Violence et brutalité, non-violence et finesse technique

Histoire de bien commencer l’année, je reviens sur un sujet qui me tient à cœur, à savoir la violence et la non-violence et ce qui va avec, c’est-à-dire la brutalité er la recherche de la finesse technique.

Il serait indécent de nier que nous vivons dans un monde violent, dans lequel la brutalité s’exerce bien trop souvent, la brutalité physique, mais aussi la brutalité verbale et comportementale.

Dans notre domaine le rôle du professeur d’arts martiaux est essentiel, il se doit d’être un exemple, sa mission est aussi de combattre ce fléau en proposant un enseignement tout à la fois efficace en matière de self défense, mais aussi riche en valeurs éducatives et non pas destructives.

On peut contrôler un individu en se contrôlant, le maîtriser en se maîtrisant. Les situations ne manquent pas dans lesquelles il faut juste contrôler une personne, sans aller plus loin. Et cela pour différentes raisons. C’est là que l’enseignement reçu au dojo est important sur le plan de la pluralité technique et sur celui de l’état d’esprit.

Sur le plan technique, être capable de faire face à des situations extrêmes, mais aussi à de banales « embrouilles » causées par une personne qui ne réfléchit pas trop à ce qu’elle fait. Donc, on se doit de maîtriser aussi les techniques de contrôle : les clefs et les immobilisations.

Sur le plan de l’état d’esprit, c’est la responsabilité du professeur. C’est à lui de dispenser un enseignement qui favorise, en complément de l’apprentissage et du perfectionnement technique, la sagesse comportementale. Une pratique dans laquelle la brutalité n’a pas sa place, ce qui n’empêche pas un engagement physique important (il ne faut pas confondre les deux), mais avec certaines règles qui protègent l’intégrité physique, même si dans la réalité les règles n’existent pas.

Il ne serait pas sain de s’entraîner avec une violence identique à celle qui règne lors d’une agression. Les cours servent  à renforcer le corps techniquement et physiquement, à l’améliorer et non pas à le détériorer. Une pratique violente n’apportera que des blessures qui forcément entraîneront un manque de régularité, donc de progrès, et surtout elle rebute beaucoup de personnes. On vient – normalement – pour apprendre à ne pas se faire mal, des fois c’est l’inverse qui est proposé ; pour beaucoup ce n’est pas un enseignement, mais un découragement.

Quant au mental, il en est de même : travailler dans une ambiance stressante dans laquelle suinte la violence ne dure qu’un temps. Au dojo, on est là aussi pour se détendre, pour apaiser l’esprit.

Concernant la recherche de la finesse technique, elle n’apporte  que des bienfaits et des satisfactions. D’abord de l’efficacité : « minimum d’efforts et maximum d’efficacité », selon une des maximes de Jigoro Kano. Ensuite,  le plaisir de constater ses progrès est une récompense inestimable.

Certes, cela demande beaucoup de travail, de rigueur et de patience. Ce n’est pas donné à tout le monde, il faut le pouvoir mais surtout le vouloir. C’est ne pas céder à la facilité. Il faut les compétences d’un enseignant, de la volonté et de la rigueur de la part du pratiquant. Non pas pour faire mieux qu’un autre, mais faire mieux que soi-même.

Alors, bonne année, bonne et longue pratique constructive et non pas destructive.

N’oublions pas les fortes valeurs liées aux arts martiaux traditionnels. Même si elles ne sont plus tout à fait dans l’air du temps, elles  le redeviendront.

www.jujitsuericpariset.com

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