
Screenshot
La semaine dernière nous évoquions « le sens du combat », cette semaine c’est au tour de ce qu’on appelle « la forme de corps ».
Il s’agit d’une expression connue des pratiquants d’arts martiaux, lorsqu’il s’agit de projections et de travail au sol. On peut aussi trouver cette qualité dans les techniques de percussions. C’est la capacité à bien adapter son corps à toutes les situations d’initiative et de défense.
On dit d’un pratiquant qu’il a une bonne « forme de corps ». De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce un don du ciel, ou bien le fruit du travail ?
C’est déjà une belle expression et une flatteuse qualification. Cette qualité permet, au moment de l’exécution d’une technique, de ne faire qu’un avec la technique en question, de l’épouser pleinement. C’est la parfaite adaptation du corps à la technique et au partenaire.
On peut être doté de quelques prédispositions, mais ce sont les inlassables répétitions qui permettent d’obtenir un résultat. On doit « sculpter », « modeler » son corps, un peu comme l’artiste travaille « la masse » avant de produire une belle sculpture. (Toujours la valeur travail !)
D’ailleurs, à propos d’artistes, ceux qui pratiquent les arts martiaux n’en sont-ils pas ? Ne sommes-nous pas admiratifs devant la beauté d’un geste qui associe efficacité et esthétisme ?
Cette forme de corps rassemble plusieurs qualités : principalement la précision, la souplesse, la tonicité et la vitesse. Je ne parle pas de force physique, mais d’une utilisation optimale de l’énergie dont chacun est pourvu, tout en utilisant celle de l’adversaire. On est dans le principe du « maximum d’efficacité avec le minimum d’effort (physique) ».
Pour revenir aux prédispositions, il y a des morphologies plus adaptées à telle ou telle pratique martiale, il y a des personnes plus talentueuses, mais quelques soient ces prédispositions, il faudra les révéler, les renforcer et les conserver. Les révéler grâce au professeur, les renforcer et les conserver avec l’entraînement.
Cette forme de corps utilise nos armes naturelles dans un ensemble où sont réunis plusieurs éléments qui s’enchaînent, ou s’associent et s’imbriquent avec naturel, mais aussi avec un bon déplacement qui offre le bon placement au bon moment. Tout comme pour le sens du combat, une bonne forme de corps, qui n’est pas utilisée au bon moment, ne sera pas d’une grande utilité.
Quoiqu’il en soit, c’est toujours et encore la volonté et le travail qui permettent de trouver et de renforcer cette qualité. Il faudra bénéficier d’un professeur qui offrira un bon apprentissage et les bonnes méthodes d’entraînement pour affûter et ciseler un ensemble qui conduira à une finesse technique qui sera en quelque sorte la synthèse de ces vertus.
Follow