Le Dojo du Stade Français
Après avoir évoqué la Rue des Martyrs et le Central au cours des semaines précédentes, aujourd’hui je propose le troisième et dernier volet consacré à la lettre D, comme Dojos, ceux qui m’ont laissé les meilleurs souvenirs.
Nous sommes dans le 16ème arrondissement, près de la Porte de Saint-Cloud. Le complexe sportif Géo André, l’un des sites du Stade Français, propose des cours de tennis et de squash, entre autres activités, et un dojo depuis la fin des années 1970. La prestigieuse institution, créée en 1883 un an après le non moins réputé Racing Club de France, à une époque où l’on assistait à un formidable élan sportif dans notre pays, avait décidé d’accueillir le judo. En la personne d’Henri Courtine cette section s’offrait un président de renommée mondiale, mais aussi, avec Kyoshi Murakami, un professeur et un technicien exceptionnel, issu de la fameuse université de Tenri. Il dispensait deux cours d’ adultes par semaine. Les autres séances ainsi que les cours pour les enfants étaient donnés (et le sont encore) par Raymond-Yves Caraishi, un homme que j’apprécie tout particulièrement ; nous nous étions connus au Bataillon de Joinville en 1973.
La structure est totalement différente de celles des deux précédents dojos. D’abord de par l’environnement ; nous sommes dans un quartier aux larges avenues et aux immeubles bourgeois qui tranchent avec les rues étroites et les immeubles anciens de la rue des Martyrs et du Faubourg Saint-Denis. Concernant le dojo, il s’agit d’un vaste local aux grandes baies vitrées qui donnent directement sur de la verdure. Le site Géo André étant doté d’une petite piste d’athlétisme avec en son milieu une magnifique pelouse.
Personnellement entre les années 1979 et 1984, j’y avais pris ma licence sportive et durant cette période j’ai participé aux compétitions en individuel et par équipes. Malgré une activité professionnelle débordante, avec la gestion du club de la rue des Martyrs, les stages et les démonstrations de ju-jitsu en France et en Europe, les publications d’ouvrages techniques, les participations aux réunions fédérales, je venais m’entraîner chaque mercredi soir, une séance qui s’ajoutait aux deux autres que je m’imposais rue des Martyrs. Malgré cet emploi du temps « légèrement » chargé et pour mon plus grand plaisir, j’ai réussi à m’exprimer jusqu’au niveau national en judo. Mon année la plus faste a été 1983. J’avais remporté l’inter-région Ile-de-France Ouest, mais malheureusement, j’ai été arrêté dans mon élan trois jours avant le championnat de France, pour cause de déchirure intercostale. Par équipes nous avions atteint une finale de championnats de France « excellence ».
Une fois mon 5ème dan acquis en 1985, j’ai ralenti l’entrainement personnel, il y a un âge pour tout ; et puis, mes activités professionnelles et celles liées à la croisade pour le ju-jitsu ne faiblissaient pas. Je n’ai donc plus fréquenté ce dojo pendant plusieurs années, mais j’y suis retourné en 1991, cette fois pour créer une section ju-jitsu que j’ai animée jusqu’en 1994. A cette époque, Monsieur Courtine terminait sa carrière en dirigeant le CREPS de Boulouris dans le Var ; c’est Maurice Gruel, autre personnage légendaire du judo français, qui présidait la section judo-ju-jitsu. C’est dans ces années que j’ai pu, en parallèle des cours de ju-jitsu que je dispensais, profiter de l’enseignement de Guy Pelletier qui avait repris les cours de judo suite au retour de Murakami dans son pays natal. Ainsi j’ajoutais un autre enseignant exceptionnel à la liste de ceux qui m’ont fait profiter de leur savoir.
Ce n’est pas à cause des matchs du PSG qui se déroulaient, juste à coté, au Parc de Princes que j’ai aimé cet endroit. Plus sérieusement il existe trois raisons à cela. D’abord pour les équipes dirigeantes qui se sont succédées et les autres enseignants avec qui j’avais de vraies affinités sur les valeurs attachées au judo et au ju-jitsu. Ensuite, c’est sous cette bannière que je me suis exprimé le mieux en compétition de judo et enfin, mettre en place une nouvelle section et dispenser des cours dans ce lieu aura été un grand honneur et un réel plaisir, c’est ce qui s’est passé avec le groupe de ju-jitsukas.
En 1994, partant pour d’autres aventures (toujours dans les arts martiaux, bien sûr), ce n’est pas sans un pincement au cœur que j’ai quitté ce bel endroit et que j’ai confié ce collectif convaincu par le ju-jitsu à Laurent Rabillon, un de mes anciens élèves. Quelques échos indirects me font penser que la section continue son chemin.
Ainsi s’achève la lette D de mon dictionnaire personnel. Dans la version proposée sur ce blog, j’ai abordé mes trois dojos de cœur, ceux qui m’ont touché personnellement. Malheureusement sur les trois il y a en a deux qui n’existent plus, quant au troisième je n’ai que très peu de nouvelles. A l’occasion de la publication d’un ouvrage plus étoffé, j’évoquerai tous ceux que j’ai dirigés et dans lesquels j’ai enseigné.
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Plus exactement, un passage dans le nord de la Bourgogne, un peu en dessous d’Auxerre, à Augy précisément. C’est une région que je connais parfaitement, mes parents avaient une « maison de campagne » à Mailly-le-Château à quelques kilomètres, ce qui fait que j’ai passé de nombreuses vacances et week-ends dans l’Yonne. Le temps d’une année scolaire, j’ai même été pensionnaire dans une institution auxerroise réputée, ce n’est pas là que se situe mon meilleur souvenir.
Le Central (ou dojo fédéral)
Un DOJO n’est pas simplement un lieu où l’on transpire, c’est aussi un endroit dans lequel on s’inspire. Il doit y régner une ambiance particulière qui n’est pas celle d’une simple salle de sports, on doit y apprendre « quelque chose » de plus. C’est là que l’on est censé « trouver sa voie », celle qui permettra de s’élever sur un plan technique et mental, celle qui apprendra la vie. Les arts martiaux, enseignés et pratiqués comme ils doivent l’être, ne sont-ils pas considérés comme une « Ecole de vie » ? Malheureusement, ce n’est pas toujours la réalité quand certaines conditions n’existent pas. D’abord, et nous n’y pouvons rien, certains équipements municipaux sont destinés à plusieurs disciplines sportives autres que les arts martiaux, privant ainsi le lieu d’une certaine identité propice à l’étude bien particulière de nos disciplines. Ensuite il y a ce que l’on peut appeler « l’esprit », celui qui est inculqué par le « maitre des lieux », à savoir le professeur. C’est à lui qu’incombe la responsabilité de faire en sorte que les élèves trouvent leur voie, sur le plan technique, mais aussi sur le plan mental, comme indiqué plus haut. Trouver la voie, c’est trouver le chemin qui mène aux progrès techniques et à la sagesse comportementale. Faire de sa pratique quelque chose d’utile pour soi et pour les autres. Il ne suffit pas d’afficher le code moral sur un mur du dojo et être ainsi en paix avec sa conscience, il faut aussi le faire respecter. Le dojo, n’est pas un endroit dans lequel seront vénérés quelques divinités que ce soit, mais simplement un lieu où l’on applique les principes de politesse élémentaire et de respect vis-à-vis du professeur et des autres élèves, du plus gradé au moins gradé, mais aussi de l’espace dans lequel nous étudions. Le dojo est un lieu d’étude et de partage.
Ils sont l’illustration parfaite du principe de non-opposition et de celui de l’utilisation de la force de l’adversaire. Dans notre langue nous les appelons aussi les « techniques de sacrifices », dans la mesure où pour appliquer les principes en question il faut se placer au sol sur le dos, afin de faire passer l’adversaire par-dessus nous. Ce sont les sutémis, ils sont praticables par tous les gabarits, leur efficacité est redoutable. Tomeo-nage la fameuse « planchette japonaise » est le plus célèbre d’entre eux.
Aujourd’hui, dans le cadre du projet de dictionnaire c’est la lettre C que j’aborde : C comme Henri Courtine.
Aujourd’hui, c’est la lettre B de mon dictionnaire qui est abordée. Comme je l’avais expliqué il y a quinze jours, en alternance avec les articles habituels, je proposerai sur ce blog un résumé de ce que représente chaque mot ou nom qui me sont venus spontanément à l’esprit en déclinant l’alphabet. Un ouvrage plus détaillé sur chacune des lettres étant en préparation.
Aujourd’hui, c’est la réponse à une question posée par un pratiquant résidant en Belgique qui fera office de billet hebdomadaire.
Les rendez-vous parisiens se déplacent un peu à l’Est pour devenir « montreuillois », du nom des habitants de la commune de Montreuil, qui est la deuxième ville la plus peuplée du département auquel elle appartient, la Seine-Saint-Denis. C’est également la cinquième de l’Ile-de-France. Appelée aussi Montreuil-sous-Bois (quand il y avait des bois, sans doute), la ville est limitrophe du XXème arrondissement parisien, son accessibilité est très facile ; avec le métro par la ligne 9, station Robespierre, en voiture par la sortie périphérique Porte de Montreuil. Ce petit cours de géographie pour présenter l’endroit où se déroulera le 24 mars le prochain stage.
Il y a quelque temps un de mes anciens élèves, qui se reconnaitra, m’avait suggéré de réaliser un dictionnaire des noms et des mots qui ont marqué ma carrière. J’avais mis de coté cette idée, aujourd’hui elle me revient. Aussi, j’ai commencé à établir une liste alphabétique des personnes et des sujets qui me venaient assez spontanément.