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« La forme de corps », « le sens du combat » : voilà des expressions que l’on utilise parfois sans vraiment approfondir leur signification. Ces deux-là ont été abordées dans de précédents articles.
Aujourd’hui, avec « l’état d’esprit », passons à une autre belle expression. Certes, elle est moins palpable, pourtant elle est d’une importance majeure.
Avoir un « bon état d’esprit » est une des conditions « sine qua non » pour réussir dans les arts martiaux. Que ce soit en tant que pratiquant et bien davantage comme enseignant. L’enseignant qui non seulement a la responsabilité d’enseigner des techniques de combat, mais plus encore de les enseigner avec discernement et avec une maîtrise absolue.
On l’utilise cette expression pour qualifier une attitude qui n’est pas que physique. Mais une façon de se comporter, dans un dojo notamment. Mais aussi au quotidien.
Elle définit un comportement emprunt de discrétion, d’humilité, de modestie, de respect, de prévenance, d’entraide, plus largement d’une attitude positive et constructive.
Il s’agit aussi de faire preuve d’ouverture d’esprit, par exemple vis-à-vis des autres disciplines et plus largement d’absence d’apriori à propos de ce qu’on ne maîtrise pas. Faire preuve d’enthousiasme, pas de rejet stérile.
Un bon état d’esprit commence par la base : le respect. Le respect des personnes, des lieux et des traditions. Du professeur, des plus anciens, des débutants avec la fameuse entraide.
Tout cela va sans dire, mais à notre époque, ça va mieux en le disant.
Un bon état d’esprit c’est aussi une absence de prétention, d’esbroufe, de fanfaronnade ; c’est tout le contraire.
Il se matérialise aussi avec la reconnaissance envers ceux qui nous ont tant appris, les respecter et surtout ne pas les oublier.
Pour un gradé, c’est se mettre au niveau du plus faible techniquement, avoir la patience de lui inculquer les bases qui lui permettront un jour de nous rejoindre et peut-être de nous dépasser, ce qui ne manquera pas de nous apporter la fierté d’avoir été utile et non pas de la jalousie.
Un bon état d’esprit se matérialise sur le tatami, avec, lors des exercices d’opposition, une attitude axée sur l’initiative et des réactions défensives exsangues de dangerosités. À l’entraînement, la personne avec laquelle on travaille est un partenaire et non pas un adversaire.
C’est aussi reconnaître la défaite lors de compétitions. C’est être beau joueur et féliciter son vainqueur. C’est respecter les décisions de l’arbitre ! En cas de victoire, c’est bannir toute attitude humiliante.
Un bon état d’esprit c’est essayer de poursuivre le plus longtemps possible la pratique, ne serait-ce que pour donner l’exemple !
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