils seront présents pour continuer à découvrir et à se perfectionner dans des arts qui demandent des efforts, de la rigueur, mais qui offrent tant de récompenses et apportent autant de satisfactions en retour. Ils sont impatients de gravir de nouveaux échelons et de continuer à partager une passion.
Quant à ce que représente une fin de saison pour le professeur, nous y reviendrons dans le prochain article.
(Photo d’illustration : Léognan juin 2026)
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