Que ce soit bien clair, je ne suis absolument pas contre la compétition – tous sports confondus -, même s’il y aurait beaucoup à dire sur certaines dérives qui touchent parfois le sport de haut-niveau ; ce que l’on pourrait appeler le revers de la médaille. L’affrontement codifié, lorsqu’il est pratiqué avec un bon état d’esprit et dans le respect des règles est formateur sur bien des plans, il permet de se surpasser le jour J, mais surtout il impose une discipline de vie emprunte d’efforts et de rigueur lors de la préparation.
Ce que je regrette, c’est de proposer des compétitions d’affrontement direct dans des disciplines qui ne sont pas faites pour cela, entraînant certaines dérives mais surtout une « dénaturisation».
Je peux comprendre l’intérêt suscité chez certains par le « ju-jitsu-combat » tout comme je respecte les compétiteurs qui y participent. Pour certains, il est toujours plaisant et intéressant de trouver des moyens de s’affronter. Mais face à ce que je pense être contre nature, je me permets de donner mon avis et de mettre en avant mes arguments.
Tout d’abord, sur le plan purement « pratique » et historique, lorsque l’idée de remettre à l’honneur le ju-jitsu en France est venue au début des années 1970, l’objectif était qu’il redevienne le complément d’un judo de plus en plus axé sur la compétition et de proposer sous l’appellation ju-jitsu, un judo non-compétitif, au travers d’une méthode de self-défense qui, entre autres, revalorisait l’atemi-waza (le travail des coups). La self-défense ayant toujours été une motivation forte. A l’évidence ceci a été mal compris, quelques années plus tard apparaissait le « fighting-system », imposant ainsi l’instauration d’un règlement (utile pour des raisons de sécurité) qui a retirer à l’art martial une partie de sa substance.
Les inconvénients de cette formule sont les suivants : d’abord, la compétition n’intéresse qu’une minorité et n’est pas accessible à tous. Ensuite, comme indiqué plus haut, elle impose un règlement mettant à l’écart beaucoup de techniques, parmi les plus dangereuses donc les plus efficaces en self-défense. Surtout quand certains professeurs limitent le contenu de leurs séances aux techniques autorisées en combat. Puis, quand on parle compétition, on pense résultats, médailles et il est toujours flatteurs de se retrouver dans les pages sportives du « régional » le lundi matin, au risque de négliger le principe d’une activité ouverte à tous. Il est utile de ne pas perdre de vue que nous sommes dans des disciplines de combat et que la compétition, encore davantage que dans d’autres activités, est réservée aux plus jeunes. Il est dommage de négliger une importante frange de la population. Enfin, ce qui devait se présenter comme un complément au judo, peut à la limite se révéler comme une forme de concurrence. De plus, le ju-jitsu, n’est pas moins que le reflet d’un combat réel, et que l’application d’un règlement, non seulement spolie la technique mais aussi cet état de fait qui est la raison d’être ce cet art martial.
Ne pas soutenir les compétitions d’affrontements directs dans les arts martiaux traditionnels n’empêche pas, bien au contraire, au travers de méthodes d’entraînement diverses et engagées, secteur par secteur, mais conventionnelles de façon à éviter les accidents, de proposer un investissement physique intense, adapté en fonction de critères tels que la sécurité, l’âge, le niveau technique et les aspirations des pratiquants.
Le rôle d’un professeur n’est-il pas de défendre les principes fondamentaux de sa discipline, de garantir son identité et d’en empêcher certains reniements au nom d’une soi-disant évolution ?
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Arme fatale par excellence, puisqu’il s’agit bien souvent d’une addition de force, la contre-prise est utilisée de fait en self-défense, en réponse à une attaque (agression en l’occurrence). Exception faite pour quelques défenses par anticipation. Le ju-jitsu, dont le principe de base est l’utilisation de la force de l’adversaire est particulièrement efficace dans ce domaine.
Du 2 au 7 juillet, j’aurai le grand plaisir de proposer un stage d’une semaine sur les bords de la Méditerranée, à Carqueiranne exactement. Située entre Hyères et Toulon cette charmante station balnéaire accueillera pour la première fois une semaine de ju-jitsu-vacances.
Judo Magazine juillet-aout 1983. Je remercie Marc Codaccioni de Toulon (très prolixe sur les réseaux sociaux) d’avoir « exhumé » la couverture de la revue judo parue en juillet 1983. C’était l’époque où sous l’impulsion d’une commission technique motivée et persuadée qu’un ju-jitsu éducatif pouvait être associé au judo, un plan de relance énergique de « l’héritage des samouraïs » était mis en place. Depuis le début des années 1970, nous étions quelques professeurs à avoir testé avec succès la méthode appelée atemi-ju-jitsu. Au sein de cette commission, nous mettions notre expérience au service d’un plus grand nombre d’enseignants. On m’avait alors confié la responsabilité des premiers stages de perfectionnement en direction des professeurs qui souhaitaient élargir leur panel technique. C’était à Chamonix au pied des neiges éternelles du Mont-Blanc. Par la suite les évènements n’ont pas été à la hauteur des espérances en matière de rapprochement et encore moins d’union, qu’importe la technique est restée, elle a satisfait un nombre considérable de passionnés et continue à le faire.
Tori et Uke sont deux personnages bien connus des pratiquants d’arts martiaux et notamment des ju-jitsukas, ils sont les deux partenaires lors des séances d’entraînement. Pour faciliter les présentations nous pourrions expliquer que dans ce couple d’inséparables, Tori incarne « le gentil » et Uke « le méchant ». Cette définition, même si elle facilite l’identification des rôles, est un peu simple dans la mesure où les deux protagonistes sont complémentaires et non pas adversaires. Sans Uke, Tori n’existe pas. Affirmer que c’est Tori qui a le « dernier mot » serait plus juste pour signifier les implications respectives.
Ces cinq mots commençant par la même lettre, résument ma conception du ju-jitsu. Celle-ci m’a guidé tout au long de mon parcours.
Dimanche dernier, à l’occasion du stage j’ai donc retrouvé Paris, je l’avais quitté en avril dernier. Ce fût l’occasion de passer un excellent moment en compagnie de mes anciens élèves et le bonheur de faire mon métier auprès de personnes convaincues et enthousiastes.
Je voulais remercier tous ceux qui ont réagi de façon très sympathique aux vœux que j’ai postés sur Facebook à l’occasion de la nouvelle année. Comme tout le monde n’est pas sur ce réseau social, je souhaite une très belle année à ceux que je n’ai pu joindre.
Fidèle à cette habitude qui est de proposer en période de congés quelques petits contes et histoires riches en enseignement, je ne déroge pas à la règle avec les quelques lignes qui suivent. Une fois de plus, elles sont issues du même recueil de pépites : « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon ». Réunis par Pascal Fauliot, aux éditions Albin Michel.