Au début des années 70, trois arts martiaux japonais se partageaient le paysage français en matière de disciplines de combat orientales. À cette époque, le judo, le karaté et l’aïkido étaient pratiquement les seules disciplines pratiquées dans les dojos. De fait, le choix du néophyte n’en était que plus simple. Chacun de ces trois arts développaient des « philosophies » différentes. Le judo prenant rapidement un virage très sportif, l’aïkido restant assez confidentiel en favorisant – au début tout du moins – un épanouissement plutôt interne, le karaté – avant d’imiter le « grand frère judo » en matière sportive – se présentait alors, comme l’unique alternative en matière de méthode de self-défense. Or plusieurs experts, et non des moindres, de la fédération de judo firent le constat que le ju-jitsu (père du judo) n’était plus enseigné dans les dojos. Il leur semblait que, d’une certaine façon, un « hold-up » avait été commis et que ce qui était recherché par beaucoup de pratiquants, à savoir une méthode de self-défense, se trouvait à l’évidence dans la « maison-mère ». Simplement l’ancien ju-jitsu ne bénéficiait pas d’une image très dynamique, et il fut donc décidé de remodeler cet art séculaire et, pour marquer les esprits, de lui donner une autre appellation. C’est ainsi que fut accolé au mot ju-jitsu le mot ATEMI. À la fois pour souligner la « restauration du trésor des samouraïs » et pour démontrer la remise en valeur d’une composante indissociable et incontournable : l’atemi-waza (le travail des coups).
Une progression par ceintures (calquées sur celle du judo, dans le souci d’être facilement assimilable par les professeurs) a été mise au point. Ce travail commença rapidement à porter ses fruits, et bon nombre de pratiquants de tous âges se sont retrouvés sur les tatamis autour d’une méthode simple, efficace et surtout praticable par toutes et tous. Malheureusement, au lieu de voir en cette forme de travail un complément à la pratique sportive du judo, certains l’ont considéré comme une concurrence. La fédération de judo préféra alors prendre d’autres options en matière de ju-jitsu, favorisant – ce qui est un véritable non-sens – un développement ultra-sportif ainsi que – paradoxe des paradoxes – une étude sur des postures anciennes de karaté, que même cette discipline n’utilise pas dans le combat. De plus, ces postures ne sont pas « conciliables » avec les positions nécessaires à la bonne réalisation des projections et des liaisons qui sont le ciment du ju-jitsu. De ce fait, certaines personnes, dont je fais partie, ont pris la décision de ne pas vendre leur âme et de faire perdurer, dans l’esprit du ju-jitsu historique, une forme de travail qui a toutes les raisons d’être. Aussi, c’est tout naturellement qu’elles se sont regroupées au sein d’une association dénommée École Atemi Ju-Jitsu (EAJJ). Cette association rassemble des clubs de toute la France qui se reconnaissent dans notre ju-jitsu traditionnel. Elle est notre « regroupement national ».
Son assemblée générale annuelle se tient le samedi 13 octobre prochain à Paris.
Voir le site du Club Eric Pariset:http://www.jujitsuericpariset.com
Pres de 50 stagiaires, venus de toutes la France, mais aussi de Belgique et du Portugal se sont retrouvés du 5 au 10 août dernier sur le tatami de Soulac pour la 22e édition de ce rassemblement. La nouvelle formule proposée cette année qui a permis d’allier ju-jitsu et vacances a remporté l’adhésion de l’ensemble des participants. Les cours se sont déroulées en matinée de 9h00 à 12h00, avec une séance de travail en
extérieur (échauffement, Atèmi-waza, …), – et même un entrainement sur la plage le mercredi matin, sous un magnifique ciel bleu -, ensuite s’effectuait un travail de 2 heures en dojo; Les « 16 techniques », les « 16 bis », le Ne-Waza, les enchaînements avancés et beaucoup de randoris, bref la totalité des aspects de notre discipline a été abordée. L’après-midi a pu être consacré aux vacances : balade à vélo, baignade, visite, ou…tout simplement farniente ! Si cela ne se pratique pas à cette époque….

Il est des lieux que l’on ne peut oublier facilement, tout d’abord, parce qu’ils nous ont concerné personnellement, qu’ils ont été la scène d’événements importants et parce qu’ils ont marqué une époque en étant associés à des aventures particulières. Le dojo de la rue des Martyrs en fait partie en ayant grandement participé, dans notre pays, au développement des arts martiaux en général et du judo et du ju-jitsu en particulier.