Les bons vœux

Après nous être souhaité une bonne année et surtout une bonne santé, que pouvons nous nous souhaiter dans le domaine qui nous rassemble, à savoir celui des arts martiaux ?

D’abord souhaiter que tous ceux qui ont commencé dernièrement ne s’arrêtent pas au premier découragement. Une pratique pérenne ne fait que rendre meilleur, et pas uniquement dans la maîtrise des techniques, mais aussi dans la révélation de qualités intrinsèques utiles au quotidien, dans nos actions et dans la qualité de nos relations.

A la condition qu’il s’agisse d’une pratique éducative, évolutive, qui nous offre la possibilité de nous élever et de nous améliorer techniquement, physiquement et mentalement.

Nous sommes dans un dojo pour bâtir, non pas pour détruire. Une pratique sans stress, nous sommes aussi sur les tatamis pour passer d’agréables moments.

Toujours dans notre domaine, il faut souhaiter la régularité qui est la seule garantie de progrès. Il faudra s’impliquer sérieusement, venir une fois de temps en temps ne sert pas à grand-chose. Certes, cette régularité dépendra aussi d’un enseignement attractif, motivant et sécuritaire. (En plus d’une indispensable volonté personnelle.)

Attractif : qui donne envie de commencer. Motivant : qui donne envie de continuer. Sécuritaire : qui permet d’évoluer en évitant une pratique brutale qui provoque des blessures. Une pratique sécuritaire ne signifie pas inefficace, bien au contraire, puisque c’est une pratique qui s’inscrira dans la durée !

On n’oublie pas non plus l’acquisition de grades supérieurs. Ils sont la récompense d’un ensemble de qualités, mais surtout les marqueurs d’un long chemin sur lequel se mêlent efforts et plaisirs.

Enfin, que dans les dojos continuent à être diffusées les belles valeurs qui, en plus de la qualité technique, font la richesse et la sagesse de nos ARTS.

Bonne année à toutes et à tous.

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La forme de corps…

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La semaine dernière nous évoquions « le sens du combat », cette semaine c’est au tour de ce qu’on appelle « la forme de corps ».

Il s’agit d’une expression connue des pratiquants d’arts martiaux, lorsqu’il s’agit de projections et de travail au sol. On peut aussi trouver cette qualité dans les techniques de percussions. C’est la capacité à bien adapter son corps à toutes les situations d’initiative et de défense.

On dit d’un pratiquant qu’il a une bonne « forme de corps ». De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce un don du ciel, ou bien le fruit du travail ?

C’est déjà une belle expression et une flatteuse qualification. Cette qualité permet, au moment de l’exécution d’une technique, de ne faire qu’un avec la technique en question, de l’épouser pleinement. C’est la parfaite adaptation du corps à la technique et au partenaire.

On peut être doté de quelques prédispositions, mais ce sont les inlassables répétitions qui permettent d’obtenir un résultat. On doit « sculpter », « modeler » son corps, un peu comme l’artiste travaille « la masse » avant de produire une belle sculpture. (Toujours la valeur travail !)

D’ailleurs, à propos d’artistes, ceux qui pratiquent les arts martiaux n’en sont-ils pas ? Ne sommes-nous pas admiratifs devant la beauté d’un geste qui associe efficacité et esthétisme ?

Cette forme de corps rassemble plusieurs qualités : principalement la précision, la souplesse, la tonicité et la vitesse. Je ne parle pas de force physique, mais d’une utilisation optimale de l’énergie dont chacun est pourvu, tout en utilisant celle de l’adversaire. On est dans le principe du « maximum d’efficacité avec le minimum d’effort (physique) ».

Pour revenir aux prédispositions, il y a des morphologies plus adaptées à telle ou telle pratique martiale, il y a des personnes plus talentueuses, mais quelques soient ces prédispositions, il faudra les révéler, les renforcer et les conserver. Les révéler grâce au professeur, les renforcer et les conserver avec l’entraînement.

Cette forme de corps utilise nos armes naturelles dans un ensemble où sont réunis plusieurs éléments qui s’enchaînent, ou s’associent et s’imbriquent avec naturel, mais aussi avec un bon déplacement qui offre le bon placement au bon moment. Tout comme pour le sens du combat, une bonne forme de corps, qui n’est pas utilisée au bon moment, ne sera pas d’une grande utilité.

Quoiqu’il en soit, c’est toujours et encore la volonté et le travail qui permettent de trouver et de renforcer cette qualité. Il faudra bénéficier d’un professeur qui offrira un bon apprentissage et les bonnes méthodes d’entraînement pour affûter et ciseler un ensemble qui conduira à une finesse technique qui sera en quelque sorte la synthèse de ces vertus.

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Le sens du combat

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Le sens du combat, on le retrouve aussi bien dans le travail à distance que dans celui du corps à corps. Le timing, le bon moment pour prendre l’initiative ou pour effectuer la bonne défense et exécuter le bon contre.

En judo, imposer rapidement son kumi-kata au bon moment, ou empêcher l’adversaire d’assurer le sien en une fraction de seconde, c’est un peu la même chose que d’atteindre sa cible en un éclair ou de parer un coup dans les disciplines qui les utilisent ! La captivité  d’exécuter le bon geste au bon moment est déterminante.

Il existe des prédispositions, mais il y surtout l’entraînement (contre lequel on ne peut rien). Les randoris, les kumités, les assauts, en fonction de la discipline pratiquée, permettent d’obtenir les automatismes, face à toutes les situations d’attaques et de défenses. Porter une attaque au moment opportun, effectuer la bonne esquive, et si possible réaliser le contre parfait dans l’attaque de l’adversaire, ce qu’on nomme en japonais le sen-o-sen.

Bien maîtriser une technique si elle n’est pas placée au bon moment, cela ne sert à rien. Ce sens du combat était encore plus utile au temps des samouraïs, lors des combats qu’ils se livraient, c’était une question de survie.

Ce sens du combat, une autre personne doit en être pourvue, c’est l’entraîneur dans les disciplines où existent des compétitions. Il apporte un indispensable regard extérieur.

Il n’y a pas que dans le combat physique que la rapidité de réaction est utile et déterminante ! Rapidité de réaction du corps, mais aussi de l’esprit : voilà un ensemble qu’il est bon de cultiver !

Ce sens du combat on peut aussi le transposer dans le quotidien, dans nos relations sociales, familiales, amicales. Savoir, avec des mots qui font mouche,  arrêter immédiatement un conflit !

Avoir le sens de la répartie, répondre intelligemment à une injure, « désarmer » un agresseur verbal avec le bon mot et la bonne formule, c’est aussi tout un art.

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Un peu d’histoire (pas si lointaine)

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A la fin des années 1960 le judo était devenu très populaire. Cependant l’aspect sportif prenait l’ascendant sur le traditionnel et l’utilitaire. En compétition, la mise en place des catégories de poids permettait à davantage de compétiteurs de pouvoir s’exprimer, mais en effaçant un peu le côté mythique « du petit qui battait le grand », ce qui pouvait arriver dans le « toutes catégories ».

Si le judo s’imposait comme une excellente méthode d’éducation physique et mentale en direction des enfants, il perdait de son influence auprès des adultes en quête d’une méthode de self défense.

D’autres disciplines, venant d’Orient, commençaient à occuper les tatamis : l’Aïkido offrait un aspect traditionnel recherché par certains et le karaté représentait pour beaucoup un moyen efficace de se défendre, notamment  à l’aide de ses « atemi » (coups portés).

Mon père, Bernard Pariset, après une carrière exceptionnelle de judoka se consacrait à son dojo parisien de la rue des Martyrs. Ainsi, il était à l’écoute de néophytes adultes souhaitant pratiquer un art martial. Or, il constatait que les demandes de renseignements affluaient en direction… du karaté. Nullement jaloux – il y avait une section karaté dans le dojo – il pensait néanmoins que c’était dommage, puisque dans notre discipline existait l’atemi-waza, mais que ce secteur avait été délaissé.

Fort de ce constat et ayant conservé des responsabilités à la fédération,  il réussi à convaincre Henri Courtine, à l’époque directeur technique national de la F.F.J.D.A., de mettre en place une progression ju-jitsu en parallèle à celle du judo, dans laquelle serait revalorisée la famille des coups : « l’atemi-waza ». Pour marquer les esprits, il décida d’appeler cette méthode « atemi-ju-jitsu ».

Il n’était pas question de révolution, mais d’adaptation. Les atémis que l’on retrouvait dans les différentes écoles de ju-jitsu méritaient une remise à jour, les autres disciplines comme le karaté l’avait d’ailleurs opérée, quelques temps avant.

L’idée était très simple : il suffisait de prendre la progression de judo de l’époque et de mettre en face de chaque technique son application en self-défense en la renforçant avec un « atemi », quand c’était utile et possible. Cela n’avait rien d’hétéroclite ou d’exceptionnel, dans la mesure où les projections puisent leurs origines dans la self défense ; on le prouve facilement en prenant une seul exemple : hiza-guruma sur une poussée de face aux épaules.

L’objectif étant de faciliter la tâche des professeurs en leur  proposant un moyen « clefs en mains » de satisfaire une population qui, soit avait passé l’âge d’affronter un entraînement physique parfois trop important, ou qui recherchait une méthode de self défense.

De fait, cette population restait dans la famille « judo ju-jitsu ».

La revalorisation de l’atemi-waza s’est  effectuée en parfaite compatibilité avec les deux autres composantes du ju-jitsu (projections et contrôles) en offrant une incontestable efficacité. On restait dans les mêmes attitudes. Il n’y avait aucune difficulté pour passer du ju-jitsu au judo et le contraire.

Au milieu des années 1970, le projet s’est concrétisé, il a connu un vrai succès au début des années 1980. Dans beaucoup de dojos on a assisté à l’éclosion de nombreuses sections « atemi-ju-jitsu », avec une quantité de pratiquants dépassant les espérances. Ainsi judokas et jujitsukas se rassemblaient sous une même bannière et sous le même toit, avec deux options, mais un même état d’esprit, une complémentarité et une interchangeabilité constructive.

Malheureusement parfois le succès fait peur et beaucoup y ont vu une concurrence potentiellement nuisible au judo, alors que l’objectif était exactement l’inverse. Peut-être est-ce que cela a été mal compris ou pas voulu être compris ? Toujours est-il qu’à partir du milieu des années 1990 une gestion radicalement différente a été mise en place. Les programmes des passages de grades sont devenus davantage judo que ju-jitsu et le peu qui restait du ju-jitsu était différent dans la forme et dans l’esprit.

De plus, l’apparition de compétitions d’affrontement direct allait à l’encontre de l’objectif initial, à savoir de proposer une discipline à but non compétitif, comme doit l’être un art martial traditionnel. (De fait, l’introduction de compétitions en ju-jitsu peut devenir une concurrence au judo.) Et puis, à partir du moment où existent des compétitions dans une discipline, les professeurs ont tendance à n’enseigner que les techniques autorisées dans ces affrontements. Ce qui entraîne la suppression de techniques efficaces en self défense.

En abandonnant l’aspect utilitaire, ou tout du moins en le négligeant, on se prive d’une population qui va voir ailleurs.

Devant ces bouleversements et mon incapacité à me résoudre à abandonner ce que j’avais appris, démontré et enseigné, et ne me retrouvant ni dans la forme, ni dans le fond des nouvelles orientations, j’ai décidé de prendre mes distances en 1995. J’étais dans l’impossibilité de renier mes convictions. Non pas par manque d’ouverture d’esprit, ni de renoncement à évoluer (d’ailleurs de mon point de vue, il ne s’agissait pas d’une évolution) mais, en plus de la fidélité à des convictions, il s’agissait tout simplement de pragmatisme, puisque les clubs qui avaient ouvert de  telles sections connaissaient un énorme succès.

Alors, pourquoi ce changement ? Je me pose encore la question.

En illustration de cet article, on trouve les couvertures des premiers ouvrages consacrés à cette méthode. Celui qui présente le travail debout est de 1976, le second consacré au travail au sol doit dater de 1983.

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Il y a vingt et un an…

Il y a vingt et un an, nous quittait Bernard Pariset.

Il était mon père, mon professeur et mon mentor. Il était un judoka au palmarès exceptionnel, il a marqué les débuts du judo dans notre pays et bien au-delà.

Un homme qui possédait aussi d’exceptionnelles qualités dans d’autres domaines. L’équitation et la sculpture notamment. Sans oublier un caractère bien trempé.

Après s’être constitué un palmarès exceptionnel en judo en « toutes catégories », avec la méthode Atemi Ju-Jitsu, il a été l’artisan de la renaissance du Ju-Jitsu dans notre pays.

Je propose quelques souvenirs en images avec des personnalités, des événements et des situations qui lui étaient particulièrement chers.

Entre autres souvenirs, la fin d’une interview d’Anton Geesink, dans laquelle le colosse néerlandais, lui rendait un sacré hommage.

Il est impossible d’évoquer mon père sans citer Henri Courtine. Tous les deux ont été de grands champions, mais aussi, chacun avec ses compétences, des artisans de la construction du judo ju-jitsu en France, et nos deux premiers 6eme dan en 1968.

Concernant ses « spéciaux » en judo, il y avait d’explosifs seoi-nage et une redoutable maîtrise du ne-waza.

Voilà quelques mots pour ne pas oublier. Pas de nostalgie exagérée, mais le respect de la mémoire pour des personnalités qui nous ont légué un précieux héritage sur lequel nous nous sommes appuyés. Aujourd’hui, c’est plus particulièrement vrai pour moi !

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Indispensables régularité et durée

Nous sommes arrivés à la deuxième partie de la saison qui en compte cinq, entre deux vacances scolaires (qui manifestement ne concernent pas que les scolaires). Malheureusement à chaque reprise, quelques uns « quittent le navire ». A la fin de la saison, l’effectif n’est pas le même qu’au début.

Ce n’est pas propre aux arts martiaux, mais c’est dommage. Sans régularité il ne peut y avoir de progrès, sans une pratique qui s’inscrit dans la durée, il est difficile de s’exprimer, ce sont des  évidences toujours bonnes’ à rappeler.

La société évolue : les sollicitations sont de plus en plus nombreuses, les priorités se déplacent, on s’investit de moins en moins sur le long terme, on s’investit de moins en moins, tout simplement ! Enfin, le goût de l’effort et de la ténacité prend moins de place.

Il fut un temps où les soirées d’entraînement étaient sacrées et passaient avant tout le reste, sauf cas de force majeure. Il faut être objectif et reconnaître que ce n’est plus trop le cas. On se trouve souvent une excuse.

Les arts martiaux ont peut-être perdu de leur aura au fil des décennies avec l’émergence de disciplines dont certaines sont largement en marge des valeurs éducatives.

Les arts martiaux imposent un investissement plus important. Pourquoi ?  D’abord parce qu’il s’agit de l’apprentissage et de l’utilisation de techniques faites pour mettre hors d’état de nuire, elles peuvent même être fatales, elles sont donc dangereuses si elles ne sont pas enseignées avec un minimum de précautions qui passent par la formation, l’expérience et le bon sens. Il faut du temps pour les « maîtriser » parfaitement, dans les deux sens du terme : à la fois sur le plan de l’efficacité, mais aussi du contrôle.

Ensuite l’art martial est une « école de vie » (s’il est enseigné correctement), on progresse en technique, mais aussi en termes de relations sociales et amicales, en éducation physique et mentale, en éducation tout court. On doit s’y investir totalement.

Dans un dojo, on apprend à vivre, on apprend la patience, on idéalise le goût de l’effort et du perfectionnement avec la récompense qui les accompagnera. On respecte les lieux, le professeur, les autres pratiquants, etc. Autant de choses utiles en société.

Bien que la pratique des arts martiaux se situe  aussi dans la catégorie des loisirs, si on souhaite progresser et ainsi pouvoir s’exprimer de plus en plus subtilement et ainsi éprouver le plaisir des progrès il est indispensable de faire un effort de régularité. Mais est-ce vraiment un effort ? Peut-être un peu au début, mais il n’est pas mauvais de changer et d’opter pour de bonnes habitudes !

Finissons sur une note positive en indiquant qu’il existe encore beaucoup de pratiquants qui connaissent l’importance d’un engagement sur du long terme et de la régularité pour découvrir et profiter de tous les trésors que détiennent les arts que nous pratiquons.

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Quelques E…

Efficacité, Éducation, Épanouissement, Etc.

Dans un dictionnaire des arts martiaux, la lettre E offre de belles définitions qui sont autant de qualités  développées grâce à une pratique assidue.

Efficacité. Bien sûr, surtout quand il s’agit de self défense. Avec le ju-jitsu, notamment, nous couvrons toutes les situations avec un ensemble de ripostes adaptées.

Education. Physique et mentale. Professeur, on est également « Éducateur » pour le corps et l’esprit. À une époque où la violence s’invite quotidiennement, en amont le rôle des éducateurs sportifs est déterminant. Dans les arts martiaux on se doit d’apprendre à combattre intelligemment. On bannit une surenchère de cette violence. Pour satisfaire cette éducation physique, on évite les blessures à répétition ; il est préférable d’éduquer que de rééduquer.

Épanouissement. Intimement lié au précédent critère. Cet épanouissement physique et mental permet d’être « bien dans son corps, bien dans sa tête ». Dans ce monde de plus en plus « spécial », l’épanouissement dans la pratique est un remède dont il serait dommage de se priver. Là aussi, cela s’obtient dans une ambiance constructive, positive.

Expression corporelle. Ces moments, où nous nous exprimons corporellement, nous apportent de la satisfaction, une estime de soi, une confiance personnelle. Autant d’éléments qui permettent d’avancer positivement dans la vie.

Efforts. Sans eux, sur le long terme, aucun résultat ne sera possible, ni aucune récompense. L’effort physique qui améliore le corps, l’effort mental qui renforce l’esprit.

Esthétisme. Certains le jugent superflu. J’ai déjà écrit que lorsqu’on sauve sa vie ou celle d’une tierce personne, il n’est pas d’actualité, mais à l’entraînement, il ne gâche rien. Il demande des efforts toujours récompensés. « La recherche du beau » finalise un accomplissement personnel. C’est le résultat de l’addition d’éléments positifs et constructifs tels que la patience, la persévérance, le goût du détail, etc. Il ne retire rien à l’efficacité, bien au contraire.

Enthousiasme. Sans enthousiasme dans la pratique, il n’est pas facile d’avancer positivement. Cependant, en cas de carence de cet état, celui-ci se développera au fil des années de pratique ou tout simplement au cours d’une séance.

Encouragements. Il y a les encouragements dispensés par le professeur et les encouragements qui nous viennent directement du constat des progrès réalisés grâce à une forte implication.

Voilà quelques réflexions utiles à une pratique qui est aussi un mode de vie. Nos belles disciplines ne sont-elles pas des « Écoles de vie » ?

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De la tenue

Depuis quelque temps on assiste à une forme d’abandon, pour ne pas dire de reniement, de ce qu’on appelle familièrement le kimono (bien que ce nom désigne plus spécifiquement une tenue  d’intérieur) et conjointement de disciplines qui adoptent cette tenue.

Cette tenue et ces disciplines seraient-elles considérées comme ringardes, dépassées, has been ? Je ne le pense pas, elles ont la force de leur histoire.

Si j’accepte les évolutions, et respecte de nouvelles tendances, ce n’est pas pour autant que je renie nos racines et que je retournerai ma veste (de judogi).

Autre cas de figure, quand à l’occasion  de certains entraînements se mélangent kimonos et tenues utilisées dans d’autres sports.

Ne s’agit-il pas d’une forme de négligence et de reniement, par rapport à des traditions qui sont respectés dans d’autres sports ? Short et tee-shirt pour la plupart des sports collectifs, tenue spécifique pour l’escrime, maillots de bain pour la natation, etc. Peut-être serais-je convaincu lorsque je verrais sur les pelouses ou les parquets des gens en judogi.

On peut pratiquer plusieurs disciplines, bien qu’il ne soit pas conseillé de se disperser, mais lorsque l’on en pratique une, on adopte et respecte sa tenue.

C’est l’occasion de rappeler, comme je le fais régulièrement, les avantages de la notre et le fait que si dans nos disciplines à traditions, nous ne la respectons pas, où le fera-t-on ?

Commençons par les véritables appellations.  Il en existe plusieurs qui définissent ce que l’on revêt dans un dojo ; parmi les plus répandues on trouve le judogi, le karategi, le keikogi. Le « jujitsugi » est très peu évoqué. Pour les principaux arts martiaux japonais on peut le nommer tout simplement le « dogi ». En Taekwondo, art martial coréen, c’est le dobok.

Ensuite, notamment pour le judogi, grâce à sa texture, cette tenue est pratique et hygiénique. Elle est résistante aux différents assauts qu’on lui fait subir. Elle est hygiénique, elle permet d’absorber les litres de sueur produits lors des entraînements. Et cette tenue blanche à une signification, elle représente entre autre une forme d’humilité, de simplicité et pourquoi pas de pureté.

Elle possède également comme vertu celle d’effacer toute distinction sociale. On ne frime pas vraiment dans un « gi ». Nous sommes tous égaux pour ces moments d’étude et de partage. Dans certains cas, elle permet d’oublier quelques complexes physiques.

Enfin, dans le combat rapproché, notamment au sol, elle évite une proximité qui peut être parfois gênante et même rebutante pour certains et certaines.

Enfin, sur le plan de la self défense, donc de l’efficacité, et à ceux qui affirment avec raison que dans la rue nous ne sommes pas en judogi, on peut répondre que dans la rue nous ne sommes pas non plus torse nu, ou très rarement et qu’un morceau de tissu, un blouson, une veste peuvent remplacer le judogi pour appliquer certaines techniques. D’autres pouvant d’ailleurs se réaliser avec ou sans vêtement, quel qu’il soit.

Cette tenue, je la respecte au plus haut point ; n’est-elle pas mon principal « outil de travail » ? Elle est aussi devenue au fil des années ma « deuxième peau ». Parfois elle a même été mon « bleu de travail ».

S’affranchir de toutes les traditions au nom d’une prétendue modernité ou même d’une soi-disant liberté pourra être sans limite. Si on ne respecte pas un symbole tel que celui-là, pourquoi pas, tant que nous y sommes, ignorer d’autres signes de respect.

Bannir ces coutumes c’est céder à la facilité, à un manque de rigueur pourtant indispensable dans bien des circonstances et pas simplement dans un dojo.

Au début des années 1970, à l’initiative de l’immense champion de judo néerlandais Anton Geesink, il y eut une tentative de kimonos de couleurs (de toutes les couleurs), qui n’a pas vraiment connu le succès.

Ensuite, au début des années 1990, le kimono bleu est apparu lors des compétitions de judo, dans le but de faciliter la compréhension des combats. Dans le même esprit, j’ai moi-même opté pour cette couleur dans mes démonstrations et dans des ouvrages. Ça m’arrive encore pour des photos au sol.

Quelques professeurs l’utilisent à l’occasion de leurs cours, cela a été mon cas durant un temps, pour « aérer » mes ju-jitsugis de démonstration, à l’époque où j’en faisais.

Une fois cette époque passée, je suis revenu à la pure tradition. Et puis un enseignant doit pouvoir se distinguer davantage par son savoir et son aura que par la couleur de sa tenue.

Dans cet article j’évoque les arts martiaux, mais d’autres sports de combats possèdent leur propre équipement (boxe, lutte, etc.), que les pratiquants arborent fièrement.

Enfin, l’utilisation de la « tenue de ville » (adaptée) pourra être considérée comme un complément à l’étude de la self défense, dans des cours spécifiques. Ça peut  être aussi une approche et une étape avant de rejoindre le monde des budos. Alors : un peu de tenue !

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Self défense : quelques exemples.

Tout au long de ma carrière d’enseignant, j’ai pu recueillir de nombreux témoignages d’élèves qui ont subi des agressions qui n’étaient pas la conséquence de provocations tendant à démontrer qu’il faut être confronté « à la rue » pour se tester.

Ces personnes, jeunes ou moins jeunes, pratiquantes de haut-niveau ou pas, hommes ou femmes, ont réussi à se sortir de mauvaises situations grâce à leur pratique du ju-jitsu. Sans doute est-ce le cas grâce à d’autres disciplines, mais j’évoque les exemples qui m’ont été rapportés.

Aujourd’hui, j’en propose quelques-uns. Les noms ont été changés. Ces histoires, véridiques, prouvent, si besoin était, que les pratiques en tenue martiale, dotés d’objectifs qui ne se limitent pas à la bagarre de rue, ne sont pas incompatibles avec une efficacité certaine.

Jean-Pierre, pratiquant depuis quelques semaines, en vacances dans « les îles », a pu « faire face » à un tesson de bouteille manié par un individu qui manifestement ne lui voulait pas que du bien, cela grâce à une simple clef au bras (ude-gatame).

Solange, ceinture noire de ju-jitsu, a pu mettre en dehors d’une rame de métro un voyageur qui ne cessait d’importuner les autres, et cela à l’aide d’un simple taï-sabaki (déplacement du corps).

Avec un mae-geri (coup de pied de face) bien placé (ou mal placé, selon le camp dans lequel on se trouve) Viviane n’a pas hésité à condamner les ambitions perturbatrices d’un homme sur un quai de métro.

C’est avec un autre coup de pied, yoko-géri, que Martin à « ruiné » le genou de celui qui avait jeté son dévolu sur sa sacoche. Martin était ceinture blanche, il sortait d’une séance durant laquelle avait été effectué un travail important sur ce « coup de pied de côté ».

Jean, ceinture noire 4ème dan, policier de son état doit son salut (et peut-être celui d’autres personnes) à un waki-gatame de bonne facture sur un bras armé d’un revolver.

Alain, gradé en judo et en aïkido a pu faire face à une autre menace de revolver (factice, mais il l’ignorait) à l’aide d’une technique de désarmement que l’on retrouve par ailleurs dans le goshin-jitsu.

Ces quelques exemples, mais il en existe d’autres, prouvent si besoin est que la pratique d’un art martial peut être utile pour se sortir d’une mauvaise situation et même pour sauver sa vie et celle d’un tiers.

Cependant, rien n’est jamais acquis, plusieurs facteurs doivent être pris en considération ; la chance en premier lieu, la maîtrise technique, un peu de condition physique, mais aussi la capacité à ne pas perdre ses moyens dans une situation exceptionnelle. Il n’est pas inutile de rappeler qu’éviter toute confrontation, à l’issue fatalement fâcheuse, est la solution la plus sage.

Il m’a aussi été rapporté des histoires qui ne se sont pas aussi bien terminées, mais c’était de la part de personnes qui ne pratiquaient pas encore ; ces tristes expériences ont bien souvent motivé des inscriptions dans un dojo et curieusement – et heureusement – il n’a plus été question d’agression. Sans doute une confiance en soi ressentie par l’agresseur potentiel et l’évaluation de certaines situations à risque.

Quant à un troisième cas de figure, justement, c’est-à-dire celui d’un pratiquant dans l’incapacité de se défendre, aucun exemple ne m’a été confié ; peut-être par amour-propre ou encore parce que ce n’est pas arrivé, tout simplement. Que cela ne fournisse surtout pas la prétention et l’irresponsabilité de se croire invincible.

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Trois petites histoires (vraies)

Quelques anecdotes et réflexions

On se doute que ma carrière ne manque pas d’expériences en tout genre, mais aussi d’anecdotes surprenantes, parfois croustillantes et qui amènent autant de réflexions. Je profite de cette période où certains ont la chance de profiter d’un peu de vacances pour en proposer trois.

On commence avec une remarque particulière. Un soir, il y a quelques années, après une séance à l’essai, une personne me confie qu’elle ne s’inscrira pas, au motif que la séance n’était pas assez violente. Je lui ai confié qu’il s’agissait, pour ce qui me concerne, d’un beau compliment. Devant ma réaction cette personne m’a dit qu’elle avait du s’exprimer maladroitement, qu’elle voulait dire qu’elle souhaitait davantage de contact, comme dans la réalité. Pour la énième fois j’ai répété que la réalité c’était la réalité et l’entraînement c’était l’entraînement. Que nous étions là pour construire, non pas pour détruire.

Un autre exemple, il n’y a pas si longtemps, dans le nouveau dojo parisien que je venais d’ouvrir en 2019, avant la crise sanitaire destructive du Covid. Un homme me confiait qu’il avait fait quelques cours dans un club, qu’il en gardait un mauvais souvenir dans la mesure où, à chaque fois il mettait plusieurs jours à s’en remettre. A tel point qu’il se demandait s’il n’était pas préférable de ne rien pratiquer, quitte à « se faire casser la g…… » quelques fois, plutôt que de subir un tel traitement  deux fois par semaine. Il n’était pas démuni d’humour. Sans doute, il aurait été approprié que la seconde personne donne cette adresse à la première.

Enfin, un dernier pour aujourd‘hui. Nous sommes dans les années 1980, à Paris dans le célèbre dojo de la rue des Martyrs. Je démontre et explique une défense sur saisie par l’arrière à la gorge, avec une riposte classique en technique d’épaule : ippon seoi nage. D’un seul coup, entre deux explications alors que les élèves étaient encore autour de moi avant d’aller répéter, je sens quelqu’un me saisir brutalement de la même manière que pour l’attaque étudiée. Sans réfléchir, et faisant même l’économie d’un coup de coude de déséquilibre, j’applique la technique démontrée juste avant. La personne s’est retrouvée quelques mètres devant moi, assise jambes écartées après avoir « ricoché » sur le tatami. C’était son premier cours, il venait faire un essai. Je m’approche et lui demande pourquoi il a fait ça ? Il m’a répondu : « Pour voir » ! A mon tour je lui réponds : « Et bien vous avez vu » ! Il s’est inscrit.

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