
L’engouement que suscitent certaines disciplines dites « modernes » ou « extrêmes » est surprenant. Qu’une méthode utilisant l’art de combiner les coups, les projections et les contrôles rencontre du succès n’a rien d’étonnant (il en existe quelques-unes) et ce n’est pas moi, ardant défenseur du ju-jitsu, qui critiquerais de telles combinaisons techniques.
Ce qui est surprenant, c’est la vitesse à laquelle cette notoriété s’est opérée. La réponse se trouve sans doute dans la mise en place d’une couverture médiatique exceptionnelle. L’organisation des fameux combats qui se déroulent dans « la cage » représente d’importants enjeux financiers, vous ajoutez à ceci la réputation sulfureuse qui entoure ces joutes et vous obtenez une promotion exceptionnelle.
Vendre du papier et faire fonctionner la billetterie d’une part et d’autre part attirer des élèves dans les « salles de sports » pour une pratique-loisir régulière sont deux choses différentes. D’autant que cette pratique ne peut être le reflet du traitement réservé à ces nouveaux gladiateurs. Si tel était le cas il ne serait pas évident pour les pratiquants de se rendre au travail le lendemain. Mais, pour certains, cela en jette sans doute et en impose surement de confier à ses collègues que l’on s’adonne de façon régulière à la discipline qui se pratique « dans la cage » ! De plus, s’affranchir des codes et des usages attachés aux arts martiaux traditionnels est une façon de se singulariser. Dommage ! Quant aux fameux combats, ils ne s’embarrassent pas d’un règlement garantissant l’intégrité physique des protagonistes et nous imposent une violence que ne peut cautionner « l’éducateur » que je suis aussi !
Alors pourquoi une telle promotion ? Sans doute parce qu’une fois encore, lorsqu’il est question d’argent, tout est possible; ensuite l’effet d’entraînement fait son œuvre. (Un tel phénomène n’est pas réservé au seul milieu sportif !) Mais faisons confiance à l’intemporalité des arts martiaux traditionnels (y compris à ceux qui n’ont pas la chance d’être sous la férule d’une fédération à part entière) et à toutes les valeurs qu’ils ne manquent pas de véhiculer.
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La semaine dernière sur Facebook j’évoquais Soulac-sur-Mer, où durant vingt-cinq années le ju-jitsu était à l’honneur à chaque période estivale. Le nombre de « like » et de commentaires favorables m’ont donné l’envie de développer le sujet.

« Pouvoir maîtriser quelqu’un sans forcément mettre ses jours en danger » est une formule qui convient parfaitement à ce groupe de techniques dont le but est d’agir sur les articulations au point de provoquer une douleur qui contraint l’adversaire ou l’agresseur à l’abandon. « Forcer l’articulation dans le sens inverse de son fonctionnement naturel » est une autre formule très explicite. L’efficacité des clefs est incontestable et leur utilisation permet aussi de « graduer » la riposte. Son utilisation est moins radicale que celles des projections et des coups, ce qui n’est pas négligeable sur le plan de la légitime défense, mais aussi au nom du respect de la vie.
C’est toujours un grand plaisir que celui de proposer, de temps en temps, quelques lignes issues du recueil « Contes et récits des arts martiaux de Chine et du Japon ». Cette fois elles nous conduisent à quelques réflexions sur les « forces de l’esprit », qui peuvent nous habiter à partir d’un certain niveau d’engagement et de pratique.
Encore une couverture de magazine en rapport direct avec ce billet. Cette fois c’était en 1984 et il s’agissait d’un numéro hors-série de la revue « judo » de la FFJDA. Une parution qui s’adressait trimestriellement aux dirigeants de club et aux élus régionaux.
Avec une présentation plus complète du nage-waza, (travail des projections), ce billet étoffera celui publié le 13 octobre dernier dans lequel étaient évoquées les trois familles du ju-jitsu (atemi, nage et katame).